Aide à l'étranger | La générosité au service du développement

29 octobre 2008

L'aide des États-Unis au développement de l'agriculture dans le monde

Il est possible de réduire la sous-alimentation et la pauvreté, selon une responsable de l'USAID.

 
Un chanps de maïs en Tanzanie
Un agriculteur tanzanien dans son champs de maïs.

Washington - Un des grands objectifs des États-Unis en matière d'aide au développement de l'agriculture et d'aide alimentaire est d'aider les agriculteurs des 25 à 30 pays en proie à des pénuries alimentaires à augmenter leur production vivrière, a déclaré une haute responsable de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), Mme Josette Lewis.

Plus de 920 millions de personnes à travers le monde sont sous-alimentées. Selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), leur nombre a augmenté en 2007 de 75 millions à cause de la hausse des prix des produits alimentaires.

Lors du Symposium du prix mondial de l'alimentation qui s'est tenu à la mi-octobre à Des Moines (Iowa), Mme Lewis a indiqué que l'USAID tenait particulièrement à aider les petits exploitants agricoles d'Afrique subsaharienne à doubler d'ici à 2015 leurs rendements de riz, de maïs et d'autres produits de base et à accroître leur revenu. La communauté internationale est en effet convenue en 2000 de réduire de moitié d'ici à 2015 le nombre des personnes pauvres et sous-alimentées dans le monde.

La réduction de moitié de ce nombre est « un objectif réalisable », a-t-elle dit en précisant qu'un texte de loi actuellement à l'étude au Congrès prévoyait d'augmenter considérablement l'aide des États-Unis au développement de l'agriculture.

Deux sénateurs, MM. Richard Lugar (Indiana) et Robert Casey (Pennsylvanie), ont proposé de consacrer 10 milliards de plus aux programmes d'aide agricole à l'étranger. Pour la période 2008-2009, les États-Unis ont affecté 5,5 milliards de dollars à l'aide alimentaire et agricole destinée à des pays en développement.

Les États-Unis, a indiqué Mme Lewis, souhaitent « renforcer tous les maillons de la chaîne de valeur des produits alimentaires », notamment la recherche agronomique et l'échange d'informations, les programmes de crédit destinés aux petits exploitants et l'emploi de nouvelles semences à rendement élevé qui résistent aux maladies et à la sécheresse.

Ils comptent financer un plus grand nombre de programmes de formation des agriculteurs dans les pays en développement pour qu'ils puissent utiliser des techniques modernes dans le domaine de la production vivrière. Cette formation devrait permettre de réduire de 75 % la dépendance des pays en développement à l'égard de l'aide alimentaire.

Par ailleurs, l'USAID cherche aussi à améliorer la valeur nutritive de l'aide alimentaire destinée aux enfants de moins de cinq ans et ses moyens de prévision en matière de pénurie alimentaire.

Les États-Unis œuvrent déjà de concert avec d'autres pays donateurs en ce qui concerne l'application de la stratégie de lutte contre la crise alimentaire qui a été présentée en juin lors de la réunion de la FAO à Rome. Il s'agit notamment de fournir une aide immédiate aux pays dont la situation est la plus vulnérable face à la hausse des prix alimentaires. Selon la FAO, les prix alimentaires dans le monde ont augmenté de 52 % depuis 2007.

La stratégie des États-Unis consiste aussi à encourager les mesures susceptibles d'accroître le commerce des produits agricoles au niveau régional, à améliorer l'infrastructure, notamment le réseau routier, et à alléger les formalités administratives aux postes-frontières qui ralentissent ce commerce.

L'USAID envisage également d'établir des partenariats avec des entreprises du secteur privé, a dit Mme Lewis. Un certain nombre de sociétés américaines telles que John Deere, Land O'Lakes et Monsanto ont indiqué clairement qu'elles étaient prêtes à jouer un rôle accru et à œuvrer de concert avec divers organismes en vue de faciliter l'accroissement des rendements agricoles et de réduire la pauvreté dans les pays en développement.

« Le moment est venu pour une seconde révolution verte qui fasse appel à divers intervenants », a-t-elle déclaré en faisant allusion à la première révolution verte des années 1970 qui a permis d'accroître les rendements grâce à l'adoption de nouvelles variétés de riz. De nouvelles variétés de blé résistantes aux maladies ont également permis à 1 milliard d'Asiatiques d'éviter une famine.

Lors de la réunion de Des Moines, le ministre de l'agriculture des États-Unis, M. Edward Schafer, et le président de la Fondation du prix mondial de l'alimentation, M. Kenneth Quinn, ont signé un accord destiné à renforcer l'échange d'informations entre le ministère de l'agriculture et cette fondation et à faire venir aux États-Unis un plus grand nombre d'agronomes et d'agriculteurs de pays en développement en vue de leur formation aux nouvelles techniques agricoles.

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