18 mai 2009

Elizabeth Fee
Mme Fee est chef de la division de l'histoire de la médecine à la Bibliothèque nationale de médecine de l'Institut national de la santé.
Pendant les vingt-cinq dernières années du XIXe siècle, des chercheurs établirent que les bactéries étaient à l'origine de nombreuses maladies, dont le choléra, la fièvre typhoïde, le charbon, la peste, la diphtérie et la tuberculose. En France, le microbiologiste et chimiste Louis Pasteur remarqua que les cultures du bacille du choléra des poules perdaient de leur virulence si elles étaient laissées à l'abandon pendant deux semaines. Les poulets à qui l'on inoculait ces bacilles ne tombaient pas malades. En outre, ils se montraient résistants même lorsqu'on leur inoculait des bacilles provenant de cultures plus récentes. Pasteur réalisa ensuite des expériences avec le charbon, une maladie qui tuait un grand nombre de vaches, de moutons et de chèvres dans les campagnes. Il s'aperçut qu'en conservant le bacille du charbon pendant deux semaines à une température de 42 à 43 degrés Celsius, il pouvait en atténuer considérablement la virulence.
En 1881, avec des collègues, il inocula à 31 animaux de ferme des bacilles affaiblis du charbon ; 31 animaux comparables servaient de groupe de contrôle. Quelques semaines plus tard, ils inoculèrent aux deux groupes d'animaux des bacilles frais et virulents du charbon. La plupart des animaux du groupe de contrôle moururent mais, sur les animaux ayant reçu le bacille affaibli du charbon, seul un mouton mourut. Pasteur inventa le terme « vaccin », du latin « vacca » (vache), en hommage à Edward Jenner et à ses trayeuses.
À la suite de ce succès, des chercheurs mirent au point des vaccins contre la tuberculose, le choléra, la typhoïde et d'autres maladies. Le vaccin contre la rage élaboré par Pasteur, qui se fit ainsi connaître du monde entier, fut peut-être le progrès le plus spectaculaire. Après avoir fait l'essai de ce vaccin sur des chiens en 1885, Pasteur l'inocula à un enfant de 9 ans qui avait été gravement mordu par un chien enragé. La vie de ce garçon fut sauvée, et Pasteur devint un héros.
Article de la revue électronique « L'importance vitale des vaccins »