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17 octobre 2008

Des scientifiques américains sont lauréats de trois prix Nobel pour 2008

L'attribution des prix Nobel de chimie, de physique et de médecine

 
Roger Tsien, Joan Heller Brown et Shu Chien
Les lauréats du prix Nobel en 2008: MM. Roger Tsien et Shu Chien, et Mme Joan Heller Brown le 8 octobre 2008.

Washington - Trois Américains et un Japonais qui a occupé les fonctions de professeur aux États-Unis figurent parmi les neuf lauréats des prix Nobel de chimie, de physique et de médecine ou physiologie pour 2008, a annoncé l'Académie royale des sciences de la Suède et l'Institut Karolinska lors de la deuxième semaine d'octobre à Stockholm.

Deux Américains, Martin Chalfie et Roger Tsien, et un Japonais exerçant ses fonctions aux États-Unis, Osamu Shimomura, ont obtenu le prix de chimie pour la découverte d'une protéine fluorescente dont l'emploi a révolutionné l'imagerie biologique.

Le prix de médecine est allé à deux Français, Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier, pour la découverte du VIH, le virus qui cause le sida, et à un Allemand, Harald zur Hausen pour avoir montré que le papillomavirus humain causait le cancer du col de l'utérus.

Deux Japonais, Makoto Kobayashi et Toshihide Maskawa, et un Américain d'origine japonaise, Yoichiro Nambo, ont reçu le prix de physique pour la découverte de l'origine de la « brisure spontanée de symétrie » et de son mécanisme.

Les protéines fluorescentes

La découverte de la protéine fluorescente verte (PFV) et son utilisation ont permis aux biologistes d'observer des phénomènes qui étaient auparavant invisibles à l'intérieur de cellules et de tissus. Il est maintenant possible de voir comment les protéines se déplacent à l'intérieur d'une cellule ou comment les cellules croissent et se divisent chez des animaux vivants.

« La PFV est rapidement devenue un outil essentiel de la boîte d'outils scientifiques, ouvrant la voie à une multitude d'études révolutionnaires qui ont fait progresser considérablement notre compréhension de la santé et de la maladie. Il est impossible de minimiser l'incidence des travaux de ces chercheurs sur le progrès scientifique », indique le communiqué de presse suédois.

En 1962, Osamu Shimomura et ses collègues ont isolé la protéine fluorescente verte chez la méduse Aequorea victoria et défini ses propriétés fluorescentes. Lorsqu'on expose cette protéine aux rayons ultraviolets, elle devient fluorescente et de couleur verte.

Agrandissement
Des protéines multicolores fluorescentes de souris
Des protéines multicolores fluorescentes illuminent des cellules dans le cerveau d'une souris.

La découverte d'Osamu Shimomura est restée une curiosité biologique jusqu'au jour où Martin Chalfie s'est rendu compte qu'on pouvait utiliser cette protéine pour suivre l'évolution de gènes particuliers dans une cellule ainsi que l'emplacement de protéines chez des animaux vivants.

Roger Tsien a élargi la palette des couleurs de la protéine fluorescente en créant des variantes qui émettent des couleurs telles que l'orange et le rouge cerise. À l'heure actuelle, les chercheurs marquent des cellules et des protéines avec des couleurs différentes et sont ainsi en mesure de suivre simultanément de multiples phénomènes biologiques, notamment dans le cerveau d'une souris.

La PFV et ses variantes se sont révélées être en général non toxiques et actives dans une variété d'organismes expérimentaux, dont des bactéries, de la levure, des mouches, des vers, des souris et des poissons.

Le papillomavirus humain et le cancer du col de l'utérus

Le cancer du col de l'utérus est le cancer le plus courant chez les femmes après celui du sein. Tous les ans, ce cancer est diagnostiqué chez environ 500.000 femmes, et près de 250.000 d'entre elles meurent des suites de cette maladie.

Dans les années 1970, Harald zur Hausen a déclaré, contrairement à ce que l'on pensait alors, que c'était un papillomavirus humain et non un virus de l'herpès qui était la cause du cancer de l'utérus transmis lors de rapports sexuels.

Ses collègues et lui ont découvert des dizaines de souches de papillomavirus humains (VPH) et trouvé que les génotypes 16 et 18 étaient présents dans les tumeurs du col de l'utérus. Des travaux subséquents ont permis de montrer que ces génotypes 16 et 18 étaient la cause d'environ 70 % des cancers du col de l'utérus.

Plus de 5 % de tous les cancers dans le monde sont causés par une infection persistante due au VPH, indique le communiqué de presse de l'Institut Karolinska. Les travaux de Harald zur Hausen ont permis la mise au point des deux vaccins qui servent actuellement à prévenir ce genre d'infection.

Selon un article des docteurs Jan Agosti et Sue qui a paru en 2007 dans la revue médicale The New England Journal of Medicine, 80 % des décès dus au cancer du col de l'utérus ont lieu dans des pays en développement. Les États-Unis aident des organismes et des entreprises du secteur privé à fournir ces vaccins dans le tiers monde. C'est ainsi que les laboratoires pharmaceutiques Merck & Co. vendent leur vaccin à un prix réduit dans les pays en développement, a indiqué un porte-parole de cette société.

Par ailleurs, l'association à but non lucratif PATH, dont le siège est à Seattle, collabore avec des entreprises et des collectivités locales en Inde, en Ouganda, au Pérou et au Vietnam en vue de trouver les moyens les plus efficaces et les plus acceptables pour vacciner des jeunes filles contre le VPH. Les résultats de projets pilotes seront communiqués aux pouvoirs publics afin de leur permettre d'adopter un programme de vaccination adapté à la situation du pays.

Selon un responsable de PATH, M. Scott Wittet, quelque 50.000 à 70.000 filles vont être vaccinées à titre gratuit dans le cadre de projets pilotes, qui pourraient être aussi l'occasion d'élargir l'accès aux soins médicaux de la population locale.

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