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09 avril 2009

La prévention des infections sanguines dans les hôpitaux

 
Peter Pronovost
Le docteur Peter Pronovost

Baltimore - Les hôpitaux, qui sont des lieux de guérison, abritent aussi des microbes dangereux qui peuvent contaminer les malades. Les infections sanguines contractées à l'hôpital sont courantes, mortelles mais il est possible de les prévenir. Le professeur Peter Pronovost, de l'École de santé publique de l'université Johns Hopkins, a mis au point un programme destiné à les prévenir et il tient à le faire connaître au monde entier.

Les cathéters placés dans les veines du cou, de la poitrine ou de l'aine de patients aux fins de transmission de médicaments, de fluides ou d'un prélèvement de sang dans un hôpital peuvent aussi introduire directement des microbes dangereux dans leur système sanguin. Selon le docteur Pronovost, 80.000 personnes hospitalisées aux États-Unis contractent chaque année une infection sanguine due au cathétérisme et quelque 30.000 d'entre elles en meurent. Selon le Centre d'épidémiologie des États-Unis (Centers for Disease Control and Prevention ou CDC), le coût annuel de ces infections pourrait atteindre 2,3 milliards de dollars.

L'incidence de ces infections dans le monde n'est pas bien connue. « La plupart des autres pays ne tiennent pas de statistiques sur les causes des infections sanguines, a-t-il dit. Il est cependant essentiel de connaître l'ampleur de ce problème, qui peut même être répandu dans les pays en développement. »

 

L'Organisation mondiale de la santé œuvre de concert avec le Groupe de recherche sur la qualité et la sûreté de l'université John Hopkins (QSRG), dont le professeur Pronovost est le directeur, pour introduire en Espagne, au Pérou et au Chili le programme (Comprehensive Unit-based Safety Program ou CUSP) qu'il a mis au point. Des représentants du Royaume-Uni collaborent directement avec le QSRG pour introduire ce programme dans leur pays.

Mis en œuvre dans tous les hôpitaux du Michigan pendant une période de dix-huit mois, ce programme a permis de réduire de 66 % le nombre d'infections sanguines dues au cathétérisme, de sauver ainsi la vie de quelque 2.000 personnes et d'économiser 200 millions de dollars.

Terry Bowers et des étudiants en fac de médecine au Michigan
Le docteur Terry Bowers forme des étudiants sur l'utilisation des tiges en médecine à l'hôpita Beaumont à Royal Oak (Michigan).

« C'est là l'amélioration la plus importante et la plus durable que nous ayons constatée dans ce domaine. Les gens sont à la recherche de moyens qui donnent des résultats », a déclaré le professeur Pronovost. Du fait de ses bons résultats au Michigan, ce programme a été adopté dans 30 autres États des États-Unis le 1er février.

La méthode à suivre

Pendant des années, on a pensé que les infections sanguines dues au cathétérisme étaient inévitables, mais l'étude de ce qui s'est passé au Michigan a montré qu'il n'en était rien, a-t-il fait remarquer.

Le succès du CUSP est dû à la simplification des directives qui étaient très longues et complexes. À leur place, on a établi une simple liste de 5 choses à faire avant d'utiliser un cathéter : se laver les mains, mettre une blouse, un bonnet et un masque, aseptiser la peau du malade, éviter de placer le cathéter sur l'aine et enlever les tubes lorsqu'on n'en a plus besoin.

Cette liste ne représente cependant qu'une partie du programme, qui permet aux médecins et aux infirmières de s'aider mutuellement. Le CUSP, a dit le professeur Pronovost, leur donne les moyens de faire du travail d'équipe et de se fixer des objectifs tous les jours.

La première étape consiste à informer le personnel hospitalier des méthodes d'hygiène à l'aide des documents fournis par le professeur Pronovost. Ensuite, des équipes composées de membres du personnel hospitalier cherchent à découvrir les lacunes de leur hôpital dans ce domaine et à trouver des solutions pour améliorer les résultats. Après avoir appliqué une solution, une équipe examine les résultats pour déterminer si cette solution est viable.

Le CUSP est souple et peut être utile pour enrayer la propagation de toutes les infections contractées à l'hôpital, a-t-il indiqué. Les cathéters ne sont pas les seules voies de transmission d'infections sanguines à l'organisme, et d'autres maladies, telles que la pneumonie et le staphylocoque doré résistant à la méthicilline, se propagent aussi dans les hôpitaux.

Tout hôpital peut suivre les instructions du CUSP. On peut les trouver sur le site Internet du QSRG, a indiqué le professeur Provonost.

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