Élever le niveau de santé dans le monde

15 juillet 2008

La réunion sur le sida en Ouganda cible la prévention et de nouvelles stratégies

Pour les 1.600 participants, il s'agit d'adapter les programmes aux multiples aspects de l'épidémie.

 
La chorale d'enfants Watoto
Des membres de la chorale d'enfants Watoto de Kampala (Ouganda) lors d'un concert à New York pour la Journée mondiale du Sida en 2005.

Washington - D'après les participants à la réunion 2008 des exécutants des programmes de lutte contre le sida qui a eu lieu du 3 au 7 juin en Ouganda, la prévention demeure le point névralgique pour ceux qui élaborent et exécutent les programmes dans le monde entier.

Les « exécutants » sont ceux qui s'emploient à procurer des informations et des services aux personnes touchées par l'épidémie. Il s'agit des représentants d'organismes de proximité et d'associations confessionnelles, d'organisations non gouvernementales, du gouvernement et des ministères, de partenaires internationaux, de groupes de séropositifs, de fournisseurs et de réseaux de services, d'universités et du secteur privé.

« Nous nous sommes très bien distingués au niveau du traitement et nous avons assez bien réussi sur le plan des soins, bien que nous ayons encore un long chemin à parcourir », a déclaré l'ambassadeur Mark Dybul, coordonnateur du plan présidentiel d'aide d'urgence à la lutte contre le sida (PEPFAR), lors d'une réunion d'information le 1er juillet, « mais il y a une prise de conscience réelle que nous traînons sur le plan scientifique et de l'exécution en matière de prévention. Chaque conférencier et chaque chef d'organisation ont souligné la nécessité de se centrer sur la prévention.»

La réunion de cinq jours a été organisée à Kampala sous l'égide du gouvernement ougandais. Cette deuxième réunion annuelle des exécutants avait pour thème l'élargissement des partenariats et l'atténuation des obstacles à leur mise en œuvre et a fait suite à la première réunion qui a eu lieu à Kigali au Rwanda en 2007.

La réunion a été coparrainée par le PEPFAR, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, l'ONUSIDA, l'UNICEF, la Banque mondiale, l'OMS, et le Réseau mondial des personnes vivant avec le VIH/sida.

Sur le terrain

Selon les dernières données recueillies par l'ONUSIDA et l'OMS, le nombre de séropositifs est passé de 29 millions en 2001 à 33,2 millions en 2007. Le nombre des décès est passé de 1,7 million en 2001 à 2,1 millions en 2007, mais il a reculé récemment grâce notamment au fait qu'un nombre plus élevé de personnes sont traitées au moyen d'antirétroviraux.

Les nouvelles infections par le sida qui avaient atteint leur plus haut point à la fin des années 90, étaient tombées de 3,2 millions à 2,5 millions de 2001 à 2007 à la suite des tendances naturelles de l'épidémie et des efforts de prévention. En 2007, 6.800 nouveaux cas par jour ont été dépistés.

À la réunion de Kampala, plus de 1.600 exécutants de 68 pays se sont réunis pour entendre 110 conférenciers et échanger leurs succès et leurs obstacles. Des 1.600 synthèses décrivant toute une gamme de programmes, 391 ont été retenues pour une présentation orale lors de la réunion et 144 pour une présentation sous forme d'affiches.

Simone Kaiser
La chercheuse Simone Kaiser examine des éprouvettes de sang infecté du VIH, dont les cellules rouges et blanches se sont séparées.

La réussite de la réunion, a déclaré Stephen Morrison, directeur général du groupe de travail sur le sida au sein du Centre d'études stratégiques et internationales, « traduit l'influence grandissante des exécutants sur le terrain dans les pays ciblés et au-delà, et le fait que leurs connaissances et expériences sont de plus en plus vitales. »

Les pays ciblés par le PEPFAR, à savoir ceux qui sont le plus touchés par le sida, sont le Botswana, l'Éthiopie, la Côte d'Ivoire, la Guyana, le Mozambique, le Kénya, le Nigéria, Haïti, la Namibie, le Rwanda, le Vietnam, l'Afrique du Sud, la Tanzanie, la Zambie et l'Ouganda.

Nouvelles approches

Parmi les thèmes communs des nombreuses séances plénières, discussions de groupes d'experts et ateliers, on peut noter les suivants : comment accroître le nombre des séropositifs bénéficiant de traitements et de soin, comment les prendre en charge pendant plus longtemps et comment assurer la qualité des soins.

En Afrique de l'Est, l'université Makerere et le programme de recherche de l'armée des États-Unis sur le VIH/sida, qui se poursuit au centre médical militaire de Walter Reed, à Washington, ont lancé une initiative commune en 2007 pour dépister les personnes séropositives difficiles à atteindre dans quatre cliniques rurales dans le cadre de consultations régulières. Le personnel soignant a été formé à l'administration de l'épreuve de dépistage rapide, aux services normaux de conseil et de dépistage, ainsi qu'aux règles à suivre en matière de suivi psychologique. Aujourd'hui, le programme est en train d'augmenter le nombre de personnes séropositives orientées vers les cliniques qui traitent le sida.

La tuberculose est la principale cause mondiale de mortalité des personnes séropositives.  Un partenariat entre le ministère de la santé de Thaïlande et le Centre d'épidémiologie des États-Unis a permis d'établir un réseau de laboratoires provinciaux de tuberculose en Thaïlande qui compte un nombre élevé de cas de tuberculose et une épidémie généralisée de sida. Les partenaires ont mis au point des indicateurs uniformes pour un suivi régulier de la fiabilité de l'analyse des prélèvements et de la sensibilité des patients aux médicaments et pour assurer la qualité des laboratoires.

L'une des meilleures pratiques abordées lors de la réunion est la délégation des tâches (task shifting). L'un des obstacles majeurs qui freinent la lutte contre le sida et l'accès universel aux soins est une pénurie sérieuse de personnel soignant. Selon l'OMS, au moins 57 pays pâtissent d'une grave insuffisance de personnel spécialisé et 36 de ces pays se trouvent en Afrique.

La nouvelle pratique consiste à déléguer certaines tâches à des travailleurs de la santé moins spécialisés. En réorganisant la main-d'œuvre, cette nouvelle répartition des tâches permet d'améliorer les services médicaux en utilisant de manière plus efficace les ressources humaines déjà disponibles.

« Une heure d'un infirmier prescripteur a permis à un médecin de gagner 45 minutes, » a déclaré le docteur Caroline Ryan, directrice des services du programme du Bureau du coordonnateur pour les États-Unis de la lutte contre le sida dans le monde. « Cela a libéré les médecins pour qu'il puissent donner d'autres consultations. »

Plusieurs pays ont déjà adopté cette pratique pour renforcer leurs systèmes de santé et accroître l'accès au traitement et aux soins relatifs au sida. L'OMS, le PEPFAR et l'ONUSIDA sont en train de collaborer pour mettre au point des principes directeurs pour la délégation des tâches.

« La délégation des tâches est une des solutions à la crise du personnel de santé et fait partie de la solution à long terme mais davantage de personnel médical et non médical est nécessaire, » a-t-elle ajouté.

Créer un signet avec :    Qu'est-ce que c'est ?