18 mai 2009

Osman David Mansoor
Les vaccins sont l'un des moyens les plus rentables de sauver la vie des enfants. Bien que les taux de vaccination aient augmenté régulièrement, ces dernières années, dans les pays en voie de développement, les autorités sanitaires n'en poursuivent pas moins leurs efforts pour atteindre un plus grand nombre d'enfants chaque année.
Le docteur Osman David Mansoor est conseiller principal des services sanitaires du Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) en matière de nouveaux vaccins.
Médecin de la santé publique, il faisait précédemment partie du Bureau régional de l'Organisation mondiale de la santé et du ministère néo-zélandais de la santé.
Peu d'interventions dans le domaine de la santé offrent de plus grands avantages pour les enfants que la vaccination, qui est un moyen avéré et rentable de réduire les taux de décès et d'invalidité dans cette catégorie de la population. Ces avantages sont indiscutables, et les conséquences de l'absence d'un programme suivi et élargi de vaccination ne sauraient être exagérées : des maladies naguère jugulées réapparaîtraient et s'étendraient à des pays dans lesquels on les avait éradiquées. Des millions d'enfants des pays en développement deviendraient malades ou handicapés. Des millions d'autres mourraient.
On estime que les maladies évitables grâce à un vaccin causent chaque année plus de 2 millions de décès. Quelque 1,4 million de ces victimes sont des enfants âgés de moins de 5 ans qui meurent de la rougeole (395.000), de la coqueluche (290.000) et du tétanos néonatal (257.000).
Ces chiffres ne sont pas de simples statistiques. Il s'agit de jeunes vies, du capital humain d'un pays. Quand la santé et l'avenir des plus jeunes habitants d'un pays sont menacés par la maladie, celui-ci ne peut guère prospérer.
Ces décès sont d'autant plus tragiques que les maladies qui les ont causés peuvent être évitées grâce aux vaccins actuellement recommandés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Environ 1,1 million d'enfants meurent aussi, chaque année, d'infections causées par le pneumocoque, bactérie responsable de la méningite, de la pneumonie et d'autres maladies, et par les rotavirus, qui causent une diarrhée grave.
Exploitant le succès du programme mondial d'éradication de la variole, l'OMS a établi le Programme élargi de vaccination en 1974. Avec le temps, ces efforts ont mené à une augmentation régulière des taux de vaccination systématique des enfants. En fait, depuis 1990, plus de 70 % des nourrissons du monde entier ont reçu 4 vaccins leur assurant une protection contre 6 maladies : la tuberculose, la poliomyélite, la diphtérie, le tétanos, la coqueluche et la rougeole.
Le fait que des centaines de milliers d'enfants continuent à mourir de ces maladies, comme indiqué plus haut, confère de l'urgence à la tâche qui doit être menée à bien.
L'incorporation des vaccins existants contre le pneumocoque et les rotavirus aux programmes de vaccination systématique donne la possibilité de prévenir un plus grand nombre de décès.
À la suite de l'établissement, en 1999, de l'Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination (GAVI) ainsi que des efforts renouvelés et concertés de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), de l'UNICEF et de leurs partenaires, la couverture vaccinale dans le monde a augmenté lentement mais régulièrement depuis 2001. Les investissements supplémentaires de la GAVI et l'attention accrue portée à la vaccination dans les pays pauvres portent leurs fruits (voir figure 1).
La GAVI et ses partenaires aident à mettre en vigueur la recommandation faite en 1992 par l'OMS, à savoir que tous les pays ajoutent l'hépatite B à leur programme élargi de vaccination. De ce fait, en 2005, plus de 80 % des pays avaient mis en pratique la vaccination systématique des nourrissons contre l'hépatite B (voir figure 2). La protection de tous les enfants, en particulier ceux dont la mère est atteinte d'une hépatite B chronique, empêche l'apparition ultérieure du cancer et de la cirrhose du foie.
Malgré l'augmentation du nombre d'enfants qui sont systématiquement vaccinés, il reste encore beaucoup à faire. En 2005, l'OMS et l'UNICEF ont élaboré une stratégie sur la vaccination dans le monde pour les années 2006 à 2015. Cette stratégie fixe un objectif pour tous les pays, à savoir celui d'administrer à au moins 90 % des nouveau-nés tous les vaccins recommandés et à au moins 80 % d'entre eux dans chaque district (ou équivalent). En atteignant les objectifs de cette stratégie, on pourra sauver chaque année la vie de 4 à 5 millions d'enfants d'ici à 2015.
Les populations pauvres et défavorisées des pays en voie de développement sont constamment privées de vaccins qui leur sauveraient la vie. En 2005, plus de 27 millions d'enfants n'ont pas reçu les 3 doses de vaccin contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche nécessaires pour les protéger contre ces maladies, et d'enfants n'ont pas reçu les doses requises de vaccin contre la rougeole.
Pour accroître la couverture vaccinale, les responsables nationaux et locaux doivent affecter les ressources nécessaires et mettre au point des stratégies spécifiques destinées à atteindre les populations actuellement défavorisées sur ce plan. Un grand nombre de pays appliquent déjà une stratégie visant à atteindre la population de tous les districts pour ce qui est des services de vaccination systématique.
En plus de protéger les enfants de maladies évitables grâce à un vaccin, les programmes de vaccination réduisent la transmission des maladies au niveau local et protègent les personnes qui ne sont pas vaccinées. Pour certaines maladies comme la poliomyélite, la vaccination peut mener à une éradication totale, ce qui a déjà eu lieu avec la variole.
Des progrès remarquables ont été réalisés en ce qui concerne l'accroissement de la couverture vaccinale, et ces efforts doivent se poursuivre. Tout enfant, quel que soit son statut socio-économique, mérite d'être à l'abri de la maladie.
Les programmes de vaccination servent également de base pour d'autres interventions comme les mesures contre la sous-alimentation, le paludisme, la poliomyélite et les vers intestinaux. Une approche intégrée de ce genre est le moyen le plus efficace de protéger la santé de tous les enfants, y compris les plus marginalisés d'entre eux.
C'est aussi un moyen rentable de renforcer les services de santé afin de mieux veiller à assurer des progrès durables et non pas seulement temporaires. Dans ce cas-là, l'incidence globale de la vaccination sur la vie des enfants devient plus grande que l'ensemble de ses composantes. ■ Ahmed Magan, Jessica Walter et Jeff McFarland, de l'UNICEF, ont également contribué au présent article.
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Les opinions exprimées dans le présent article ne reflètent pas nécessairement les vues ou la politique du gouvernement des États-Unis.
Article de la revue électronique « L'importance vitale des vaccins »