11 mars 2009
Un nouveau décret lève les restrictions imposées par le président Bush.

Washington - Résolu à apporter un grand soutien aux scientifiques, le président Obama a promulgué un décret visant à lever l'interdiction qui pesait sur le financement par l'État fédéral des travaux de recherche portant sur les cellules souches embryonnaires humaines.
En vertu de ce décret promulgué le 9 mars, le directeur de l'Institut national de la santé doit réviser dans une période de cent vingt jours les directives actuelles relatives au financement de ces travaux. En outre, tous les décrets et autres textes promulgués par le président George W. Bush qui interdisaient ce financement sont abrogés.
Accompagnés de scientifiques de renom, M. Obama a déclaré que le gouvernement des États-Unis élaborerait et appliquerait des directives strictes en matière de recherche sur les cellules souches. Il a aussi indiqué que le clonage pour la reproduction humaine, qui était possible à l'aide de cellules souches embryonnaires, mais qui n'avait jamais été réalisé et qui était illégal dans de nombreux pays, ne serait jamais autorisé aux États-Unis, car il était dangereux et contraire à la morale.
En levant l'interdiction qui s'appliquait à la recherche sur les cellules souches embryonnaires, le président « a rendu légitime » un important domaine scientifique, a dit à America.gov M. Peter Agree, un des scientifiques éminents qui entouraient le président Obama à cette occasion. Lauréat du prix Nobel de chimie en 2003, M. Agre est actuellement président de l'Association américaine de l'avancement des sciences.
Il convient de ne pas exagérer les possibilités des cellules souches pour ce qui est de soigner certaines maladies, a fait remarquer M. Obama. « Je ne peux pas garantir que nous trouverons les traitements et les remèdes que nous cherchons. Aucun président ne peut le promettre. Toutefois, je peux promettre que nous allons les chercher activement, sérieusement et avec l'urgence nécessaire pour rattraper le temps perdu. »
La défense de l'honnêteté scientifique
Réalisant un engagement qu'il avait pris durant sa campagne électorale, M. Obama a donné l'ordre au service compétent (Office of Science and Technology Policy) de la Maison-Blanche d'élaborer une stratégie en vue d'éviter les ingérences d'ordre dogmatique dans la recherche et de lui soumettre des recommandations à ce sujet dans un délai de trois mois.
« L'encouragement de la science ne se limite pas à la fourniture de subventions, a-t-il dit. Il s'agit aussi de protéger la liberté d'investigation scientifique. Il s'agit aussi de faire en sorte que les données scientifiques ne soient jamais dénaturées ou occultées pour des raisons politiques et que nous prenions des décisions scientifiques en nous fondant sur des faits sans tenir compte d'une idéologie particulière. »
Selon le document accompagnant le décret, le public doit pouvoir avoir confiance dans le fait que les décisions de politique générale se fondent sur des données scientifiques.
Ce document souligne que la sélection des candidats à des postes scientifiques et techniques au sein de l'administration fédérale doit tenir compte des connaissances, de l'expérience, des références et de l'honnêteté de ces candidats. En outre, toutes les données scientifiques utilisées par les pouvoirs publics doivent être examinées au moyen de méthodes bien établies, notamment d'un examen par les pairs si c'est possible, et elles doivent être rendues publiques.
M. Obama a également demandé à tous les ministères et organismes fédéraux de recommander des méthodes pour découvrir les atteintes à l'honnêteté scientifique et pour y faire face et de prendre des mesures visant à assurer cette honnêteté, notamment en protégeant ceux qui dénonçaient les abus.
Le consensus au sujet de la recherche sur les cellules souches
Des scientifiques se sont félicités de la promulgation du nouveau décret en disant qu'il était susceptible de favoriser la collaboration entre les chercheurs américains spécialisés dans ce domaine et leurs collègues étrangers.
La nouvelle politique indique aux chercheurs des autres pays que les scientifiques américains dont la recherche est financée par l'Institut national de la santé peuvent maintenant collaborer avec eux, a indiqué un chercheur spécialisé dans le domaine des cellules souches, M. John Gearhart, à la revue scientifique Science.
De 2001 à janvier 2009, le président Bush avait autorisé l'Institut national de la santé à financer les travaux de recherche portant sur des lignées cellulaires créées uniquement avant le 9 août 2001. Le nouveau décret supprime cette restriction.
« Ce faisant, a dit M. Obama, nous garantirons le maintien du rôle prédominant des États-Unis dans les découvertes scientifiques et techniques. C'est essentiel non seulement pour notre prospérité, mais aussi pour le progrès de toute l'humanité. »
La majorité des Américains, quelles que soient leurs tendances politiques, leurs milieux sociaux et leurs convictions, a-t-il indiqué, sont d'avis « que l'on doit poursuivre cette recherche, que ses possibilités sont grandes et l'on peut éviter les risques grâce à des directives adaptées et à une surveillance stricte ».