Élever le niveau de santé dans le monde

29 décembre 2008

Une Saoudienne agit en faveur du rôle des femmes dans le domaine scientifique

Hayat Sindi a créé une entreprise à but non lucratif pour mettre au point des tests médicaux à l'intention des pays en développement.

 
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Hayat Sindi et son équipe
Mme Hayat Sindi, entourée de ses co-équipiers, tient la trophée de victoire de la compétition de l'école commerciale Harvard.

Washington – Hayat Sindi s’est donnée comme mission de « changer la façon dont les sciences et les femmes sont perçues au Moyen-Orient ».

Née en Arabie saoudite où elle a grandi, Mme Sindi a fait des études de biotechnologie à l’université de Cambridge (Royaume-Uni), avant de se rendre aux États-Unis où elle a étudié les moyens de commercialisation des découvertes scientifiques.

Sa détermination à réussir malgré le sexisme a donné des résultats. Elle a fondé une entreprise à but non lucratif, baptisée Diagnostics-For-All ou Diagnostic pour tous, dont l’objectif est de mettre au point des tests médicaux, peu coûteux et jetables, à l'intention des pays en développement. Diagnostics-For-All (DFA) a remporté deux prix prestigieux et espère mettre à l’essai des prototypes sur le terrain d’ici à 2010.

Faisant preuve d'audace, Mme Sindi et ses collègues ont décidé de renoncer à la possibilité d'obtenir des redevances importantes en donnant un statut non lucratif à leur entreprise de manière à aider aussi rapidement que possible ceux qui sont démunis.

Le directeur général de FDA, M. James Barber, a déclaré à America.gov que Mme Sindi était « une femme remarquable », dont la passion était de mettre en pratique les nouvelles technologies au service des pays en développement.

Diagnostics pour tous

Musulmane pratiquante qui porte le voile, Mme Sindi effectuait une visite d’études en tant que scientifique au laboratoire George Whitesides de l'université Harvard quand elle a décidé de s’inscrire dans la même université à un cours intitulé : « Comment inventer de nouvelles techniques scientifiques et les commercialiser ».

À l’époque, des travaux du laboratoire Whitesides portaient sur l'utilisation de papier et de ruban adhésif pour créer un dispositif susceptible de permettre de mesurer, de manière fiable et reproductible, la teneur en protéines et en sucre de l'urine et du sang.

S’inspirant de ce cours, Mme Sindi s’est rendue compte que ce dispositif pouvait former l’élément de base de trousses de tests destinées à être distribuées dans des régions reculées du monde où la population n’a pas accès à des soins médicaux appropriés.

Avec l’accord du laboratoire Whitesides, elle a formé une équipe composée d’autres étudiants de sa classe et de collègues pour rédiger un plan d’affaires et le soumettre à un concours organisé par l’école de commerce de l’université Harvard et à un autre concours de l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT).

DFA a remporté les deux concours, devenant ainsi la première entreprise à but non lucratif à recevoir un prix du MIT.

Une condamnation à perpétuité

« Si je n’avais pas dû quitter l’Arabie saoudite pour pouvoir étudier la biotechnologie, je ne l’aurais pas fait, mais c’était la seule façon, » a dit Mme Sindi. Elle rêve du jour où les universités saoudiennes offriront aussi bien aux étudiantes qu'aux étudiants la possibilité de faire des études supérieures en sciences, à des niveaux comparables à celui des principales universités européennes et américaines.

Mme Sindi a souligné que les crédits budgétaires accordés récemment accordés par l'État saoudien à l’université King Abdullah pour les sciences et la technologie, la première université publique mixte, constituaient un bon pas en avant.

Son message aux femmes d'Arabie saoudite et de tous les autres pays où elles se heurtent au sexisme est de « persévérer » et de « ne pas accepter de réponse négative ». « Les hommes et les femmes sont égaux », mais même aux États-Unis et en Europe ce n’est pas toujours le cas en pratique, a-t-elle dit en racontant qu'un professeur de l'université de Cambridge lui avait soutenu que les femmes ne pouvaient pas réussir dans le domaine de la biotechnologie.

Maintenant qu’elle a prouvé le contraire à tous ses détracteurs, elle constitue un modèle pour d’autres femmes et donne des conférences au Moyen-Orient dans l’espoir de les inspirer à faire de même.

Parce qu’elle porte le voile, Mme Sindi est souvent prise pour une touriste quand elle arrive à une conférence scientifique. Dans ses discours, elle exprime sa colère contre ce qu’elle qualifie de « condamnation à perpétuité, » un jugement superficiel fondé sur son apparence, à savoir : c’est une femme, elle porte le voile, elle est donc incapable de réussir dans le domaine scientifique et d'obtenir des fonds pour ses travaux de recherche.

Elle admet que le sexisme peut être un désavantage quand on souhaite inspirer les autres par l’exemple, surtout dans beaucoup de pays du Moyen-Orient. Toutefois, elle est reconnaissante pour les possibilités qu’elle a eues dans sa vie et insiste que les femmes doivent chercher à concrétiser leurs rêves, malgré les obstacles. « Allez là où vous devez aller pour réaliser votre rêve », dit-elle.

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