20 octobre 2008
Un programme de l'USAID lui ouvre la voie du succès.

Johannesburg (Afrique du Sud) - Issy Penniken, un Sud-Africain qui recouvrait des sofas et des chaises dans l'atelier non déclaré de ses parents durant l'apartheid, expédie aujourd'hui ses propres meubles design à New York, Los Angeles, Londres et Dubaï.
Durant l'ère de l'apartheid, les Penniken étaient classés dans la catégorie des « personnes de couleur », ce qui leur conférait un statut inférieur à celui des Blancs. Dans l'Afrique du Sud d'aujourd'hui, ce terme est toujours utilisé pour désigner les métis qui, pour la plupart, parlent l'Afrikaans.
M. Penniken a entamé la carrière qui le mènerait au succès qu'il connaît aujourd'hui en suivant son père dans les maisons des riches Sud-Africains, où il venait chercher les articles qui avaient besoin de réparations et livrer ceux qui avaient été restaurés.
« Lorsque j'ai vu ces belles maisons, cela ma donné envie de gagner de l'argent. » Il y a 20 ans, M. Penniken travaillait dans l'atelier de ses parents dans un quartier réservé au « personnes de couleur » de Johannesburg. Il faisait des journées de 16 heures, apprenant comment enlever les tissus usés et les remplacer par des neufs.
Les clients de son père appréciant son talent, il a a eu envie de commencer à fabriquer ses propres meubles. « Nous avons reçu une commande de 200 chaises et sofas pour un hôtel. C'était notre commande la plus importante. Nous avons travaillé de 7 heures du matin à 11 heures du soir, mais au bout du compte nous n'avons rien gagné. Cela a été ma première expérience d'un dur labeur non récompensé par de l'argent. Je savais que quelque chose n'allait pas. »
C'était en 1998. Sur le conseil d'un ami, M. Penniken a pris contact avec l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), qui l'a inscrit sur la liste des participants à son programme appelé South African International Business Linkages (SAIBL). Pendant les dix années suivantes, SAIBL et ses conseillers ont guidé M. Penniken au fur et à mesure qu'il a transformé Petite Upholsterers, un petit atelier de quartier, en une entreprise internationale florissante qui expose ses articles dans les salles d'exposition les plus huppées de New York, de Londres et de Dubaï.

Le SAIBL a commencé par envoyer M. Penniken à un salon du meuble qui se tenait en Caroline du Nord, l'une des principales régions de fabrication de meubles aux États-Unis. « Cela m'a vraiment ouvert les yeux. J'ai compris à quel point nos méthodes de fabrication étaient rudimentaires. »
Le SAIBL a fait une évaluation complète de Petite Upholsterers et en a souligné les faiblesses à tous les niveaux, de la gestion à la fabrication, en passant par la comptabilité. « Nous avions un comptable qui venait une fois par an faire nos comptes. Nous perdions beaucoup d'argent, mais nous ne nous en apercevions pas. »
En fait, si l'USAID n'était pas intervenue pour obtenir un délai de la banque, l'entreprise de M. Penniken aurait fait faillite.
« Je m'en souviens comme si c'était hier. C'était un jeudi, et c'était le jour de paie. La banque m'a téléphoné pour exiger la couverture immédiate d'un découvert. Paniqué, j'ai appelé l'USAID. Ils sont allés le lendemain matin avec moi à la banque et ont convaincu le directeur de m'accorder plus de temps. Si l'USAID n'était pas intervenue, j'aurais fait faillite. Je lui en serai toujours reconnaissant. »
À l'époque, l'ambassadeur des États-Unis auprès de l'Afrique du Sud, M. Delano Lewis, a organisé un rendez-vous entre M. Penniken et des banquiers locaux afin de lui fournir une formation dans le domaine financier.
« J'avais l'habitude de considérer les banques comme mes principaux ennemis dont l'unique objectif était d'extraire le dernier centime d'un gars en difficulté. Puis j'ai appris comment les banquiers voient les choses et comment ils évaluent les entreprises. Au fil du temps, le banquier qui avait failli me plonger dans l'abîme est devenu mon meilleur défenseur », a dit M. Penniken.
D'ailleurs, ce dernier n'est plus l'homme d'affaires qu'il était il y a dix ans. Son volume d'affaires en 2008 a été multiplié par dix par rapport à celui de 1998. Il emploie 150 ouvriers, alors qu'ils n'étaient que six en 1998.
À chaque étape du développement de son entreprise, le SAIBL et ses consultants lui ont fourni des conseils. La prochaine étape sera pour lui d'obtenir sa propre marque de fabrique, démarche que le SAIBL l'aidera à accomplir.
« C'est là qu'il y a beaucoup d'argent à faire : la marque. J'ai récemment vendu une chaise pour 500 dollars », a expliqué M. Penniken, montrant une chaise de plastique transparent. « Elle a été revendue aux enchères à New York comme « chaise du siècle » pour 20.000 dollars. »