08 août 2008
Selon un rapport de l 'ONUSIDA, si le nombre de décès a diminué, la pandémie n'est pas maîtrisée.

Washington - Sous les auspices de l'International AIDS Society, des scientifiques, des responsables politiques, des militants et des malades se sont réunis à Mexico du 3 au 8 août afin de participer à la 17e Conférence internationale sur le sida.
Cette grande réunion sur le sida est convoquée tous les deux ans. Ayant pour thème cette année la promotion d'une action universelle immédiate, elle a commencé le 3 août par des discours du président mexicain Felipe Calderon, du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et de la directrice de l'Organisation mondiale de la santé, Margaret Chan.
« Notre succès dans la lutte contre le sida aura un effet sur tous nos efforts de réduction de la pauvreté, d'amélioration de la nutrition, de maîtrise de la mortalité infantile, de lutte contre le paludisme et la tuberculose, et de renforcement des systèmes de santé », a dit M. Ban, qui a félicité les États-Unis d'avoir récemment adopté une loi prévoyant le décaissement de 48 milliards de dollars au titre de la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme au cours des cinq prochaines années.
« Le sida est la maladie infectieuse la plus complexe, la plus difficile et sans doute la plus dévastatrice dont l'humanité ait jamais souffert. Mais nous avons rallié nos forces pour y faire face », a dit Mme Chan.
« L'histoire de notre réaction peut se résumer ainsi : réclamer de l'action. Nous avons identifié les obstacles et uni nos efforts pour les repousser. Les militants ont fabriqué les voiles. La communauté internationale a construit le navire. C'est la solidarité internationale. »
Une épidémie mondiale
Selon le rapport 2008 de l'ONUSIDA (Programme commun des Nations unies sur le VIH/sida), le nombre d'infections au VIH est tombé à 2,7 millions en 2007 par rapport à 3 millions en 2001. Cependant, le taux de nouvelles infections au virus augmente en Chine, en Indonésie, au Kénya, au Mozambique, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, en Russie, en Ukraine et au Vietnam, et l'incidence du VIH augmente en Allemagne, au Royaume-Uni et en Australie.

La pandémie s'est stabilisée sur le plan de la prévalence (pourcentage des personnes infectées), mais on compte 33 millions de séropositifs dans le monde, et près de 7.500 nouvelles infections chaque jour. Dans les pays à faible ou à moyen revenu, trois millions de personnes reçoivent un traitement antirétroviral.
Le rapport de l'ONUSIDA montre que les efforts combinés des gouvernements, des donateurs, de la société civile et des collectivités concernées peuvent être efficaces. Quelque 105 pays se sont fixé des objectifs et des cibles à atteindre d'ici à 2010 dans le domaine de l'accès universel à la prévention, aux traitements, aux soins et aux services de soutien.
Aux États-Unis, le Centre d'épidémiologie (CDC) a annoncé, le 3 août, une estimation de 56.300 infections au VIH aux États-Unis en 2006. Des estimations précédentes avaient avancé le chiffre de 40.000.
Cette nouvelle estimation est le résultat de la mise en place du premier Système de surveillance nationale basé sur des mesures directes des nouvelles infections. Une analyse publiée séparément par le CDC laisse entendre que le nombre de nouvelles infections est, en gros, stable depuis la fin des années 90.
On en a pas fini avec le sida
Le premier jour de la réunion, le directeur de l'ONUSIDA, le Dr Peter Piot, a pris la parole afin de souligner les succès remportés dans la lutte contre le VIH/sida.
« Pour la première fois, il y a moins de morts et moins d'infections. Pour la première fois, nous avons des preuves tangibles que notre brillante coalition peut déplacer des montages. Tout cela est encourageant, mais il ne s'agit pas de nous reposer sur nos lauriers et, encore moins, de déclarer victoire, parce que le sida n'a pas dit son dernier mot. »
« Lorsque les historiens se pencheront sur la façon dont le monde a réagi au sida, ils décriront une mobilisation internationale sans précédent face à un problème de santé », a déclaré le Dr Jaime Sepulveda, directeur des programmes mondiaux pour la santé à la Fondation Bill et Melinda Gates.
À l'appui de ses dires, il a notamment cité la création de plusieurs programmes (ONUSIDA, Fonds mondial de lutte contre le VIH/sida, le paludisme et la tuberculose, et PEPFAR (Plan présidentiel d'aide d'urgence à la lutte contre le sida, mis en place par les États-Unis), des investissements massifs (tant publics que privés) réalisés en vue de la mise au point de nouveaux médicaments de lutte contre le VIH et, fait sans précédent, la naissance de nouvelles alliances entre personnes victimes de la maladie afin de mobiliser les volontés.