09 avril 2008
Quelque 1.700 délégués devraient y assister.
Washington - Les exécutants des programmes de lutte contre le sida qui apportent une aide à un nombre croissant de personnes en matière de prévention, de traitement et de soins dans les 15 pays les plus touchés par cette maladie vont se réunir du 3 au 7 juin à Kampala (Ouganda) en vue d'échanger des informations sur ce qu'ils ont appris et sur ce qui peut être utile pour l'élaboration de nouveaux programmes.
Le thème de cette deuxième réunion annuelle, qui fait suite à celle de Kigali (Rwanda) en 2007, porte sur l'élargissement des partenariats et sur l'atténuation des obstacles à leur mise en œuvre.
Selon le coordonnateur adjoint de l'action des États-Unis en matière de lutte contre le sida à l'étranger, le docteur Thomas Kenyon, « les exécutants transmettront à d'autres personnes à leur retour dans leur pays les enseignements tirés de l'expérience. C'est là un domaine important. Cette réunion s'adresse aux gens qui travaillent sur le terrain et qui souvent n'ont pas voix au chapitre sur la scène mondiale. »
Au moins 1.700 personnes devraient assister à cette réunion. Elles représenteront les pouvoirs publics, des organisations non gouvernementales, des organisations multilatérales, le secteur privé et des associations de séropositifs.
Organisée sous l'égide du gouvernement ougandais, la réunion est parrainée par le PEPFAR (le plan d'aide d'urgence des États-Unis à la lutte contre le sida), le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, l'ONUSIDA, l'UNICEF, la Banque mondiale, l'Organisation mondiale de la santé et le Réseau mondial des personnes vivant avec le VIH-sida.
Les pays bénéficiaires de l'aide du PEPFAR sont : l'Afrique du Sud, le Botswana, la Côte d'Ivoire, l'Éthiopie, la Guyane, Haïti, le Kénya, le Mozambique, la Namibie, le Nigéria, l'Ouganda, le Rwanda, le Vietnam et la Zambie.
Les participants à la réunion de Kampala doivent, à l'aide de présentations, de dialogues et de la constitution de réseaux, définir les grands obstacles et échanger des informations qui auront une incidence directe sur l'exécution des programmes de lutte contre le sida dans les années à venir.
« On observe des progrès, a dit le docteur Kenyon. Le Botswana, par exemple, a donné de l'ampleur à son action, et plus de 90 % des personnes qui avaient besoin d'une thérapie antirétrovirale en bénéficient. Ce pays a commencé d'inverser la diminution de l'espérance de vie que l'on avait constatée au cours des années 1990 et depuis le début de notre siècle. »
Les obstacles à l'exécution des programmes de lutte contre le sida comprennent l'absence d'agents sanitaires en Afrique, la nécessité d'intégrer les services médicaux de manière à tenir compte des co-infections telles que la tuberculose et le paludisme, ainsi que la nécessité de la coordination par le pays bénéficiaire des activités de ses partenaires en matière de développement.
« L'Afrique, a fait remarquer le docteur Kenyon, représente plus de 80 % des décès dus au sida dans le monde et elle n'a que 3 % des professionnels du secteur de la santé du monde. Il s'ensuit qu'elle est accablée par ce problème. Toutefois, il existe dans ce continent des gens très compétents et très brillants. »
Les programmes mis en œuvre dans les pays africains, a-t-il dit, doivent tirer parti des ressources humaines existantes, en particulier des agents sanitaires peu qualifiés et des bénévoles à qui on peut apprendre à exécuter les prestations nécessaires.
C'est en 2003 que le président Bush a lancé le plan d'aide d'urgence à la lutte contre le sida à l'étranger (PEPFAR) dont la dotation est de 15 milliards de dollars répartis sur cinq ans. Il s'agit là de l'initiative la plus importante destinée à lutter contre une seule maladie à l'étranger.
En 2007, le président a demandé au Congrès de doubler cette dotation de manière à la faire passer à 30 milliards de dollars pour les cinq prochaines années. La Chambre des représentants et le Sénat n'ont pas encore voté les crédits budgétaires nécessaires. Le 2 avril, la Chambre des représentants a cependant adopté par 308 voix contre 116 un texte de loi en vue du renouvellement de la loi sur le PEPFAR, et le Sénat est sur le point d'examiner un texte de loi à cet effet.
Le vote de la Chambre des représentants, a dit le docteur Kenyon, constitue un signe positif pour les personnes qui ont besoin de prestations sans interruption.
Le PEPFAR a déjà permis de faire bénéficier d'un traitement quelque 1,4 million de séropositifs dans les 15 pays d'Afrique subsaharienne, d'Asie et du continent américain qui en bénéficient.
Il établit des partenariats avec des collectivités locales et également des associations locales, dont des associations confessionnelles, en vue du financement de leurs activités en matière de prévention, de traitement et de prise en charge.
À ce jour, son aide financière a permis la fourniture de conseils et de tests de dépistage à 33 millions d'hommes, de femmes et d'enfants, l'administration de soins à près de 6,6 millions de personnes, dont 2,7 millions d'orphelins et d'enfants vulnérables, la prévention de la transmission du VIH de la mère à l'enfant depuis le mois d'octobre 2004 chez 10 millions de femmes enceintes et la prévention de la contamination de 157.000 nouveau-nés.
« On compte encore tous les jours 5.700 décès dus au sida dans le monde. Plus nous offrirons des soins et un traitement, plus nous pourrons réduire ce chiffre », a souligné le docteur Kenyon.