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18 mai 2009

Une étape décisive de l'histoire des vaccins : Edward Jenner

 
Portrait du physiciste anglais Edward Jenner
Portrait du physiciste anglais Edward Jenner (1749-1823)

Elizabeth Fee, Ph.D.

Mme Fee dirige la division de l'histoire de la médecine de la Bibliothèque nationale de médecine qui s'insère dans l'Institut national de la santé. Elle a préparé cet article exclusivement pour eJournal USA.

Depuis des centaines années, diverses sociétés à travers le monde déploient des efforts, avec plus ou moins de succès, pour mettre leur population à l'abri des maladies infectieuses.

On sait que les Chinois pratiquaient la vaccination contre la variole dès l'an 1000 av. J.- C. La méthode consistait à prélever une croûte d'une lésion variolique, à la mettre de côté pendant un mois, à la mélanger à un extrait de plante, puis à introduire la préparation dans les narines du sujet. La majorité des personnes ainsi traitées développaient une forme bénigne de la maladie et, si elles se rétablissaient, étaient protégées contre la possibilité de contracter de nouveau la variole. Des méthodes similaires furent appliquées en Inde et en Afrique du Nord aux XVIe et XVIIe siècles. Certains attribuent à Mary Wortley Montagu, épouse de l'ambassadeur de Grande-Bretagne à Constantinople, le mérite d'avoir importé cette pratique de Turquie en Grande-Bretagne au début du XVIIIe siècle. Le procédé était plein de risques car ceux que l'on inoculait ainsi risquaient de contracter la variole et d'en mourir.

Les paysans anglais savaient depuis longtemps que les femmes qui trayaient les vaches avaient des chances d'éviter les ravages de la variole et que leur résistance était, pour une raison quelconque, liée à l'infection bénigne de variole qu'elles attrapaient des vaches. Certains médecins avaient observé ce phénomène, mais Edward Jenner se livra, en 1796, à des expériences pour établir le rapport éventuel entre la vaccine, la variole chez la vache, et la variole chez l'homme. Il publia ses résultats, et c'est à lui qu'on attribue généralement la découverte de la vaccination.

Edward Jenner expérimenta en prélevant du pus sur une pustule de la main d'une trayeuse contaminée et en l'inoculant à un jeune garçon. Quelques semaines plus tard, il inocula également à l'enfant de la matière infectée contenant de la variole. Il est certain qu'une expérimentation de ce genre sur un être humain ne serait jamais autorisée aujourd'hui, mais Jenner et l'enfant eurent de la chance. L'expérience fut un succès : le jeune garçon ne tomba pas malade, et Jenner en conclut que l'inoculation de matière infectée provenant d'une souche bénigne d'une maladie pouvait protéger une personne d'une maladie beaucoup plus grave.

Tel est le principe de la vaccination, dont les fondements scientifiques ne seront compris que des dizaines d'années plus tard.

Article de la revue électronique « L'importance vitale des vaccins »

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