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02 juillet 2009

Carnet de voyage : le fondateur du projet « Vélo de village » au Bénin

 
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La boutique de bicyclettes de Saliou à Natitingou (Bénin).
La boutique de bicyclettes de Saliou à Natitingou au Bénin. Saliou vend des pièces détachées et voyage dans toute la région.

L'Américain David Peckham s'est rendu au Ghana en 1999 pour étudier les moyens d'augmenter le nombre de vélos à la disposition de la population. Peu de temps après naissait son projet, le Village Bicycle Project. Depuis lors, ce projet s'est étendu à une douzaine de pays d'Afrique, où 36.000 vélos ont été donnés, 5.000 personnes formées à l'entretien des bicyclettes et 15.000 outils distribués. En 2005, le projet s'est associé à l'association Bikes for the World en vue d'assurer la livraison de vélos à plusieurs pays africains.

Juin 2009

En décembre 2008, je me suis rendu du Ghana au Bénin pour me renseigner sur l'utilisation des vélos dans le nord du pays. Je suis arrivé à Natitingou, une ville entourée de collines ou « montagnes » comme les appellent les habitants. Natitingou est le centre commercial de tout le nord-ouest béninois, situé sur la route principale qui mène de Cotonou, le port principal du Bénin, au Burkina Faso voisin. Des dizaines d'énormes camions-citernes immatriculés au Mali traversent Natitingou chaque jour. Je pense qu'ils transportent du brut. Leur trajet de plus de 1.600 kilomètres est extrêmement inefficace, onéreux et dangereux.

À Natitingou, il y a quatre fois plus de vélomoteurs, ou motos, que de bicyclettes. Le prix minimum d'un vélomoteur est d'environ 600 dollars et beaucoup d'hommes en font leur gagne-pain en les utilisant comme « motos-taxis ». J'ai vu deux éléments significatifs de la réglementation au Bénin qui favorisent les motos. En premier lieu, il semble qu'il ne soit pas nécessaire d'obtenir des plaques d'immatriculation ; je n'en ai vu aucune sur les motos. Et les autorités ferment les yeux sur l'essence apportée en contrebande du Nigéria voisin où le carburant n'est pas cher. Il est vraisemblable que des dizaines de milliers de Béninois ingèrent quotidiennement de petites quantités d'essence vu que la majeure partie du carburant vendu au Bénin est siphonnée d'un réceptacle à un autre. Sur le côté de l'autoroute de Cotonou, on peut acheter de l'essence vendue dans des bouteilles de 20 litres, les stations d'essence étant rares au Bénin.

La plupart des bicyclettes que j'ai vues étaient des modèles européens d'occasion. J'ai vu une demi-douzaine de vélos d'occasion importés du Japon qui se vendaient 90 dollars - soit près du double du prix que vous paieriez au Ghana.

À Natitingou, je n'ai trouvé que trois ou quatre mécaniciens ; les outils que j'avais avec moi les ont beaucoup intéressés et ils ne m'ont fait payer que le quart de ce qu'on m'aurait demandé au Ghana.

J'ai entamé une conversation avec l'un d'entre eux, Abel. Il m'a dit que la plupart des vélos qu'il devait réparer avaient besoin de pneus et de chambres à air. Il en avait une trentaine dans sa boutique, et chez lui, il y en a qu'il garde depuis cinq ans. Abel a dit que les pneus et chambres à air fabriqués en Asie ne valent rien, parce que celles-ci laissent échapper l'air, souvent par des fentes le long du boyau.

On s'était plaint du même problème au Ghana, mais il ne semblait pas aussi grave. Les propriétaires de vélos au Ghana paient plus pour acheter des chambres à air crevées mais fabriquées aux États-Unis que pour des nouvelles importées de Chine. Apparemment, l'Afrique a besoin de beaucoup plus de pneus et de chambres à air.

J'ai aussi rencontré Saliou, qui vend des pièces détachées et voyage dans toute la région les jours de marché. Il a beaucoup plus de pièces détachées pour les motos utilisées sur les routes que pour les vélos utilitaires tout-terrain que l'on trouve de plus en plus fréquemment. Saliou m'a dit qu'il va à Lomé, au Togo, pour acheter des pièces pour les vélos. Étant donné que Lomé n'est qu'à 171 kilomètres d'Accra, j'ai noté la possibilité d'un partenariat.

Quand je suis rentré au Ghana, j'ai été surpris par l'odeur des chemises que j'avais portées au cours de mon voyage au Togo et au Bénin ; elles avaient une odeur très forte de gaz d'échappement. Les villes sont envahies par des essaims de motos en colère. Je ne peux pas imaginer les problèmes respiratoires qui menacent la population.

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