08 janvier 2009
Leur objectif : améliorer l'économie et la vie des populations éprouvées par le tsunami.

Washington - Il y a 4 ans, un tsunami dans l'océan Indien a balayé des régions côtières en Asie et en Afrique, faisant plus de 200.000 morts, détruisant de nombreuses villes et privant des millions de personnes de leurs moyens de survie.
En 2008, l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) a achevé au Sri Lanka la construction d'un nouveau pont, bâti neuf collèges d'enseignement technique et fourni tout le matériel nécessaire à leur fonctionnement, remis en service trois ports de pêche, installé un système d'approvisionnement en eau et construit 87 jardins de jeu pour les enfants. De nombreux autres projets de l'USAID ont permis de bâtir ou de reconstruire des écoles, des bibliothèques et des routes.
« Notre objectif était de rebâtir en les améliorant les constructions qui existaient avant », a dit Rebecca Cohn, directrice de mission pour l'USAID au Sri Lanka.
Pour tenter de réduire les tensions qui existent, dans le sud et l'est du Sri Lanka, entre les communautés singhalaises, tamoules et musulmanes, l'USAID a délicatement équilibré les projets de reconstruction de manière à ce qu'ils soient équitablement bénéfiques à tous les groupes, a précisé Mme Cohn.
Les récents travaux au Sri Lanka, a-t-elle dit, sont les derniers exemples de l'assistance fournie par les États-Unis à ce pays, au cours des années écoulées depuis le passage du tsunami - une assistance qui a commencé par la réponse immédiate du gouvernement des États-Unis, du peuple américain et d'organisations privées pour acheminer des produits de première nécessité aux populations éprouvées par le tsunami.
Le total des fonds fournis par l'USAID pour l'aide aux victimes du tsunami et aux projets de reconstruction au Sri Lanka s'élève à plus de 134 millions de dollars, plus 3 autres millions en faveur de la république des Maldives, où, en 2008, l'USAID a aidé à installer de nouveaux systèmes d'assainissement d'eau.
Des organisations privées américaines - notamment AmeriCares, la fondation Bush-Clinton, le Comité judéo-américain de distribution, la fondation Mellon, la compagnie d'assurances Prudential of America et Chevron-Caltex - ont versé près de 5 millions de dollars pour des projets de reconstruction.
Le pont de la baie d'Arugam
Le nouveau pont de la baie d'Arugam sert de lien entre les quelque 45.000 personnes de trois ethnies différentes qui vivent dans la région de Pottuvil, d'Arugam et de Panama, dans le sud-est du pays, et le reste du territoire sri-lankais.
Les lumières qui illuminent, la nuit, ce pont de 185 mètres, font qu'il est devenu, sans qu'on s'y attende, « l'endroit où les familles se réunissent entre elles, le soir, et où les communautés organisent des réunions informelles », a dit Mme Cohn.
« Cela est particulièrement significatif dans cette région rurale où, pendant des années, les villages étaient restés séparés les uns des autres, selon leur ethnie », a dit à America.gov la porte-parole de l'USAID, Lorna Middlebrough.
Ce projet a également apporté des avantages financiers aux habitants de la région, l'USAID ayant embauché dans la région des charpentiers, des maçons et des ouvriers du ciment, qui ont fait 80 % du travail de construction du pont. Celui-ci donnera un coup de pouce à l'économie locale et servira à promouvoir le tourisme de cette région connue pour ses belles plages.

« Les gens peuvent maintenant traverser le grand lagon d'Arugam en sécurité avec leurs familles, aller chercher ce dont ils ont besoin, prendre leur riz et autres produits agricoles (au marché), et participer à la reconstruction de leur pays dans cette zone autrefois éprouvée par le tsunami et susceptible aux conflits », a dit Rick Robertson, un contractuel de l'USAID qui travaille pour la compagnie internationale d'ingénierie et de reconstruction, CH2M HILL, basée à Denver.
Les écoles vocationnelles
Pour renforcer l'économie du pays en formant les jeunes gens dans divers métiers, l'USAID a bâti, dans l'est et le sud du Sri Lanka, neuf nouvelles écoles vocationnelles et fourni tout l'équipement nécessaire. Ces centres d'éducation enseigneront à 2,000 étudiants par an, 16 métiers différents - entre autres, ceux de maçon et de plombier, de même que la soudure, la couture, la mécanique et l'informatique.
L'ambassadeur américain au Sri Lanka et aux Maldives, Robert Blake a dit : « De toutes les initiatives lancées par les États-Unis pour aider au redressement du Sri Lanka suite au tsunami, la promotion de la formation vocationnelle est, dans de nombreux aspects, notre projet le plus important. Former des jeunes gens à ces métiers les aidera à obtenir, dans un proche avenir, du travail bien payant, et aidera à améliorer à la fois les revenus des familles et la situation économique des diverses régions du Sri Lanka et de tout le pays en général ».
L'USAID a aussi travaillé étroitement avec les entreprises et commerces sri-lankais pour déterminer quels sont les métiers les plus sollicités et pour mettre au point les cours appropriés afin que les talents acquis par les étudiants servent les besoins de l'économie et renforce sa croissance.
« Cette approche, conjuguée à des centres éducatifs et du matériel de première classe, a amélioré la façon dont est perçue la formation vocationnelle au Sri Lanka et elle a servi de modèle que le gouvernement sri-lankais pourra envisager quand il planifiera des projets pour le secteur privé », a dit Mme Cohn.
La plupart des nouveaux projets de construction ont été mis au point avec des normes de haute qualité environnementale. L'une de ces écoles professionnelles a été la première de la région à répondre aux normes « vertes » de l'industrie du bâtiment, obtenant la certification LEED de durabilité, catégorie Argent.
Ports de pêche
En juillet, l'USAID a mis la dernière main à des projets de rénovation et d'expansion de trois ports de pêche, à hauteur de 13 millions de dollars, renforçant l'industrie halieutique du pays et améliorant les perspectives économiques de 15.000 familles dans le sud du Sri Lanka.
Les projets de construction ont été mis au point avec l'apport des collectivités locales. En planifiant les rénovations des ports, l'équipe de l'USAID a eu des consultations avec les pêcheurs de la région pour s'assurer que les installations répondront à leurs besoins, a dit Mme Cohn. Exemple : l'endroit où ont été installés les salles de ventes aux enchères et les éviers a été déterminé avec l'aide de ceux qui s'en serviraient le plus, une fois les travaux de rénovations terminés.
Des systèmes de traitement d'eau potable
Aux Maldives, deux centres de dessalement de l'eau de mer, utilisant la technique d'osmose inverse, fournissent maintenant de l'eau potable à 9.000 habitants qui, auparavant, n'y avaient jamais eu accès.
Dans le sud-est du Sri Lanka, un nouveau système d'assainissement et d'approvisionnement fournit, depuis novembre, de l'eau traitée à plus de 40.000 personnes - les premiers à disposer d'un tel service.
« Les écoliers remplissent même des seaux d'eau traitée à l'école pour rapporter de l'eau propre chez eux », a dit Mme Cohn.