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18 mai 2009

Grâce aux « journées de tranquillité », la vaccination se poursuit

 

La vaccination sauve la vie d'enfants. Cette vérité généralement admise a davantage influé sur le cours des événements des vingt dernières années que les diplomates, les dialogues et les armes. Les appels lancés en faveur de la protection des enfants ont convaincu les belligérants de déposer leurs armes et les forces rebelles d'ouvrir leurs territoires à ceux qui vaccinent les enfants dans les zones reculées.

Ces interruptions négociées des combats sont connues sous le nom de « journées de tranquillité », et depuis 1985, les participants à de violents conflits ont accepté ces trêves temporaires qui permettent de mener des campagnes de vaccination à grande échelle.

Cela a commencé en 1985, lors de la guerre civile impitoyable à laquelle le Salvador était en proie. Les forces de sécurité du gouvernement et les rebelles ont déposé les armes pendant trois jours pour permettre de vacciner 250.000 enfants contre la poliomyélite, la rougeole, la diphtérie, le tétanos et la coqueluche.

Le Liban en 1987, le Soudan en 1989, la Sierra Leone en 1998, le Burundi en 2002, dans ces pays et dans des dizaines d'autres lieux pendant la vingtaine d'années qui s'est écoulée depuis la guerre du Salvador, des interruptions temporaires des combats ont été négociées dans le but de protéger les enfants des maladies.

Lors d'une conférence qui s'est tenue à l'ONU en 2004, la représentante de la Sierra Leone, Mme Elisabeth Levalie, a décrit comment les agents de santé réussissaient à se rendre auprès des enfants à vacciner dans les zones de conflits où l'accès était difficile. « Nous avons dû faire des vaccinations dans les régions contrôlées par les rebelles. Nous avons dû définir des stratégies : comment prendre contact avec eux, comment établir la confiance nécessaire. » Plusieurs tactiques et contacts ont permis de créer des corridors de la paix, a-t-elle expliqué. « Nous avons demandé à des proches des rebelles qui se trouvaient dans les zones gouvernementales de leur faire parvenir le message, nous avons fait appel aux associations de femmes, nous avons plaidé pour notre cause. » Plus de vingt ans après leurs débuts, les journées de tranquillité constituent un temps de paix pendant lequel peuvent travailler en sécurité des milliers de vaccinateurs : 44.000 d'entre eux ont ainsi participé à une campagne de vaccination menée en novembre 2006 au Soudan.

Un représentant de l'UNICEF, M. Ted Chaiban, a participé à l'organisation de cette campagne, en demandant aux collectivités où existaient des risques de violence de garantir la sécurité des agents de santé. « Préserver la santé d'un enfant passe avant tous les désaccords politiques qui peuvent exister au sein des collectivités », a-t-il déclaré au début de la campagne qui visait à vacciner près de 8 millions d'enfants. « Il est impératif que là où les combats se poursuivent, les vaccinateurs et les observateurs disposent d'un accès sûr et que les parents puissent emmener leurs enfants se faire vacciner. » ■

Article de la revue électronique « L'importance vitale des vaccins »

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