15 juillet 2009
Selon l’OMS, la pandémie de H1N1 se propage « assez rapidement » dans l’hémisphère Sud.

Washington – Alors que de nouveaux cas de la grippe H1N1 sont signalés de par le monde et que l’incertitude demeure sur la gravité de cette pandémie et sur la stabilité génétique de cette souche du virus, le gouvernement Obama a organisé une réunion de haut niveau le 9 juillet pour aider les États fédérés et les collectivités locales à se préparer pour faire face à la prochaine saison de grippe.
En date du 7 juillet 2009, 137 pays et territoires avaient signalé plus de 98.000 cas d’infection par le virus H1N1 de la grippe, et 440 décès ont été confirmés auprès de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Le Centre d’épidémiologie des États-Unis (CDC) a fait savoir le 10 juillet que 37.246 cas avaient été signalés ou confirmés et que 211 décès avaient eu lieu dans le pays pendant la période se terminant le 4 juillet.
« Il est clair, je pense, que nous avons eu de la chance au printemps avec une situation qui n’était pas trop grave quand le foyer de grippe a éclaté, mais nous ferons face à un risque de plus grande ampleur cet automne », a dit aux participants à la réunion sur la grippe H1N1 le président Obama, qui téléphonait de L’Aquila (Italie) où il prenait part au sommet du groupe des Huit (G8).
Lors de cette réunion, un haut responsable de la Maison-Blanche, M. John Brennan, la ministre de la santé et des services sociaux, Mme Kathleen Sebelius, la ministre de la sécurité intérieure, Mme Janet Napolitano, et le ministre de l’éducation, M. Arne Duncan, se sont joints aux délégués de 54 Etats, territoires et tribus américains en vue d’encourager l’adoption des mesures nécessaires pour préparer le pays à faire face à une recrudescence éventuelle de la pandémie H1N1.
Le site Internet Flu.gov
Des responsables du gouvernement ont annoncé le lancement de nouveaux programmes pour aider les États fédérés et les collectivités locales, le personnel médical et les particuliers à se préparer à cet effet :
- le ministère de la santé et des services sociaux a alloué 350 millions de dollars aux autorités sanitaires locales pour les aider dans leurs préparatifs contre la grippe ;
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- l’État fédéral a établi un dispositif centralisé de communications sur la grippe H1N1 et sur la grippe saisonnière en créant le site Internet www.flu.gov, où il est possible de trouver toutes les informations à ce sujet publiées par le ministère et d’autres organismes publics ;
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- le ministère de la santé va ouvrir un concours pour la création d’annonces publiques d’une durée de 15 à 30 secondes, dont le but est d’encourager les Américains à participer à la lutte contre la grippe. L’objectif de ce concours est « de tirer parti de l’esprit créatif du pays » pour sensibiliser la population à la nécessité d’être prête en cas de pandémie et de prévenir la propagation de la nouvelle grippe H1N1. L’annonce qui sera jugée la meilleure paraîtra à la télévision nationale, et son auteur recevra 2.500 dollars.
L’hémisphère Sud
Dans l’hémisphère Sud, où c’est l’’hiver, la pandémie de la grippe H1N1 est la plus marquée en Argentine (2.485 cas), en Australie (5.198) et en Nouvelle-Zélande (1.059).
Comme dans l’hémisphère Nord, la propagation de la grippe varie d’un pays à l’autre, a déclaré un haut responsable de l’OMS, le docteur Keiji Fukuda, lors de la conférence de presse qu’il a donnée le 7 juillet à Genève.
« Il y a quelques semaines, les autorités australiennes ont signalé une propagation active du virus dans certaines parties du pays, notamment dans la région de Victoria ; en revanche, le virus ne semblait pas aussi actif dans d’autres zones de l’Australie, mais a commencé ensuite à se propager plus rapidement », a indiqué le docteur Fukuda.
« En Amérique du Sud, a-t-il ajouté, on a découvert des virus dans la plupart des pays de cette partie du monde, mais surtout au Chili et plus récemment en Argentine. »
En date du 7 juillet, 12 pays africains avaient signalé près de 100 cas de grippe H1N1, mais aucun décès dû à cette forme de grippe, a dit le docteur Fukuda.
« En ce qui concerne l’Afrique, a-t-il précisé, il y a quelques semaines nous aurions probablement dit qu’aucun virus de la grippe n’avait été détecté dans ce continent. Mais depuis, 12 pays ont signalé le virus sur leur territoire. Il est donc clair que le H1N1 est en train de se propager assez rapidement dans l’hémisphère Sud. »
L’OMS et d’autres organisations aident les pays du continent africain à s’apprêter à faire face à la grippe, a précisé le docteur Fukuda. « En date d’aujourd’hui, nous avons déjà établi deux centres nationaux contre la nouvelle grippe, l’un au Cameroun et l’autre en Côte d’Ivoire. Bien que la surveillance des maladies ne soit pas parfaite partout dans le monde, je voudrais dire qu’elle est bien meilleure qu’elle ne l’était il y a trois ou quatre ans. »
La résistance aux médicaments antiviraux
Jusqu’au 29 juin, toutes les nouvelles souches du H1N1 analysées en laboratoire étaient sensibles aux médicaments antiviraux oseltamivir (Tamiflu, fabriqué par la société Roche U.S. Pharmaceuticals) et zanamivir (Relenza, de GlaxoSmithKline du Royaume-Uni).
Ces médicaments sont des inhibiteurs de la neuraminidase (le « N » dans H1N1) et servent à bloquer son fonctionnement ; la neuraminidase est une protéine à la surface des virus de la grippe qui permet aux nouveaux virus de quitter les cellules infectées et de se disséminer dans l’organisme.
La souche H1N1 du virus de la grippe est résistante à deux médicaments antiviraux mis sur le marché, l’amantadine et la rimantadine, qui fonctionnent en bloquant la voie d’accès à une cellule saine que le virus établit à l’aide d’une protéine appelée M2.
Le 8 juillet, l’OMS a annoncé que les autorités de la santé publique au Danemark, au Japon et à Hong Kong avaient signalé la présence de souches du virus H1N1 qui résistaient à l’oseltamivir. Ces souches ont été découvertes chez trois patients qui avaient eu une grippe légère et qui s’en étaient remis. Les souches en question semblent encore ne pas résister au zanamivir.
Les laboratoires du Réseau de surveillance mondiale de la grippe de l’OMS ont analysé près de 1.000 souches du virus H1N1 de la pandémie actuelle pour évaluer leur résistance aux médicaments antiviraux et ils ont déterminé qu’elles étaient toutes sensibles à l’oseltamivir et au zanamivir. L’OMS et ses partenaires continuent de surveiller la résistance de toutes les souches de grippe à ces médicaments.
Selon l’OMS, les cas de résistance semblent être sporadiques, et rien n’indique que cette résistance se généralise à l’heure actuelle.