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29 avril 2009

La moitié de la population mondiale vit dans des pays où le paludisme est endémique

La Journée mondiale contre le paludisme aux États-Unis

 
Un moustique <i>anophèles funestus</i>
Les moustiques anophèles funestus (photographié ci-dessus) et gambiae sont les vecteurs les plus importants de l'Afrique.

Washington - Tous les ans, plus de 500 millions de personnes contractent le paludisme et 1 million d'entre elles, notamment des nouveau-nés, de jeunes enfants et des femmes enceintes en Afrique, en meurent. La lutte contre cette maladie à travers le monde exige la participation de maintes personnes, auxquelles on a rendu hommage le 25 avril à l'occasion de la Journée mondiale contre le paludisme.

Cette journée, que l'Assemblée de la santé mondiale a instaurée en 2007, offre l'occasion aux pays touchés par cette maladie de s'informer les uns des autres de leur expérience en matière.

« Les États-Unis se joignent à leurs partenaires à l'étranger et aux peuples du monde entier pour réaffirmer leur profond attachement à l'objectif visant à éliminer le paludisme comme cause de mortalité d'ici à 2015 », déclare le président Barack Obama dans le communiqué que la Maison-Blanche a diffusé le 24 avril.

« Pour ce faire, indique-t-il, il faut commencer par rayer le paludisme du groupe des principales menaces en matière de santé publique en Afrique, où ce fléau tue près de 1 million de personnes chaque année et exerce une pression intolérable sur les systèmes de santé publique. Il est temps de redoubler d'efforts pour libérer le monde d'un mal qui ne devrait plus supprimer des vies. »

Cette année, la Journée mondiale contre le paludisme avait pour thème « Vaincre le paludisme : le compte à rebours est lancé ». Le partenariat Faire reculer le paludisme, auquel participent l'Organisation mondiale de la santé et les États-Unis, a lancé une campagne visant à inciter ses membres à participer à l'évaluation des progrès réalisés dans le cadre de la lutte contre cette maladie.

« Nous savons que nous pouvons mettre fin à ce cycle de maladie et de pauvreté. Au cours des quelques dernières années, nous avons été les témoins d'un effort croissant à l'échelle mondiale pour lutter contre cette maladie qui peut être soignée et prévenue », déclare la secrétaire d'État, Mme Hillary Clinton, dans la vidéo que le département d'État a diffusée le 24 avril.

La contribution des États-Unis

Pendant l'année budgétaire en cours (2009), les États-Unis doivent consacrer 527 millions de dollars à la lutte contre le paludisme. Ils ont déjà versé plus de 3,3 milliards de dollars au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, a indiqué la représentante permanente des États-Unis auprès de l'ONU, Mme Susan Rice, le 24 avril à New York.

L'Initiative en faveur de la lutte contre le paludisme, que le président Bush a lancée en 2005 et dont le budget est de 1,2 milliard de dollars réparti sur cinq ans, représente un accroissement considérable des ressources que les États-Unis consacrent à la lutte contre le paludisme en Afrique. Au cours de sa troisième année d'application, cette initiative a permis d'atteindre plus de 32 millions de personnes.

En 2008, les États-Unis ont fourni plus de 6,4 millions de moustiquaires en vue de leur distribution à titre gratuit à des femmes enceintes et à de jeunes enfants, ainsi que 15,6 millions de doses d'antipaludéens. Ils ont également financement la pulvérisation d'un insecticide dans 6 millions de logements abritant près de 25 millions de personnes.

Prélèvement de sang à Tamulbari (Inde)
Une infirmière essaie d'effectuer un prélèvement de sang pour y dépister le paludisme dans le village innondé de Tamulbari en Inde.

La tâche est cependant loin d'être terminée, a fait remarquer Mme Rice. « Il nous faut faire davantage pour que des programmes portent sur les pays qui sont le plus touchés, notamment le Nigéria, la République démocratique du Congo, l'Ouganda, l'Éthiopie et la Tanzanie, où environ la moitié des décès dus au paludisme ont eu lieu. Il nous faut faire davantage pour distribuer des moustiquaires et des médicaments à la population qui se trouve dans une zone en proie à un conflit ou aux réfugiés qui sont dans des camps. Enfin, il nous faut faire davantage afin de supprimer les virus du paludisme résistants aux médicaments et de mettre au point un vaccin. »

  

Pour l'année budgétaire 2010, a-t-elle dit, le président Obama envisage au titre de l'aide à l'étranger d'augmenter les crédits destinés au secteur de la santé notamment dans les domaines de la protection infantile et maternelle et de la limitation des naissances.

Les difficultés de la lutte

Le paludisme est une maladie parasitaire due à des hématozoaires inoculés dans le sang par la piqûre de moustiques (anophèles). Elle est endémique dans de nombreux pays en développement où vit la moitié de la population mondiale, notamment en Afrique subsaharienne, en Asie, en Amérique latine, au Moyen-Orient et dans certaines régions de l'Europe.

En 2008, l'Institut national de l'allergie et des maladies infectieuses (NIAID) a élaboré un plan stratégique pour les travaux de recherche portant sur le paludisme et énoncé les grandes lignes de cette recherche en ce qui concerne la pathogénie, l'immunologie et l'épidémiologie de cette maladie afin de mieux comprendre les interactions complexes entre les parasites, les moustiques et les êtres humains.

« Alors que nous célébrons les progrès importants réalisés dans le cadre de la lutte contre le paludisme, il nous faut aussi être conscients des énormes difficultés qui nous attendent », déclarent le docteur Lee Hall, qui est à la tête du service de parasitologie et des programmes internationaux du NIAID, et le docteur Anthony Fauci, qui est le directeur de cet institut, dans le communiqué que le NIAID a diffusé le 25 avril.

« Par exemple, indiquent-ils, nous avons besoin de méthodes plus rapides et plus sûres pour diagnostiquer le paludisme de manière à découvrir les diverses espèces de parasite et les souches résistantes aux médicaments qui risquent de faire leur apparition. Il nous faut aussi élaborer des méthodes systématiques pour traduire la multitude d'informations de base relatives aux parasites et aux moustiques en des stratégies efficaces pour le traitement du paludisme et sa maîtrise. »

Les travaux de recherche

Des chercheurs dont les travaux sont financés par le NIAID font des progrès pour ce qui est de la mise au point de nouvelles mesures de lutte contre le paludisme. Ils participent notamment à la recherche et au développement d'antipaludéens.

Le NIAID finance aussi les travaux de recherche portant sur 20 vaccins candidats, dont 7 font l'objet d'essais cliniques. Des études ayant trait à la biologie des moustiques ont abouti à la découverte de marqueurs génétiques qui jouent un rôle dans la résistance aux insecticides.

Le NIAID a également lancé une nouvelle initiative, à savoir les Centres internationaux d'excellence dans la recherche sur le paludisme, afin d'encourager une démarche multidisciplinaire nouvelle et mondiale susceptible de permettre de comprendre le paludisme dans le contexte évolutif du contrôle, de la suppression et de l'éradication.

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