Aide à l'étranger | La générosité au service du développement

20 août 2009

Les É.-U. marquent la Journée humanitaire mondiale en augmentant leur aide à l'étranger

 
Eric Schwarz
M. Eric Schwarz, le secrétaire d'État adjoint pour les questions relatives aux populations, aux réfugiés et à la migration.

Washington - Des responsables du gouvernement des États-Unis ont marqué la première Journée humanitaire mondiale en annonçant l'octroi de 160 millions de dollars supplémentaires à des initiatives humanitaires mondiales et en priant les gouvernements et les parties impliquées dans les zones de conflits de par le monde de sauvegarder la sécurité des travailleurs humanitaires.

Dans un communiqué diffusé le 19 août, la secrétaire d'État, Mme Hillary Clinton, a dit que la communauté internationale marquait la Journée humanitaire mondiale dans le but de sensibiliser le public aux activités des groupes et des bénévoles humanitaires et de rendre hommage à l'aide qu'ils apportaient aux personnes les plus vulnérables dans le monde.

La Journée humanitaire mondiale a été établie par l'Assemblée générale des Nations unies en 2008 ; la date du 19 août avait été choisie pour commémorer les victimes de l'attentat à la bombe perpétré en 2003 contre l'hôtel Canal de Bagdad ; 22 personnes avaient été tuées, dont le représentant spécial de l'ONU et ancien Haut commissaire des droits de l'homme, Sergio Vieira de Mello.

« La réussite de nos réactions collectives aux crises humanitaires dépend de l'engagement désintéressé et du dévouement des travailleurs humanitaires professionnels », a dit Mme Clinton, ajoutant qu'ils faisaient de plus en plus l'objet d'attaques violentes ; en 2008, celles-ci ont fait un nombre record de victimes : 260 travailleurs humanitaires tués, enlevés ou gravement blessés.

Mme Clinton a exhorté les gouvernements et toutes les parties dans les zones de conflit « à accorder le plus d'attention possible à la sécurité du personnel humanitaire ».

Dans un communiqué séparé, la représentante permanente des États-Unis à l'ONU, Mme Susan Rice, a fait l'éloge « de ces vrais héros trop souvent inconnus » qui constituent la communauté de l'aide humanitaire.

« Ils protègent les personnes les plus vulnérables de par le monde, leur donnent à manger et viennent à leur secours. Leur exemple nous inspire », a déclaré Mme Rice, ajoutant que les États-Unis continueraient à apporter leur aide aux peuples confrontés à des crises et à appuyer le travail humanitaire des Nations unies, des organisations non gouvernementales et du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

Le secrétaire d'État adjoint pour les questions relatives aux populations, aux réfugiés et à la migration, M. Eric Schwarz, a déclaré lors d'un point de presse le 19 août au département d'État que les opérations d'aide humanitaire étaient « malheureusement un secteur en essor », puisqu'à l'heure actuelle 42 millions de personnes - soit 25 % de plus qu'en 2001 - étaient déplacées de leur foyer par les conflits et la persécution dans le monde.

En outre, les catastrophes naturelles en 2008 ont tué plus de 235.000 personnes et ont eu un effet sur 214 millions d'autres, avec des conséquences économiques estimées à 190 milliards de dollars. Ces chiffres sont « bien supérieurs à la moyenne des six, sept ou huit années précédentes », a dit M. Schwarz.

Une aide humanitaire supplémentaire d'une valeur de 160 millions de dollars

M. Schwartz a annoncé que le gouvernement Obama marquait la Journée humanitaire mondiale en annonçant l'octroi de 160 millions de dollars supplémentaires à des programmes d'aide et de protection humanitaire internationale de même qu'à des projets visant à créer les conditions d'un relèvement durable. Le total des contributions du gouvernement américain aux efforts humanitaires mondiaux pour 2009 avaient été estimés auparavant à environ 4,5 milliards de dollars, un chiffre qui n'inclut pas les projets humanitaires des forces armées des États-Unis.

Le secrétaire d'État adjoint Schwarz a dit qu'environ 58 millions de dollars des fonds supplémentaires d'assistance humanitaire seraient consacrés à l'Afrique, « notamment aux déplacés somaliens, au Congo, au Soudan et au Tchad », 29 millions serviraient à aider les réfugiés et les victimes du conflit afghan, et quelque 71 millions « seraient utilisés pour répondre aux crises importantes qui font de nombreux réfugiés dans d'autres régions du monde ».

La protection des personnes les plus vulnérables de par le monde doit être au centre de la politique des États-Unis, a indiqué M. Schwarz. « En premier lieu, il y a l'impératif moral, l'impératif de sauver des vies. » Mais il a ajouté que le rôle primordial que jouaient les États-Unis au plan humanitaire leur permettait d'avoir une influence sur les principes, la politique et les programmes d'assistance internationale.

« Il est essentiel de renforcer nos partenariats avec nos amis et alliés clés et avec leurs populations et également avec celles de nos adversaires, nos efforts permettant alors non seulement de contrer les images et les stéréotypes négatifs mais aussi de faire connaître au monde l'engagement des États-Unis à jouer un rôle responsable à l'échelle mondiale. »

Troisièmement, a dit M. Schwartz, les conflits et les souffrances humaines ont des conséquences sur les perspectives de stabilité et peuvent « avoir un effet important » sur les intérêts des États-Unis.

L'engagement humanitaire des États-Unis est remarquable, a dit M. Schwarz. « Quel que soit l'endroit où éclate une crise humanitaire dans le monde, vous y trouverez vraisemblablement des ressources des États-Unis, du département d'État, de l'Agence internationale pour le développement international (USAID) et des contributions des citoyens américains qui y ont été acheminées sous une forme ou une autre pour venir en aide aux victimes. »

M. Schwartz a décrit les efforts humanitaires des États-Unis au Pakistan où il s'est dit encouragé par le fait que plus de la moitié des 2,2 millions de personnes déplacées par les combats sont maintenant rentrées dans leur foyer ; il a indiqué qu'au Sri Lanka, les États-Unis étaient préoccupés par « la séquestration » de 280.000 personnes qui avaient été déplacées par les combats entre le gouvernement sri-lankais et les rebelles Tamouls.

« Les personnes déplacées de par le monde décident d'elles-mêmes quand il est bon de rentrer dans leur foyer. Et les gens, nous nous en sommes aperçus, sont bien capables de décider ce qui est dans leur meilleur intérêt, » a ajouté M. Schwartz.

Au sujet de l'Irak, il a indiqué que plus de 30.000 réfugiés irakiens avaient été réinstallés aux États-Unis. Avec plus de 2 millions de déplacés à l'intérieur de l'Irak, la réinstallation « ne sera pas la réponse à ce problème mais peut jouer un rôle pour aider les personnes qui en ont le plus besoin ».

En fin de compte, les réfugiés ont trois choix, a dit M. Schwartz : « La réinstallation dans un pays tiers, l'intégration sur place, là où ils ont trouvé refuge, ou le retour dans leur foyer. Et nous espérons et pensons que la réponse pour la grande majorité d'Irakiens réfugiés à l'étranger sera le retour dans leur pays. »

Mais les initiatives humanitaires des États-Unis ne portent pas seulement sur les crises qui font la une des journaux, a précisé M. Schwartz. « Ce n'est pas ce que les travailleurs humanitaires sont censés faire et ce n'est pas ce que nous faisons. Nous essayons de porter notre attention sur n'importe quel point du monde où il y a un grand nombre de personnes qui souffrent et où l'envergure de la crise exige un certain engagement international. »

M. Schwartz a donné en exemple l'assistance fournie par les États-Unis aux victimes birmanes qui s'étaient réfugiées en Thaïlande après avoir fui les récentes activités militaires dans le nord-est et dans l'État de Karen de leur pays. Il a également mentionné l'appui que les États-Unis continuent de fournir aux réfugiés birmans rohingyas qui ont fui vers le Bangladesh et l'Indonésie.

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