14 janvier 2009
Les partenariats internationaux élargissent le secteur du traitement de l'eau dans le monde en développement.

Littleton (Colorado) - Un système de traitement de l'eau abordable et durable, mis au point par un laboratoire américain, a été introduit avec succès en Amérique du Sud, au Ghana, en Inde, au Mexique, aux Philippines et au Sri Lanka.
La technique en question, sûre et peu coûteuse, consistant à irradier l'eau de rayons ultra-violets pour la désinfecter, a été mise au point par Ashok Gadgil, au laboratoire national Lawrence Berkeley, qui relève du ministère américain de l'énergie.
« Des recherches dans tous les domaines des sciences sont effectués dans ce laboratoire, qui encourage la vulgarisation de techniques novatrices, notamment celles qui s'avèrent utiles pour le monde en développement », a dit à America.gov Allen Chen, porte-parole du laboratoire national Lawrence Berkeley.
Celui-ci a octroyé une licence d'exploitation de ce système d'épuration de l'eau à WaterHealth International (WHI), une entreprise américaine ayant pour objectif d'améliorer l'accès bon marché à l'eau potable dans les pays en développement afin de réduire la propagation de maladies tels le choléra, la typhoïde et la dysenterie.
« Les maladies d'origine hydrique font plus de morts que le sida dans le monde, et ont des conséquences énormes sur la santé et l'économie », a dit à America.gov le président de WHI, Tralance Addy.
Son organisation fournit une arme dans la lutte contre ces maladies, et œuvre de concert avec les organisations non gouvernementales pour améliorer les conditions de vie dans les pays en développement.
Par exemple, un million de personnes ont accès à de l'eau potable aujourd'hui grâce aux plus de 200 centres d'épuration installés en Inde par WHI, qui a introduit et établi cette technique en 2006 en partenariat avec la fondation Naandi.
D'autres organisations non gouvernementales, tel le Lions Club, ont aussi fourni du financement, comme l'ont fait plusieurs médecins, qui sont nés à l'étranger mais qui habitent aux États-Unis et souhaitent venir en aide à leur ville natale.
Des habitants des communautés où ces centres d'épuration de l'eau ont été installés disent que leur santé et celle de leur bétail se sont améliorées grâce à l'emploi de l'eau traitée, indique WHI qui étudie les bienfaits apportés à la santé par ses installations.
« WHI forme aussi avec des gouvernements étrangers des partenariats en vue de collaborer à la création des centres d'épuration de l'eau, et parfois aussi, à leur financement », a dit M. Addy, qui est né et a grandi au Ghana.
Des centres de traitement de l'eau
Il arrivait naguère que des systèmes d'épuration offerts ou vendus aux pays en développement tombent en panne faute de moyens pour assurer leur entretien, a dit M. Addy.
Pour surmonter ce problème, WHI a mis au point des « Centres WaterHealth » où l'eau est traitée pour une petite collectivité de manière centralisée et par divers moyens, notamment :
- la désinfection par rayonnement ultra-violet, qui est très efficace contre les microbes et n'exige pas beaucoup d'énergie, de pression hydrique ou de procédé d'entretien avancé,
- la construction de nouveaux bâtiments pour les installations de traitement de l'eau qui peuvent servir également à abriter des réunions et autres événements sociaux de la communauté,

- l'embauche et la formation de personnel local pour faire fonctionner et entretenir les systèmes,
- des programmes d'hygiène et de santé qui soulignent les avantages économiques de la prévention des maladies hydriques,
- des bidons d'eau à goulot étroit pour éviter la contamination,
- la diffusion d'informations aux résidents sur le traitement de l'eau et ses bienfaits,
- le financement d'une partie des coûts initiaux nécessaires à la construction d'un centre de traitement (à hauteur, par exemple, de 20 dollars par personne, pour un petit village en Inde).
WHI demande aux collectivités de faire un premier versement pour la construction du centre d'épuration - un montant parfois fourni par le gouvernement local, un philanthrope ou une organisation non gouvernementale - puis WHI aide la communauté à payer le reste de la somme nécessaire en lui fournissant des prêts. Une fois le prêt remboursé, le centre appartient à la communauté.
Pour couvrir le service de la dette et le coût du fonctionnement et de l'entretien de l'installation, les consommateurs doivent payer un petit montant en frais supplémentaires pour l'eau purifiée. « Dans un village du Ghana, les consommateurs paient actuellement l'équivalent de 0,05 dollar par 20 litres d'eau traitée », a indiqué M. Addy.
Le Ghana
Au Ghana, comme dans de nombreux autres pays en développement, au moins 50 % des maladies sont liées à l'eau contaminée, a dit M. Addy. Le Ghana compte un très grand nombre de cas du ver de Guinée ou dracunculose, une maladie débilitante causée par des parasites aquatiques.
Pour aider la population, le Ghana encourage la participation du secteur privé à l'épuration de l'eau, et cherche à améliorer la distribution d'eau potable à l'ensemble de la population rurale, d'ici à 2010.
Dans ce pays d'Afrique occidentale, WHI a établit un partenariat avec World Vision Ghana, une organisation à but non lucratif basée aux États-Unis, pour mettre en œuvre l'aspect éducatif de son programme. En décembre 2007, WHI a ouvert un centre pilote de traitement de l'eau à Afuaman, dont bénéficient environ 3.700 personnes.
« Les centres WaterHealth sont importants parce qu'ils fournissent de l'eau potable aux collectivités qui n'ont pas accès au réseau de distribution d'eau, et ils leur donnent l'occasion de jouer un rôle direct dans le processus d'approvisionnement en eau dont elles dépendent », a dit à America.gov Bismark Nerquaye-Tetteh, un expert du secteur de l'eau, retraité de World Vision Ghana.
« Les femmes qui utilisent de l'eau traitée ont remarqué une baisse du nombre des cas de diarrhée et de choléra dans leurs foyers », a souligné M. Nerquaye-Tetteh, qui a collaboré à « l'Initiative pour l'eau en Afrique occidentale » administrée par l'Agence des États-Unis pour le développement international.
La construction de cinq centres supplémentaires WHI au Ghana sera achevée d'ici mars, un effort entrepris en partenariat avec Safe Water Network, une organisation à but non lucratif basée aux États-Unis et qui finance ce projet.
« Le gouvernement du Ghana a été extrêmement coopératif, à la fois au niveau local, en aidant les communautés à recueillir des fonds pour le premier paiement, et au niveau fédéral, en éliminant les impôts et tarifs sur le matériel importé », a dit M. Nerquaye-Tetteh.
Cette extension du programme « permet aux communautés d'avoir accès à un service important voire crucial qui, dans les conditions habituelles, aurait été hors de leur portée », ajouté M. Nerquaye-Tetteh.
WHI espère étendre ses efforts à d'autres pays africains dans un proche avenir.