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01 juillet 2009

« Le Corps de la Paix est né aux États-Unis mais il a appris à marcher au Ghana »

Des liens privilégiés depuis près de 50 ans

 
Michael Koffman
Le directeur du Corps de la paix, M. Michael Koffman affirme que le Ghana est un pays pacifique qui se tourne vers l'avenir.

Washington - Le Corps de la paix, un des legs les plus durables du président John Kennedy, a été lancé au Ghana en 1961. Près d'un demi-siècle plus tard, cet organisme est toujours actif dans ce pays d'Afrique de l'Ouest où ses bénévoles travaillent dans divers domaines, dont l'éducation, la formation de soignants, l'assainissement, la gestion des ressources naturelles et la promotion des petites entreprises.

« Le Corps de la paix est né aux États-Unis mais il a appris à marcher au Ghana », a dit à America.gov son directeur pour le Ghana, M. Michael Koffman.

La première vague de bénévoles à se rendre à l'étranger est arrivé à l'aéroport d'Accra le 30 août 1961. Ces 52 jeunes Américains idéalistes avaient répondu à l'appel lancé par le président Kennedy lors de son discours d'investiture : « Ainsi, mes compatriotes, ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous - demandez plutôt ce que vous pouvez faire pour votre pays ».

En 1961, les bénévoles du Corps de la paix travaillaient sur des projets d'éducation et d'alphabétisation. Au cours des années 1970 et 1980, les activités du Corps de la paix couvraient de nouveaux domaines, comme l'enseignement des mathématiques, des sciences, des affaires, et de la langue française dans les écoles secondaires, de même qu'une éducation spécialisée pour les handicapés mentaux, la formation d'enseignants et la technologie agricole - « un éventail très, très vaste » de projets, selon M. Koffman.

En dépit des coups d'État et d'autres troubles politiques, la présence du Corps de la paix au Ghana n'a jamais été interrompue depuis l'arrivée des premiers bénévoles en 1961, un fait rare parmi les pays en développement. « Le Ghana s'est révélé comme un endroit stable, même quand les Ghanéens réglaient leurs questions internes entre eux », a souligné M. Koffman. « Le gouvernement et le peuple du Ghana se sont toujours montrés chaleureux envers les bénévoles et leur sécurité personnelle n'a jamais été en danger. Le Ghana a toujours été très attaché à ses relations avec le Corps de la Paix. C'est pourquoi ces relations continuent d'être très solides. »

Le Ghana est un pays de plus en plus mûr sur le plan politique, comme l'a montré l'élection de décembre 2008 qui a amené au pouvoir le président John Atta Mills, et cela contribue à ces relations. « L'élection s'est déroulée dans un esprit empreint de respect, et sans violence », a dit M. Koffman. « Cela montre que le Ghana est un pays pacifique qui se tourne vers l'avenir ». L'élection de décembre représente la cinquième passation de pouvoir pacifique dans ce pays et la deuxième fois qu'un parti d'opposition remporte la présidence.

Agrandissement
Ralph Bernstein et ses élèves ghanéens
Ralph Bernstein, 85 ans, était le volontaire le plus âgé du Corps de la paix lorsqu'il est parti au Ghana pour être enseignant en 2008.

Quand le président Obama se rendra au Ghana en juillet, 132 bénévoles seront à l'œuvre dans ce pays, tandis que 63 nouveaux venus achèveront leur formation sur le terrain ; 40 % des volontaires du Corps de la paix au Ghana enseignent les sciences et l'informatique dans des écoles secondaire. « Il y a un très, très grand intérêt pour les ordinateurs. Les jeunes Américains ont beaucoup de talents qu'ils peuvent partager dans ce domaine », a souligné M. Koffman. Certains bénévoles du Corps de la paix ont reçu une formation dans le langage gestuel et enseignent les arts visuels dans une école pour les malentendants.

Dans le programme de gestion des ressources naturelles, M. Koffman a mis en relief le fait que les bénévoles aident les Ghanéens à planter des moringas afin de récolter et de vendre les feuilles de ces arbres qui ont une très grande valeur nutritive.

Dans le secteur de la santé et de l'assainissement, les bénévoles cherchent à sensibiliser la population au sida et au paludisme et aux méthodes de prévention de ces maladies. Ils vont de village en village, souvent à bicyclette, pour rencontrer les habitants et faire des exposés sur ces thèmes sous des cocotiers. « Les possibilités de contribuer se présentent sous toutes les formes. Nous disons aux bénévoles de faire ce qu'ils peuvent, quand ils le peuvent et où ils le peuvent », a précisé M. Koffman.

Pour promouvoir le développement des petites entreprises, les bénévoles montrent aux habitants des villages comment établir de petits groupes d'épargne, en acceptant des contributions minimes, même d'un dollar par semaine, pour ajouter au fonds qui permettra de faire des prêts à court terme à ses membres. « Si une personne emprunte une petite somme et la repaie, alors l'argent circule dans le village et cela a un effet extraordinaire », a déclaré M. Koffman.

Le Corps de la paix mûrit

Depuis que le Ghana et le Corps de la paix ont commencé à coopérer, il y a une cinquantaine d'années, l'un et l'autre ont subi des transformations.

Parmi les principaux changements, on peut noter que le Corps de la paix recrute de nos jours des bénévoles plus âgés, bien que les qualités fondamentales de ses volontaires soient les mêmes pour tous les âges, à savoir la générosité et le goût de l'aventure. L'an dernier, le Ghana a été l'hôte du bénévole le plus âgé envoyé sur le terrain par le Corps de la paix, en l'occurrence Ralph Bernstein, 85 ans, qui a enseigné la biologie, la chimie et la physique dans une école secondaire locale.

Lors de son mandat à la tête du Corps de la paix de 2006 à 2008, Ron Tschetter a lancé une initiative visant à accroître le nombre de bénévoles âgés de plus de 55 ans, de 5 à 15 %. Bien que M. Bernstein ait quitté le Ghana, il y a encore des bénévoles qui ont plus de 60 ans dans le pays, ajoutant leurs contributions à celles des membres plus jeunes du Corps de la paix. M. Tschetter a noté qu'il y a des dizaines de millions d'Américains nés après la Seconde Guerre mondiale qui prennent leur retraite de nos jours ; ils sont en bonne santé et souhaitent contribuer à améliorer le monde. Un grand nombre d'entre eux ont dit qu'ils ont rejoint le Corps de la paix à cet âge avancé parce qu'ils n'avaient jamais oublié l'appel initial lancé par le président Kennedy à rendre service aux autres.

« Les bénévoles âgés n'ont pas la même énergie que les jeunes, mais ils ont de l'expérience et peuvent beaucoup accomplir sans perdre de temps. Ils sont tout aussi efficaces, sinon plus, notamment au Ghana où les personnes âgées sont respectées », a dit M. Koffman. « Les bénévoles âgés offrent aux plus jeunes des points de vue qui leur permettent de mieux réussir. »

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