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20 novembre 2008

Le secteur laitier en Éthiopie améliore les moyens de subsistance

Le gouvernement américain et la société Land O'Lakes appuient le développement de ce secteur.

 
Ato Abebe
Ato Abebe, devant son ancienne résidence (à gauche) et son nouveau domicile (à droite).

Asallah (Éthiopie) - Jusqu'à il y a deux ans, Ato Abebe tirait une maigre subsistance du blé et d'autres céréales qu'il cultivait sur un hectare de terrain situé dans le centre de l'Éthiopie. Plusieurs mois par an, sa famille se couchait le ventre vide.

Aujourd'hui M. Abebe, qui vit près d'Asallah, à 180 kilomètres au sud d'Addis-Abeba, gagne régulièrement près de 100 dollars par mois, vit dans une nouvelle maison et songe à développer son exploitation laitière tout en enseignant son savoir à ses voisins.

Le vent a tourné pour lui vers 2006, lorsqu'il a signé un contrat d'apprentissage pour devenir éleveur de vaches laitières sous la tutelle de Land O'Lakes International Development, une division de l'entreprise d'exploitation laitière Land O'Lakes Inc. L'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) finance ce programme au moyen d'une subvention de 5 million de dollars qui prendra fin en 2010.

« Auparavant, entre juin et août, nous n'avions rien à manger et aucune semence à planter pour la saison suivante », a confié M. Abebe à America.gov.

L'exploitant se tient à l'extérieur de sa nouvelle maison de deux pièces protégée de la pluie par un toit de métal. Maintenant, il y vit avec sa femme et ses trois enfants. Son ancienne maison recouverte d'un toit de chaume abrite désormais une vache et un veau, source de sa nouvelle richesse. « Posséder une vache laitière, c'est comme si j'avais un salaire régulier », dit-il.

M. Abebe a l'intention d'acquérir quatre vaches de plus ; il les achètera ou bien il fera inséminer ses vaches avec le sperme d'un taureau étranger amené en Éthiopie par Land O'Lakes et un autre groupe de développement, World Wide Science.

L'exploitation laitière est très prometteuse pour l'avenir de sa famille. Dans les deux années d'existence du projet d'exploitation laitière d'Asallah, les prix du lait ont augmenté, passant d'environ 20 à 50 centimes le litre. Les meilleures vaches de la région produisent jusqu'à 13 litres par jour, et la production totale s'accroît grâce aux croisements avec des vaches laitières étrangères fortement productives.

La coopérative laitière Asallah
Des salariés de la coopérative laitière Asallah

En échange de l'enseignement dispensé par Land O'Lakes, M. Abebe communique son savoir aux autres exploitants de la région désireux de réussir comme lui.

« Nous voulons qu'il se charge du transfert des connaissances », dit Asfaw Tolessa, directeur de la vulgarisation en matière d'exploitation laitière chez Land O'Lakes en Éthiopie. M. Abebe est l'un des 130 exploitants éthiopiens bénéficiant de ce programme qui ont été sélectionnés par Land O'Lakes. À son tour, il transmet son savoir à une cinquantaine d'exploitants, dont une dizaine applique de nouvelles méthodes, indique M. Tolessa, qui attend que le nombre d'exploitations laitières augmente au fur et à mesure de la montée du niveau de vie local.

Le programme est complexe, il ne se contente pas d'encourager les exploitants à acheter une vache laitière, à la traire et à vendre son lait. Pour permettre au secteur de se développer sur des terres appauvries et frappées par la sécheresse, Land O'Lakes a appris à M. Abebe et aux autres exploitants à planter de l'herbe éléphant. Cette herbe à forte teneur en protéines résiste à la sécheresse car ses racines sont profondes.

« Faire planter de l'herbe éléphant aux exploitants est l'une des plus grandes réussites de Land O'Lakes », dit M. Tolessa. « L'herbe peut être récoltée toutes les trois semaines, stockée dans des sacs plastiques étanches à l'air et gardée pendant des années comme fourrage. »

Le directeur de Land O'Lakes souhaite étendre le programme de production laitière pour y faire participer les épouses des producteurs. « Les femmes [éthiopiennes] ont tendance à être plus attentives que les hommes lorsqu'elles s'occupent des animaux », dit M. Tolessa. « Elles ont aussi tendance à être plus sociables que les hommes et sont plus efficaces lorsqu'elles sont membres d'une coopérative. Elles sont moins susceptibles de s'engager dans des contrats privés qui avantagent certains membres de la coopérative aux dépens d'autres. » Selon lui, Land O'Lakes doit avancer sur ce front avec beaucoup de prudence car la tradition rurale définit le rôle des femmes de façon très étroite.

Encourager les exploitations laitières ne serait pas une entreprise durable sans l'existence de débouchés réguliers sur le marché du lait. En fait, un groupe de développement suédois a tenté de financer des exploitants laitiers dans les années 1970, mais les prix du lait se sont effondrés plusieurs années plus tard. Les exploitants se sont alors débarrassés de leurs vaches et ont repris la culture des céréales qui a ensuite été dévastée par la sécheresse.

Le programme USAID-Land O'Lakes a permis de créer un réseau de points de vente. Outre le lait, les coopératives produisent de la crème, du beurre et du fromage blanc, qui sont ensuite traités pour que leur durée de vie dépasse celle du lait. Les coopératives souhaitent construire une laiterie moderne. L'USAID s'est associée aux banques éthiopiennes pour les encourager à les financer.

La Coopérative laitière d'Asallah, située sur la même route que l'exploitation de M. Abebe, a vu le nombre de ses membres passer de 37, lors de sa fondation en 2006, à 90 aujourd'hui. Au départ, la production laitière de la coopérative était d'environ 70 litres par jour. Maintenant, ce chiffre est de 700 litres par jour, soit dix fois plus. Le prix du lait a plus que doublé, tandis que le prix de l'aliment pour bétail coûte deux fois moins cher. Puisque les pouvoirs publics s'efforcent de mettre sur pied une économie de marché et d'améliorer la nutrition, le secteur laitier en Éthiopie a d'excellentes perspectives d'avenir, selon M. Tolessa.

« Nous produisons beaucoup de lait et gagnons beaucoup d'argent. Nous sommes très heureux et reconnaissants de ce que Land O'Lakes et l'USAID font pour nous », dit l'un des membres de la coopérative, Almaz Gebre Silassé.

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