Élever le niveau de santé dans le monde

17 novembre 2008

Google.org va aider les scientifiques à prévoir les flambées épidémiques

La transmission des maladies épidémiques peut être affectée par les chutes de pluie et la température.

 
Un petit Mangabey
Un petit singe Mangabey du parc zoologique de Londres. Les Mangabeys sont originaires de l'Afrique occidentale.

Washington - Les rapports entre les êtres humains et les pandémies ont évolué depuis la peste bubonique qui a fait des millions de victimes sans défense au milieu du XIVe siècle et la grippe dite espagnole H1 de 1918-1919 pour arriver à un temps d'arrêt arraché de haute lutte lors des flambées de la grippe aviaire causée par le virus H5N1 hautement pathogène.

Logiquement, l'étape suivante est celle de la prévention et Google.org, la branche philanthropique de la société qui a inventé le moteur de recherche sur la Toile le plus populaire au monde, appuie les efforts lancés pour identifier les points chauds où des maladies risquent d'apparaître et pour détecter les nouveaux agents pathogènes circulant dans le milieu animal et humain.

Il a été annoncé le 21 octobre qu'un montant initial de 14,8 millions de dollars allait être distribué entre 6 partenariats travaillant en Afrique et en Asie du Sud-Est et dont l'objectif commun est d'aider les pays et les organisations mondiales de la santé animale et humaine à reconnaître les maladies et réagir à leurs flambées avant qu'elles ne dégénèrent en crises mondiales.

« Le maintien du statu quo n'empêchera pas l'apparition d'un nouveau fléau comme le sida ou le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) » a déclaré le Dr. Harry Brilliant, directeur exécutif de Google.org, dans un communiqué de presse. « Les équipes que nous finançons sont à la pointe de la technologie numérique et génétique de détection précoce. »

Savoir où regarder

Savoir où regarder est un élément crucial d'une surveillance épidémiologique efficace et le climat joue un rôle critique dans la propagation de maladies potentiellement épidémiques telles que le paludisme et la méningite. Leur transmission dans certains lieux peut dépendre de conditions climatiques telles que la pluviosité, l'humidité et la température, et de facteurs environnementaux.

Dans ce contexte, le Woods Hole Research Center, implanté dans le Massachusetts, et ses partenaires ont reçu 2 millions de dollars pour dresser une carte satellitaire à haute définition des forêts afin d'améliorer le suivi de la déforestation et de l'expansion des établissements humains dans les pays tropicaux. Les chercheurs du Centre partageront les informations obtenues avec les spécialistes de l'environnement et de la santé pour leur permettre d'anticiper avec plus de précision les lieux d'émergence des foyers d'infection.

Les chercheurs de l'International Research Institute for Climate and Society (Institut international de la recherche sur le climat et la société, IRI) de l'université Columbia à New York, qui bénéficie du soutien de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), ont reçu 900.000 dollars de Google.org avec pour mission d'améliorer l'utilisation des prévisions météorologiques, des données sur la pluviosité et des autres informations climatiques en Afrique australe et de rassembler les spécialistes du climat et de la santé aux fins de mieux prédire les flambées d'infections.

Prélèvement d'échantillions d'un héron
Des vétérinaires italiens prélèvent des échantillons d'un héron découvert en Sicile en 2006.

« Bon nombre de nos chercheurs élaborent des modèles de prévisions météorologiques à l'échelle mondiale » a déclaré Madeleine Thomson, principale chargée de recherches à l'IRI, à America.gov, « mais ces informations ne servent à rien si ceux qui les reçoivent ne sont pas en mesure de les utiliser. Nous consacrons beaucoup de temps à renforcer les capacités des services de la météo afin qu'ils donnent aux agents du secteur de la santé des informations utiles et nous collaborons avec les décideurs en matière de santé pour les aider à mieux comprendre, utiliser - et demander - les informations dont ils ont besoin ».

Paludisme et méningite

L'IRI va travailler en Éthiopie, se concentrant dans un premier temps sur le paludisme et la méningite. Au départ, le don financera une formation de six mois pour deux chercheurs de l'Agence nationale éthiopienne de météorologie à l'université de Reading (Royaume-Uni) afin d'améliorer les séries de données pluviométriques en Éthiopie.

Un autre chercheur éthiopien est arrivé à l'IRI pour élaborer des outils de prévision de variabilité climatique saisonnière correspondant aux besoins du secteur de la santé. Le projet débouchera sur la conception d'outils de préparation de cartes des maladies et d'autres applications.

Collaborent à ce travail l'Intergovernmental Authority on Development's Climate Prediction and Applications Center, l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'Association éthiopienne de lutte contre le paludisme et la School of Tropical Medicine (École de médecine tropicale) de Liverpool.

« Le projet en Éthiopie est repris dans un centre climatique régional à Nairobi (Kénya) » a précisé Mme Thomson, « ce qui permettra l'élargir l'expérience éthiopienne aux autres pays de la Corne de l'Afrique ».

L'IRI est également consultant technique pour un autre don de Google.org, de

900.000 dollars, à l'University Corporation for Atmospheric Research et au National Center for Atmospheric Research (Colorado) qui élaborent un système de prise de décision que les agents de la santé publique pourront utiliser pour prévoir les épidémies de méningite au Ghana et y réagir.

Le projet avance en collaboration avec le consortium d'institutions climatiques et sanitaires réuni sous l'égide des Technologies d'information sur les risques environnementaux de la méningite de l'OMS qui appuie la distribution d'un nouveau vaccin anti-méningite en Afrique.

« Nous savons que la méningite est liée dans une certaine mesure à l'environnement parce que les grandes épidémies se déclarent dans les zones semi-arides comme le Sahel pendant la saison sèche », rappelle Mme Thomson. « L'objet de ce partenariat est de rassembler les spécialistes de la santé et du climat pour élaborer une vue d'ensemble plus complète. S'il existe un facteur climatique exploitable dans la maladie, nous le découvrirons et pourrons faire profiter la communauté de la santé de cette information ».

Pour plus d'informations sur l'initiative « Predict and Prevent » de Google.org, consulter le site web de l'organisation.

Créer un signet avec :    Qu'est-ce que c'est ?