Élever le niveau de santé dans le monde

11 septembre 2008

La recherche sur les maladies chroniques dans les pays en développement

Un centre américain va accorder 1,5 million de dollars par an en vue de lutter contre le cancer, les maladies cardiaques et le diabète.

 
Un chercheur du Centre international Fogarty
Le Centre international Fogarty vise à encourager la mise en place de centres médicaux, la recherche et la formation technique.

Washington - Le Centre international Fogarty, qui relève de l'Institut national de la santé (NIH) des États-Unis, va consacrer 1,5 million de dollars par an à la lutte contre des maladies chroniques dans les pays en développement.

Ces pays, où des maladies infectieuses telles que le paludisme, le sida et la tuberculose sont courantes, sont de plus en plus frappés par des maladies chroniques non contagieuses comme le cancer, le diabète et les maladies cardiaques.

« Le Centre international Fogarty encouragera les programmes qui préparent les chercheurs et les travailleurs médicaux à s'attaquer à ces nouveaux problèmes ainsi que les programmes qui fournissent une formation pluridisciplinaire et qui comblent les écarts entre les sciences biologiques, le sciences sociales et les sciences du comportement », indique dans un communiqué de presse le docteur Roger Glass, qui est à la tête de ce centre.

Créé en 1968, le Centre international Fogarty, dont le budget annuel atteint 64 millions de dollars, vise à encourager la mise en place de centres médicaux, la recherche et la formation technique en finançant les travaux de quelque 5.000 scientifiques. Sa nouvelle initiative relative aux maladies chroniques s'inscrit dans un plan stratégique de plus grande ampleur qui guidera les activités de ce centre à l'étranger jusqu'en 2012.

« Le plan stratégique prévoit que des chercheurs, quel que soit leur pays, soumettront une demande de fonds dans le cadre des 8 programmes de recherche et des 14 programmes de formation de ce centre », a déclaré à America.gov le chargé des relations publiques, M. Ira Allen. « Le Centre international Fogarty collabore déjà avec des institutions scientifiques d'une centaine de pays, mais au lieu d'adapter les programmes aux pays ou aux zones géographiques intéressés, le financement prévu porte sur les maladies, la formation et le renforcement des capacités de recherche dans les pays à revenu faible et intermédiaire, quelle que soit leur zone géographique. »

Selon M. Allen, les chercheurs étrangers sont informés de diverses façons des possibilités de financement offertes par ce centre. Des bulletins du NIH (The NIH Guide) et du Centre international Fogarty (Global Health Matters) diffusés par voie électronique offrent des informations sur ces possibilités de financement, et plusieurs « listservs » envoient des courriels au sujet des programmes de ce centre aux membres des milieux intéressés. En outre, le personnel du centre en informe d'éventuels intéressés en assistant à des colloques à l'étranger et en y prenant la parole. De même, l'information circule de bouche à oreille grâce aux anciens bénéficiaires.

Roger Glass
Le docteur Roger Glass, directeur du Centre international Fogarty à l'Institut national de la santé des États-Unis.

L'attention du monde s'oriente vers les maladies chroniques

Le nouvel intérêt porté aux maladies chroniques fait suite aux prévisions relatives aux modifications de la mortalité dans les pays à revenu faible et intermédiaire. Selon l'Organisation mondiale de la santé, environ 60 % des décès dans le monde sont dus à des maladies chroniques, et 80 % de ces décès ont lieu dans des pays en développement.

Dans un rapport qu'elle a rendu public en 2008, l'OMS prévoit qu'en 2030 les 4 grandes causes de décès dans le monde seront la cardiopathie ischémique, l'attaque d'apoplexie, la bronchopneumopathie chronique obstructive et les infections des voies respiratoires inférieures telles que la pneumonie. On estime que la nouvelle prédominance des décès dus aux maladies chroniques au lieu des maladies infectieuses est en partie le résultat du vieillissement de la population mondiale. Selon les prévisions, 1 habitant sur 8 de notre planète aura en effet plus de 65 ans en 2030.

La collaboration internationale

À titre d'illustration de la collaboration du Centre International Fogarty, on peut citer le partenariat (Grand Challenges Global Partnership) avec l'Oxford Health Alliance, qui vise à réduire, au moyen de la prévention, du dépistage et de la formation, le nombre de décès dus à des maladies non transmissibles dans le pays en développement.

Créée par l'université d'Oxford et les laboratoires danois Novo Nordisk, l'Oxford Health Alliance permet aux spécialistes et aux militants de divers milieux de collaborer en vue de changer les comportements, les politiques et les perspectives à tous les niveaux de la société.

Le Centre international Fogarty décerne aussi un prix de 50.000 dollars en vue d'aider les chercheurs du NIH à établir des relations avec des collaborateurs dans des pays en développement.

Depuis le lancement de ce programme il y a dix ans, le Centre international Fogarty a accordé 460 subventions, qui ont permis la publication de plus 1.500 articles de recherche dans des revues scientifiques. Ces collaborations ne cessent pas nécessairement lorsque l'argent arrive à sa fin ; plus de 30 % des chercheurs qui ont reçu un tel financement continuent de collaborer avec leurs partenaires étrangers après l'épuisement des fonds reçus.

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