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21 octobre 2008

L'Égypte va accueillir une conférence sur la grippe aviaire

Les délégués y feront le bilan des progrès réalisés et planifieront la lutte à long terme contre le H5N1.

 
Recherche d'oiseaux infectés de la grippe avaire en 2006
Des soldats allemeands cherchent des carcasses d'oies sauvages en 2006, peu après la première découverte du virus H5N1 en Allemagne.

Washington - Des délégués de 116 pays et de 24 organisations internationales se réuniront à Charm el-Cheikh (Égypte) du 24 au 26 octobre afin de faire le bilan des progrès réalisés et de mobiliser des ressources pour une réaction à long terme à la grippe aviaire et pandémique.

Cette Conférence ministérielle est le fruit de la collaboration entre le gouvernement égyptien, l'Union européenne et le Partenariat international sur la grippe aviaire et pandémique.

Elle est également soutenue par le gouvernement des États-Unis, la Commission européenne et plusieurs agences des Nations unies, dont l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE), l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et l'UNICEF.

Le gouvernement égyptien a invité les ministres de la santé et de l'agriculture de 192 pays et des représentants d'organisations internationales et régionales. À ce jour, près de 500 personnes ont accepté cette invitation.

« Nous savons tous qu'une pandémie est inévitable », a déclaré Mme Paula Dobriansky, sous-secrétaire d'État à la démocratie et aux affaires mondiales, au journaliste d'America.gov. « Les efforts soutenus que nous avons déployés pour renforcer l'infrastructure médicale humaine et animale dans le monde entier afin de lutter contre la grippe aviaire ont considérablement renforcé les capacités d'endiguement des pandémies de grippe et d'autres maladies infectieuses. »

Des réunions internationales ont déjà eu lieu à ce sujet à Washington (2005), à Pékin (2006), à Vienne (2006), à Bamako (2006), et à New Delhi (2007).

Le Dr David Nabarro, principal coordonateur de l'ONU pour la grippe aviaire et humaine, a déclaré à america.gov que cette conférence serait « une discussion politique destinée aux ministres de la santé et de l'agriculture, parce que nous avons compris depuis longtemps que ce dossier exige un ferme engagement politique des gouvernements ainsi que l'appui technique des Nations unies. Pour nous, cette discussion politique et cette conférence sont donc essentielles. »

Les animaux, les hommes et la maladie

En 1996, des scientifiques ont isolé le H5N1 sur une oie d'élevage de la province de Guangdong, en Chine. En 1997, on a détecté le même virus dans des élevages et des marchés d'animaux vivants à Hong Kong. La même année, 18 personnes ont été infectées par le virus, et six en sont mortes.

Un coq d'un marché à Kolkata (Inde)
Un coq en vente sur un marché à Kolkata en Inde.

Six ans plus tard, en 2003, le H5N1 est réapparu dans des élevages de volailles en république de Corée et en Thaïlande, et il a commencé à se propager. À ce jour, il a tué et entraîné la destruction de centaines de millions d'oiseaux sauvages et domestiques dans 61 pays et infecté 387 personnes - dont 245 n'ont pas survécu - dans 15 pays.

Dans le monde entier, des gouvernements, des organisations et des responsables de la santé publique, des instituts de recherche et des urgentistes se sont rassemblés, phénomène sans précédent, afin de renforcer la veille sanitaire et de mieux se préparer à réagir et à contenir une éventuelle pandémie.

« Globalement, le nombre de foyers de H5N1 diminue », a déclaré le directeur général de l'OIE, M. Bernard Vallat. « C'est très important. Cela signifie que les efforts déployés au niveau national par tous les pays, ainsi que ceux de la communauté internationale et des donateurs, ont porté leurs fruits. La majorité des pays sont prêts à détecter tout foyer d'infection et à l'éliminer. »

Au sujet de la préparation à la lutte contre une éventuelle pandémie humaine, M. Nabarro a déclaré : « La situation est plutôt prometteuse. Mais s'agissant des conséquences sociales, économiques et politiques d'une pandémie, il faut faire encore plus, non seulement au niveau de chaque pays, mais aussi collectivement. »

« Le risque d'une pandémie virale est grave et ne va pas disparaître », a déclaré John Lange, représentant spécial du département d'État pour les questions relatives à la grippe aviaire et pandémique. « Nous devons continuer à œuvrer à la coopération avec d'autres pays et des organisations internationales afin de renforcer la préparation dans le monde entier. »

Ce qui se passera à Charm el-Cheikh

Les participants à la conférence décriront les progrès réalisés et souligneront les mesures à prendre en 2009 aux niveaux national, régional et mondial.

L'ordre du jour prévoit également une étude des meilleures pratiques, des difficultés liées à l'endiguement du H5N1 chez les animaux et de la préparation au déclenchement d'une pandémie. Il s'agira également de concevoir une stratégie à long terme d'endiguement de la grippe aviaire et autres maladies pouvant se transmettre de l'animal à l'homme.

« Cette conférence comprendra, en proportion égale, des responsables de la santé animale et des responsables de la santé humaine, a dit M. Vallat. Nous allons inciter les pays, les donateurs et les organisations compétentes à continuer d'aider les pays en développement à mieux contrôler la santé animale. »

S'agissant de la prévention des épizooties, la priorité porte sur la création de réseaux efficaces de détection précoce et d'intervention rapide, sur la collaboration entre divers gouvernements, des vétérinaires privés et les éleveurs, ainsi que sur des programmes de compensation pour les agriculteurs dont les animaux infectés doivent être détruits pour éviter la propagation du virus.

M. Nabarro a ajouté qu'il aimerait également avoir une discussion sur la façon d'intégrer la préparation à une éventuelle pandémie de grippe aviaire et pandémique aux travaux routiniers effectués dans les domaines de la santé animale et humaine.

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