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20 juillet 2009

Le commerce entre les É.-U. et l’Afrique améliore le niveau de vie sur tout le continent

Un entretien M. Lloyd Pierson, président de la Fondation des États-Unis pour le développement africain.

 
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Lloyd Pierson et les artistes rwandaises du projet Gahaya Links
M. Lloyd Pierson, le président de l'USADF, entouré des artistes hutues et tutsies du projet Gahaya Links au Rwanda.

Washington - Améliorer la vie des Africains au niveau local, bâtir de nouvelles entreprises et appuyer la réconciliation à l’issue des conflits : tels sont les objectifs de la Fondation des États-Unis pour le développement africain (USADF de son sigle anglais) qui est l’un des principaux partenaires du Forum de la Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique subsaharienne (AGOA) qui se tiendra à Nairobi (Kénya) en août.

Le Forum de l’AGOA - tenu annuellement dans le but d’examiner et d’améliorer les relations commerciales entre les États-Unis et l’Afrique - sert « un objectif commun » qui est de créer « une qualité de vie meilleure pour les Africains », a déclaré Lloyd Pierson, président directeur général de l’USADF.

Lors d’un entretien accordé le 16 juillet à America.gov, M. Pierson a évoqué son rôle au Huitième Forum de l’AGOA qui se tiendra du 4 au 6 août à Nairobi sur le thème « Réaliser tout le potentiel de l’AGOA par l’accroissement du commerce et des investissements ».

Il a décrit l’AGOA comme « l’une des missions les plus nobles non seulement sur le continent africain, mais aussi pour les consommateurs dans d’autres pays du monde - et cette mission est de contribuer à créer une meilleure qualité de vie pour toutes les personnes impliquées ».

En tant que partenaire de cette mission, l’USADF améliore les conditions de vie au niveau local. « Notre mission est unique et différente de celles de toutes les autres agences fédérales d’aide à l’étranger », a dit M. Pierson. « D’abord, il y a une différence dans les populations que nous ciblons. La Fondation des États-Unis pour le développement africain concentre ses efforts sur les populations les plus marginalisées de l’Afrique subsaharienne. Nous œuvrons de concert avec les populations d’anciens esclaves dans le sud de la Mauritanie, avec les malvoyants au Sénégal, avec les veuves du génocide au Rwanda et avec les femmes masaïs en Tanzanie. Ce sont des populations marginalisées, et nous voulons les aider à trouver des revenus et des emplois. »

L’USADF intervient dans 20 pays africains, mais elle n’a aucun bureau hors du continent africain, a souligné M. Pierson. « Tous nos programmes sont gérés par des Africains. Nous n’avons pas de grands cabinets d’experts-conseils. Nous n’avons pas de petits cabinets d’experts-conseils. Nous avons des Africains qui sont sur place pour gérer les programmes, pour se rendre dans les collectivités et s’occuper des populations marginalisées, afin d’obtenir de bons résultats et créer des emplois au niveau local. »

M. Pierson a souligné que « les communautés marginalisées de l’Afrique ne doivent pas être exclues de l’économie mondiale. Quand vous vous penchez sur tout ce que les gens peuvent accomplir à différents niveaux - le soi-disant milliard du bas de l’échelle - il est très impressionnant et satisfaisant de les voir générer des revenus et participer à l’économie internationale. C’est pourquoi nous collaborons très étroitement avec l’AGOA », avec les quatre centres régionaux d’information sur le commerce de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) et avec d’autres agences du gouvernement américain pour promouvoir le commerce et la croissance économique, a indiqué M. Pierson.

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Des panniers et autres objets tissés par des artistes rwandaises
Plus de 35,000 paniers et autres objets tissés créés par les femmes du projet Gahaya Links ont été vendus dans des magasins Macy’s.

Par exemple, a-t-il précisé, l’USADF a réussi à faire parvenir des paniers tissés au Rwanda à Macy’s (au grand magasin des États-Unis), des décorations faites par des femmes masaïs à Hallmark (une chaîne de magasins de cadeaux et de cartes de vœux aux États-Unis), des mangues de Tanzanie sur les marchés du Proche-Orient et du lait de chamelle sur le marché international pour la fabrication de fromage. De nouvelles possibilités ont été créées de toutes sortes de façons. »

Appliquer l’AGOA au niveau personnel, a dit M. Pierson, c’est quand les peuples marginalisés, grâce au pouvoir économique qu’on leur apporte, peuvent tout d’un coup nourrir leur famille et acheter des produits sur le marché, « et c’est réellement une inspiration » pour tout le monde de voir « ces changements positifs très significatifs dans leur vie de tous les jours ».

« Dans le courant de l’année, nous signerons environ 150 accords de dons dans les 20 pays où l’USADF a des activités. Nous ne les signerons évidemment pas tous à Nairobi, mais il y en aura qui seront prêts et qui seront signés lors d’une cérémonie organisée en marge de ce Forum, puis l’assistance financière commencera immédiatement à parvenir aux collectivités locales », a indiqué M. Pierson.

Il a ajouté que ces dons étaient importants non seulement parce que les États-Unis aidaient l’Afrique, mais aussi parce que les Africains eux-mêmes jouaient un rôle dans ces programmes. «L’essentiel est de voir ce que les Africains font et peuvent faire eux-mêmes. Alors, quand je signe un de ces accords, je le fais toujours en compagnie d’un haut responsable du pays africain concerné. »

M. Pierson est ancien administrateur adjoint pour l’Afrique de l’USAID et ancien directeur du programme du Corps de la Paix au Botswana, au Ghana, en Namibie et au Swaziland. Il a inauguré le programme du Corps de la Paix au Zimbabwe et a également occupé le poste de directeur international par intérim de cette agence.

Alors que l’USAID œuvre au niveau « macroéconomique » avec un objectif plus vaste d’aide humanitaire, M. Pierson a expliqué que l’USADF portait son attention sur le développement au niveau microéconomique, et que ses projets ne dépassaient pas les 250.000 dollars. Il a souligné que les effets des nombreux programmes du gouvernement des États-Unis en Afrique, qui mettent l’accent à la fois sur le développement, la démocratie et la bonne gouvernance, montraient que l’aide américaine à la région « donne de bons résultats » et avait amélioré de nombreuses manières la vie des Africains sur tout le continent.

L’un des projets particulièrement réussis de l’USADF a été celui de Gahaya Links au Rwanda ; il avait démarré avec 20 Rwandaises hutues et tutsies dans le but de bâtir la réconciliation à l’issue du génocide de 1994 dans ce pays. « Ce programme, qui a commencé avec 20 veuves du génocide, compte maintenant près de 4.000 participants, en majorité des femmes (…) qui fabriquent des objets d’artisanat. » L’an dernier, elles ont vendu 35.000 paniers à Macy’s, a dit M. Pierson. Avec de tels résultats, « elles font partie de l’économie mondiale ».

Ce projet, a noté M. Pierson, a commencé à la base pour devenir « une entreprise réelle qui continue à faire des affaires ».

« Comme vous le savez, les hydrocarbures constituent la majorité des exportations africaines », a dit M. Pierson. Mais ce projet est une exception qui a permis de créer des emplois et « de fournir des bénéfices sociaux au service d’un objectif commun, d’enseigner les éléments d’une bonne nutrition, de fournir une formation professionnelle », et de promouvoir la paix et la réconciliation.

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