20 mai 2009
Le président salue les initiatives du MCC en faveur des pays qui luttent contre la corruption.

Washington - Le président Obama a demandé au Congrès d'allouer 1,42 milliard de dollars à la Société du Compte du millénaire (MCC) pour l'année budgétaire 2010 qui commencera le 1er octobre 2009, ce qui constitue une augmentation de 63 % par rapport au total alloué pour l'année budgétaire en cours.
Il est clair, au vu d'un tel montant, que le gouvernement Obama entend appuyer en particulier les initiatives ant-corruption de la MCC dans le cadre de son plan général de réduction de la pauvreté dans le monde, a déclaré Alicia Phillips Mandaville, cadre supérieur de la MCC lors d'une discussion en ligne donnée sur America.gov le 19 mai.
La MCC a récemment renforcé ses critères d'évaluation des mesures adoptées par les pays à faible ou à moyen revenu pour prévenir et détecter la corruption et à y remédier. À cette fin, elle utilise des indicateurs de gouvernance établis par la Banque mondiale, des données obtenues par des sondages menés auprès d'entreprises et de particuliers sur leurs expériences relatives à la corruption au sein des gouvernements de leurs pays, et des informations fournies par des spécialistes de la lutte anti-corruption, a précisé Mme Mandaville.
Depuis 2005, la MCC a déboursé quelque 250 millions de dollars par le truchement de son « programme du seuil » qui appuie les initiatives anti-corruption dans 14 pays d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine. Cette assistance « seuil » cible les pays qui sont près de devenir admissibles aux programmes de la MCC, dont ils pourront bénéficier une fois qu'ils auront rempli les conditions de bonne gouvernance.
Le gouvernement de la Zambie, par exemple, a utilisé des fonds du « seuil » de la MCC pour élaborer une stratégie de réduction de la corruption dans les bureaux de douane - une amélioration qui est particulièrement utile aux personnes qui s'occupent de commerce extérieur, a souligné Mme Mandaville.
Le Paraguay utilise des fonds du « seuil » de la MCC pour combattre la corruption dans la fonction publique, ce qui incite les citoyens à mieux respecter la réglementation officielle relative par exemple, aux actes de mariage et aux licences commerciales, a-t-elle ajouté.
La MCC détermine également l'admissibilité des pays à recevoir de l'assistance sur la base de normes strictes dans les domaines de la croissance économique, de la protection de l'environnement et de l'égalité entre les sexes.
La MCC est basée à Washington et les projets qu'elle finance sont gérés par les pays auxquels les fonds sont octroyés, et ce par le biais des bureaux du Compte du millénaire sur le terrain. La MCC coordonne ses dons financiers avec l'Agence des États-Unis pour le développement international (l'USAID) qui, elle, fournit les compétences techniques. Le directeur de la MCC est désigné par le président et sa nomination doit être confirmée par le Sénat. Un conseil d'administration présidé par la secrétaire d'État détermine les pays qui bénéficieront des initiatives du MCC et les projets qui seront financés.
Lors de la discussion en ligne sur America.gov, Mme Mandaville a répondu à des questions provenant des quatre coins du monde. Dans l'une de ses réponses, elle a dit que les mesures d'incitation sont plus efficaces que les sanctions ou autres « punitions » quand il s'agit d'aider les pays à redoubler d'efforts pour améliorer leur politique dans un domaine particulier.
Toujours le 19 mai, le conseil d'administration de la MCC a décidé par voie de vote d'annuler le don de 110 millions de dollars qu'il avait accordé à Madagascar dans le cadre d'un programme quiquennal de lutte contre la pauvreté. Celui-ci avait été suspendu au moment du changement non démocratique de gouvernement qui était survenu dans ce pays au début de 2009.
Dans un communiqué de presse, la MCC indique que le Compte du millénaire pour Madagascar continuera à fonctionner jusqu'à ce qu'il soit possible d'y mettre fin sans porter atteinte à la santé et à la sécurité du public ainsi qu'à l'environnement. Elle ajoute qu'elle œuvre pour s'assurer que le sort des ressources déjà allouées à ce programme par le contribuable américain « soit clairement déterminé dans le cadre de ce processus ».