13 août 2009
Le programme RapidSMS d'observation de la malnutrition au Malawi est financé par l'USAID.

Washington - Les chances de survie des enfants africains sont aujourd'hui meilleures grâce à un programme novateur lancé par des étudiants américains et des professionnels de la santé au Malawi, visant à recueillir rapidement, par téléphonie mobile, des données sur la croissance et la nutrition des enfants.
Le programme d'observation de la malnutrition et de lutte contre la faim des enfants au Malawi est un projet conjoint de l'université Columbia de New York et du Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) ; il permet au personnel médical sur le terrain d'envoyer par texto des informations relatives à la santé des enfants, notamment leur poids et leur taille, en utilisant le service de messagerie SMS (Service de messages succincts). Un ordinateur reçoit les données qui sont transmises sur chaque enfant selon un format défini au préalable et les analyse automatiquement pour déterminer si l'enfant souffre de malnutrition.
La technologie sur laquelle se fonde ce projet, nommée RapidSMS, a été mise au point par des étudiants de l'université Columbia qui ont remporté le premier prix d'un concours technique récemment organisé par l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) sur le thème « Défi d'innovation technique 2.0 ».
Kirsten Bokenkamp, qui était l'un des étudiants de l'université Columbia à démarrer ce projet, a dit à America.gov que la nouvelle technologie de téléphonie mobile « a prouvé qu'elle pouvait améliorer le suivi de la nutrition des enfants et était un moyen efficace de partager les informations entre toutes les personnes impliquées » dans leurs soins.
Ce projet a donné tant de bons résultats en permettant d'identifier rapidement les groupes d'enfants touchés par la sous-alimentation que le gouvernement du Malawi « est impatient d'étendre RapidSMS à tout le pays pour surveiller la nutrition des enfants au niveau national », a expliqué Kirsten Bokenkamp.
Dans le monde entier, les gens utilisent de plus en plus les technologies de communications informatisées de façons « qui ont entraîné une révolution dans le concept du développement », a dit Karen Turner, directrice du Bureau des partenaires pour le développement à l'USAID. Mme Turner, qui a parrainé le concours « Défi d'innovation technique 2.0 », a souligné que le projet au Malawi avait permis de réduire de trois mois la durée nécessaire pour obtenir les informations sur la sous-alimentation des enfants, ce qui « signifie que le ministère de la santé publique a maintenant une meilleure idée de la situation pour mieux lutter contre ce problème ».
Près de la moitié de la population du monde utilise aujourd'hui des téléphones mobiles, contre seulement 10 % qui ont accès à des ordinateurs personnels, selon le bureau sur les objectifs communs de développement à l'USAID, qui a géré le récent concours. Mme Turner a dit que le but de celui-ci était d'identifier et d'appuyer les organisations qui fondent leurs travaux sur la technologie pour « promouvoir une approche locale au développement en utilisant les avantages offert par la téléphonie mobile ». En tirant parti des technologies de communications informatisées et du réseautage social, « nous avons établi des liens avec une nouvelle communauté non traditionnelle et invité sa participation, pour qu'elle fasse partie du dialogue sur le développement et puisse offrir ses propres idées à ce sujet.
Ces commentaires de Mme Turner sont venus renforcer ce que l'administratrice de l'USAID, Henrietta Fore, avait déclaré lors de la cérémonie de remise du prix du concours « Défi d'innovation technique 2.0 » en janvier : « Nous avons remarqué que le secteur du développement international est plus souvent fermé et cloisonné qu'ouvert et accessible à tous. À l'USAID, nous prenons les mesures nécessaires pour que notre savoir-faire au niveau du développement soit mis à la disposition d'autant de monde que possible et nous encourageons les autres entités impliquées dans ce secteur à en faire de même, notamment les gouvernements partenaires, les donateurs, les fondations, les entreprises privées et les organisations non gouvernementales. »
Selon Kirsten Bokenkamp, le projet RapidSMS au Malawi fait partie de cette nouvelle communauté internationale. « Gagner le prix du concours « Défi d'innovation » a été utile à plusieurs niveaux », dit-elle. « Nous avons pu transformer une initiative d'étudiants en une organisation non gouvernementale sans but lucratif appelée Mobile Development Solutions. L'argent que nous avons reçu avec le prix a permis de mener des travaux plus approfondis au Malawi et de faire connaître l'existence de notre organisme à des partenaires potentiels. »
Quant à l'avenir, a-t-elle dit, « nous avons l'intention de poursuivre nos efforts au Malawi tout en cherchant à établir des liens avec des clients et des partenaires potentiels. Nous sommes convaincus que la technologie mobile peut jouer un rôle crucial dans les futurs projets de développement, non seulement dans le secteur de la nutrition et de la santé mais dans beaucoup d'autres, notamment l'éducation, l'acheminement des produits vivriers et les pratiques agricoles. »
« Nous espérons jouer un rôle primordial dans l'utilisation de RapidSMS à tous les niveaux du développement international », a déclaré Kirsten Bokenkamp.