View Other Languages

We’ve gone social!

Follow us on our facebook pages and join the conversation.

From the birth of nations to global sports events... Join our discussion of news and world events!
Democracy Is…the freedom to express yourself. Democracy Is…Your Voice, Your World.
The climate is changing. Join the conversation and discuss courses of action.
Connect the world through CO.NX virtual spaces and let your voice make a difference!
Promoviendo el emprendedurismo y la innovación en Latinoamérica.
Информация о жизни в Америке и событиях в мире. Поделитесь своим мнением!
تمام آنچه می خواهید درباره آمریکا بدانید زندگی در آمریکا، شیوه زندگی آمریکایی و نگاهی از منظر آمریکایی به جهان و ...
أمريكاني: مواضيع لإثارة أهتمامكم حول الثقافة و البيئة و المجتمع المدني و ريادة الأعمال بـ"نكهة أمريكانية

08 janvier 2009

Une fondation expérimente un modèle d'entreprise pour financer la recherche médicale

Cette méthode allie les sources publiques et privées de financement aux fins de la mise au point de nouveaux médicaments.

 
Laboratoire de Biogen Idec
Des scientifiques à Biogen Idec, une société qui produit 2 traitements pour la maladie de charcot et finance la Fondation MRF.

Washington - À la différence du mode de financement de la recherche biomédicale employé par de nombreux gouvernements, la fondation à but non lucratif Myelin Repair Foundation a adopté une méthode d'entreprise pour promouvoir les découvertes scientifiques dans les universités et les appliquer au niveau pratique.

La fondation a mis au point un modèle de financement hybride qui allie les méthodes des organisations à but non lucratif de recherche scientifique et celles des sociétés pharmaceutiques commerciales - un modèle qui met l'accent sur la communication et la collaboration.

Établie en 2002, la Myelin Repair Foundation (MRF) vise à accélérer les recherches pour découvrir, mettre au point et fournir des traitements aux personnes qui souffrent de la sclérose en plaques, une maladie incurable qui détruit progressivement la myéline, la substance grasse qui isole les neurones.

À l'heure actuelle, la plupart des recherches biomédicales dépendent du financement fourni par le gouvernement. Aux États-Unis, l'Institut national de la santé (National Health Institutes ou NIH) octroie des dons à des scientifiques individuels dans diverses universités pour qu'ils mènent des travaux sur des projets désignés comme prioritaires par le NIH. D'autres pays ont un dispositif semblable, tels l'Institut canadien pour la recherche médicale au Canada et le Conseil britannique de la recherche, au Royaume-Uni.

Au cours de la dernière décennie, quelques petites organisations ont adopté un modèle fondé sur les entreprises commerciales, fournissant des fonds à des chercheurs universitaires, triés sur le volet, pour qu'ils collaborent à leurs travaux visant à trouver une solution à un problème spécifique avec un impact direct sur le traitement des maladies. La fondation MRF est un exemple vedette de cette méthode ; basée à Silicon, une région de Californie où se trouvent de nombreuses sociétés d'informatique, MRF a identifié 19 cibles thérapeutiques potentielles, soumis plusieurs brevets et recueilli 23 millions de dollars.

Indépendance ou collaboration ?

Bien que l'objectif du NIH soit de prévenir, guérir et soigner les maladies, une grande partie des recherches que l'institut finance visent à accroître les connaissances scientifiques plutôt que la mise au point de traitements particuliers. De plus, les universités récompensent les chercheurs pour la publication de leurs découvertes plutôt que pour leurs travaux visant à les appliquer sur le plan médical.

L'Institut national de la santé fournit des fonds, la plupart du temps, pour des efforts spécifiques dirigés par des chercheurs, au lieu de travaux communs visant à résoudre un problème particulier. Les scientifiques reçoivent des fonds du NIH pour un certain projet, mais peuvent aussi s'en servir pour un autre - tant qu'un projet est couronné de succès, les dépenses sont considérées comme justifiées. Le lauréat du prix Nobel Martin Chalfie a dit qu'il utilise souvent des fonds du NIH pour travailler sur d'autres projets que ceux spécifiquement ciblés par cet argent.

Contrairement à l'approche du NIH, la fondation MRF fournit des fonds à une poignée de chercheurs dans différentes universités américaines pour effectuer des travaux sur un problème spécifique, de même qu'elle fournit une infrastructure pour protéger les droits patrimoniaux découlant de leurs découvertes ; puis, MRF tente d'offrir des licences d'exploitation de ces découvertes à des compagnies biotechnologiques et pharmaceutiques pour que ces dernières mettent au point des médicaments et entament des essais cliniques.

Les savants qui reçoivent des fonds de MRF sont tenus de mener les recherches proposées dans leur demande de financement ou risquent de perdre les fonds accordés.

Ils doivent aussi partager fréquemment leurs données, souvent bien avant qu'elles soient vérifiées, contrairement à la collaboration habituelle dans les universités, où les données ne sont partagées qu'après avoir été publiées dans les revues médicales ou soumises aux éditeurs. Certains détracteurs de cette méthode disent que la collaboration et la protection des droits de propriété intellectuelle, aux dépens de la publication, entravent le libre échange des connaissances scientifiques.

« Nous n'avons jamais demandé à l'un de nos chercheurs » de reporter la publication de ses travaux ni n'avons-nous imposé de restrictions dans ce domaine, a dit à America.gov Russell « Rusty » Bromley, le directeur général de MRF. Ben Barres, qui dirige un laboratoire financé par MRF à l'université Stanford de Californie, s'est dit d'accord avec M. Bromley, notant que personne ne l'a jamais empêché de parler ouvertement, lors de conférences scientifiques, de ses travaux encore non publiés.

La formation de jeunes scientifiques

M. Bromley a dit que travailler dans un laboratoire financé par MRF donne aux doctorants accès au processus de mise au point de nouveaux médicaments et aux questions de propriété intellectuelle, des domaines souvent ignorés des programmes à ce niveau universitaire.

Trent Watkins est ancien doctorant du laboratoire de M. Barres et poursuit des études postdoctorales à la compagnie Genentech de biotechnologie ; il a fait l'éloge de MRF pour avoir renforcé son expérience en matière d'études supérieures. « Nous avons une meilleure idée du processus de découverte et de mise au point de nouveaux médicaments que dans la plupart des laboratoires universitaires ».

M. Bromley est si convaincu de la nécessité d'apporter les meilleurs cerveaux aux travaux pour contrer la démyélinisation des neurones qu'il a personnellement engagé de jeunes chercheurs pour les laboratoires financés par MRF - du jamais vu dans le monde du financement ordinaire de la recherche médicale.

Robin Avila vient tout juste d'obtenir son doctorat à Boston ; elle a postulé pour un poste de chercheur à MRF et elle a été interviewée au laboratoire du chercheur Brian Popko à l'université de Chicago, bien qu'elle examine aussi d'autres possibilités.

M. Bromley s'est rendu à Boston ; il a invité Mme Avila à dîner et lui a expliqué l'opportunité unique qu'offre MFR pour aider les victimes de la sclérose en plaques. Mme Avila a alors accepté un poste de scientifique au laboratoire de M. Popko.

« C'était très intéressant d'apprendre au sujet des importants laboratoires de recherches sur la myéline qui faisaient partie de MRF, de voir comment chacun ciblait spécifiquement les divers aspects de la sclérose en plaques, et comment se faisait la collaboration entre les laboratoires pour mieux comprendre cette maladie », a dit Mme Avila à America.gov. « La chance de faire partie, même à un petit niveau, de cette fondation a influencé ma décision de me joindre au laboratoire du docteur Popko. »

Quatre laboratoires principaux

Les quatre principaux chercheurs de MRF dirigent des laboratoires aux États-Unis ; un cinquième, basé au Canada, a quitté pour des raisons de contraintes administratives, mais il est toujours associé à MRF. Plusieurs autres scientifiques reçoivent des dons moins importants pour leurs travaux sur de petits projets.

M. Bromley a dit que MRF est ouverte à l'idée de financer les meilleurs chercheurs n'importe où dans le monde. La conférence annuelle de MRF rassemble des scientifiques qu'elle finance, d'autres qu'elle ne finance pas et qui viennent du monde entier, de même que d'autres entités concernées, y compris des personnes souffrant de la sclérose en plaques.

Pour l'heure, MRF fournit du financement à des chercheurs qu'elle invite à se joindre à elle. L'absence d'appels d'offres pour ce financement est efficace mais d'aucuns disent qu'il pourrait conduire au népotisme. Les dons de MRF sont évalués par des experts scientifiques qui ne sont pas admis eux-mêmes à recevoir des fonds. (Dans le système de financement du NIH, les chercheurs qui évaluent les demandes sont souvent candidats à recevoir des fonds.)

Le modèle d'entreprise commerciale adopté par MRF pour ses financements pourrait être appliqué dans de nombreux pays mais ne remplacera vraisemblablement pas les programmes traditionnels dans ce domaine, tels ceux du NIH. « Une grande partie des meilleures recherches sont encore menées de manière indépendante », a dit M. Barres. Protéger la propriété intellectuelle, fournir des données et des produits favorables à des licences d'exploitation aux compagnies pharmaceutiques, tout cela demande beaucoup de temps. Il serait d'un coût prohibitif pour les universités de fournir à chacun de ses scientifiques dans chacun de ses projets, le même soutien matériel pour transférer les résultats des recherches à des compagnies qui pourraient s'en servir pour mettre au point de nouveaux médicaments.

Créer un signet avec :    Qu'est-ce que c'est ?