Élever le niveau de santé dans le monde

24 octobre 2008

L'Africom jouera un rôle dans la lutte contre les maladies

Ce nouveau commandement considère le VIH/Sida comme une menace à la stabilité régionale.

 
Formation médicale au Mali
Des membres des services armés des É.-U. ont visité quatre villages au Mali dans le cadre de formations médicales multinationales.

Washington - L'Africom, le nouveau commandement régional du ministère de la défense des États-Unis pour l'Afrique, est sur le point de rationaliser tout un éventail d'opérations et d'intensifier ses services médicaux dans une région du monde où la sécurité nationale et les maladies infectieuses sont inextricablement liées.

L'Africom - déclaré commandement pleinement unifié le1er octobre - a une mission d'engagement durable pour la sécurité qu'il mènera à bien en coopération avec d'autres agences du gouvernement des États-Unis et des partenaires internationaux, est-il affirmé dans un résumé analytique.

Jusqu'au 1er octobre, en effet, la responsabilité des actions de l'armée des États-Unis sur le continent africain était répartie entre le Commandement des États-Unis en Europe, basé en Allemagne, le Commandement central basé en Floride et le commandement Pacifique basé à Hawaï. L'Africom est désormais responsable des opérations militaires des États-Unis en Afrique et des relations militaires avec 53 pays africains.

« L'Africom est né de la conviction que le succès à long terme et la stabilité de nos partenaires africains repose sur des armées fortes, indépendantes et loyales », a déclaré Erik Threet, du directoire de la stratégie, de la planification et des programmes de l'Africom, lors d'une table ronde organisée à Washington le 23 septembre dernier.

Les agences fédérales qui coopéreront avec l'Africom sont l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), le département d'État et les ministères des finances, de la sécurité intérieure et de la justice. Le quartier général de l'Africom se trouve actuellement à Stuttgart (Allemagne).

L'avant et l'après-VIH/sida

Des programmes sanitaires de l'armée des États-Unis aident les populations africaines depuis 1946, lorsque la troisième Unité navale de recherche médicale (NAMRU-3) a commencé ses opérations au Caire (Égypte), en étroite coopération avec le ministère égyptien de la santé. Il s'agissait à l'époque d'étudier le typhus et autres maladies endémiques qui affectaient les soldats déployés sur le continent africain.

Aujourd'hui, la NAMRU-3 est un laboratoire régional de référence qui effectue des diagnostics pour l'Organisation mondiale de la santé et qui emploie trois responsables de la santé publique du Centre d'épidémiologie des États-Unis. Ils s'occupent de renforcer la veille sanitaire, notamment afin de détecter des maladies respiratoires aigues dans plusieurs hôpitaux égyptiens.

La NAMRU-3 a également un détachement à Accra (Ghana) et un autre, de moindre importance, en Afghanistan, a dit la capitaine Sybil Tasker, affectée à cette unité.

Par ailleurs, en 1969, l'armée des États-Unis a créé une Unité de recherche médicale à Nairobi, sur invitation du gouvernement kényan. Grâce à un accord de coopération avec l'Institut kényan de recherche médicale, des scientifiques y mènent des recherches sur le paludisme et autres maladies.

Projet médical en Tanzanie.
Des membres du militaire américains apportent une aide à un projet d'action médicale civile en Tanzanie.

Si l'Afrique subsaharienne n'abrite que 10 % de la population mondiale, on y recense 60 % des personnes infectées par le VIH, le virus qui cause le sida.

Mme Theresa Whelan, vice-ministre adjointe de la défense chargée des affaires africaines, a déclaré : « Le programme de prévention du VIH/sida mis en œuvre par notre ministère, connu sous le nom de DHAPP, remonte aux années 90, lorsque le Congrès a alloué pour la première fois des fonds réservés spécifiquement au problème du VIH/sida » au sein des armées africaines.

Il s'agissait en effet de s'assurer que le personnel militaire ne soit pas oublié dans les campagnes de prévention destinées au public.

Les racines du mal

Depuis 2002, a dit le colonel Jerome Kim, de l'Institut de recherche attaché à l'hôpital militaire Walter Reed, « la stratégie de sécurité nationale des États-Unis considère la propagation du VIH et ses répercussions sur les pays africains comme une priorité humanitaire et de sécurité. Grâce à la mise en œuvre du Plan présidentiel d'aide d'urgence à la lutte contre le VIH/sida (PEPFAR), l'armée des États-Unis a pu participer à des programmes de prévention, de soins et de traitement dans les pays ciblés. »

Lorsque le PEPFAR a démarré en Afrique en 2004, a déclaré Mme Tasker, le DHAPP avait déjà permis une étroite collaboration avec les armées de l'ensemble des 15 pays ciblés par le PEPFAR, dont 13 sont en Afrique.

« Nous intervenons par l'intermédiaire du bureau de la coopération militaire de nos ambassades dans chaque pays », a dit Mme Tasker, « et nous exécutons les programmes grâce à des dons ou des contrats avec des universités ou des organisations non gouvernementales (ONG) locales ».

En 2007, le DHAPP a été doté d'un budget de 68 millions de dollars et a coopéré avec les armées de 70 pays. Rien qu'en Afrique, il a permis de transmettre un message global de prévention à presque 500.000 soldats et membres de leurs familles.

Plus de 100.000 personnes se sont soumise à des tests de dépistage et ont reçu des conseils, et près de 18.000 femmes ont reçu des services de prévention de la transmission du virus de la mère à l'enfant. Soixante-trois laboratoires ont reçu des équipements ou des produits chimiques, et près de 19.000 patients ont reçu une thérapie antirétrovirale dans des hôpitaux militaires.

« Dans la région, a dit Mme Tasker, l'armée est parfois le seul fournisseur de soins médicaux, particulièrement dans les régions éloignées des grandes villes. Dans de nombreux pays, les hôpitaux militaires ont plus de lits et sont capables d'offrir plus de soins que les établissements du ministère de la santé. Ils sont également dotés de capacités en matière de sécurité et de logistique qui leur permettent d'offrir des soins en période de conflits. »

De plus, les soldats qui rentrent au village rapportent souvent avec eux des messages de prévention, permettant leur propagation dans des zones souvent difficiles d'accès, voire inaccessibles, pour les ONG.

« Les armées (…) ont compris que les principales causes du VIH qui décime leurs rangs et rend leurs soldats incapables de faire leur travail sont la pauvreté, la faim, l'inégalité entre les sexes et le manque d'éducation. Or dans ces domaines, les ONG et les universités ont les compétences requises. »

Créer un signet avec :    Qu'est-ce que c'est ?