Aide à l'étranger | La générosité au service du développement

15 mai 2008

L'aide du secteur privé des É.-U. aux pays en développement est prédominante

Parution d'un rapport sur l'aide aux pays en développement en 2006

 
<i>Giving Empowers My Sisters</i>
Des membres du groupe charitable Giving Empowers My Sisters qui offre régulièrement des dons à diverses charités. (© AP Images)

Washington - Grâce au rôle accru du secteur privé, l'aide des Américains aux pays en développement a augmenté de près de 6 % en 2006, malgré une diminution de l'aide publique des États-Unis, indique un rapport du « Center for Global Prosperity », qui relève d'un centre de réflexion américain, l'Institut Hudson.

L'aide des États-Unis aux pays en développement provenant de sources aussi bien publiques que privées, y compris les envois de fonds par les travailleurs immigrés à leur pays d'origine, a atteint 130 milliards de dollars, soit six fois plus que l'aide totale du pays qui contribue le plus après les États-Unis.

Selon le rapport intitulé « The Index on Global Philanthropy » (L'indice de la philanthropie), les dons du secteur privé et les envois de fonds des travailleurs immigrés ont atteint 106 milliards de dollars en 2006, contre 95 milliards en 2005, soit quatre fois plus que le montant de l'aide publique des États-Unis. Des associations caritatives, des fondations, des entreprises, des associations confessionnelles et des universités ont fourni en 2006 près de 35 milliards de dollars à des pays en développement, contre un peu moins de 34 milliards en 2005. Les travailleurs immigrés ont envoyé un montant record de près de 72 milliards de dollars dans leur pays d'origine à l'intention de leur famille ou au titre de la réalisation de projets particuliers. En 2005, ce montant avait atteint 62 milliards.

L'aide publique au développement des États-Unis s'est élevée à un peu moins de 24 milliards de dollars en 2006 contre quelque 28 milliards l'année précédente, cette baisse étant due en grande partie à l'achèvement de deux programmes d'allègement de la dette extérieure de pays en développement. L'allégement de cette dette, qui fait partie de l'aide au développement, avait augmenté fortement en 2005 en raison de l'annulation de créances importantes des États-Unis sur l'Irak et sur le Nigéria. Dans son ensemble, l'aide publique des 22 pays donateurs a diminué pour passer de 107 milliards en 2005 à 104 milliards en 2006, également à cause de la réduction de l'allègement de la dette des pays en développement.

La prédominance des dons du secteur privé américain sur l'aide du secteur public est conforme à la tendance que l'on observe chez la plupart des pays donateurs. Selon le rapport, le secteur privé est en train de « réinventer l'aide à l'étranger » d'une façon créative et au moyen de partenariats avec le secteur public.

La directrice du « Center for Global Prosperity », Mme Carol Adelman, a déclaré à ce propos : « Il s'agit d'une période passionnante dans le domaine de la philanthropie alors qu'on observe comment de nouveaux intervenants du secteur privé créent des modèles différents pour l'aide à l'étranger. »

Le rapport fait aussi état d'une modification de l'aide des entreprises qui donnent de plus en plus un certain pourcentage de leurs bénéfices à une œuvre charitable ou à une cause particulière. Cette forme d'aide représente environ 1,5 milliard de dollars par an.

Malgré ces nouvelles tendances, l'aide publique constitue encore la moitié ou plus de l'aide totale des États membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Le Royaume-Uni, qui est le second pays à contribuer le plus, a fourni en 2006 une aide totale de près de 21 milliards de dollars, dont quelque 13 milliards au titre de l'aide publique. L'Allemagne, qui se classe en troisième place, a fourni un peu plus de 18 milliards de dollars, dont plus de 10 milliards au titre de l'aide publique.

Le montant de l'aide peut varier en fonction de la survenance d'événements imprévus ou d'une crise politique. Par exemple, l'État fédéral et le secteur privé des États-Unis ont fourni près de 3 milliards de dollars aux pays asiatiques frappés par le tsunami de décembre 2004. Il se peut, selon Mme Adelman, que l'aide aux victimes du récent cyclone en Birmanie ait une influence sur le montant total de l'aide pour 2008.

L'examen de l'aide des États-Unis révèle sa grande diversité. Les associations caritatives et locales ont apporté une aide de 13 milliards de dollars aux pays en développement, qui comprend le travail non rémunéré de bénévoles évalué à 2 milliards de dollars. L'aide des associations confessionnelles s'est élevée à près de 9 milliards de dollars, celle des entreprises à près de 6 milliards, celle des fondations à 4 milliards et celle des établissements de l'enseignement supérieur à aussi 4 milliards, principalement sous forme de bourses d'études et d'autre aide éducative à des étudiants de pays en développement.

Si le montant de l'aide américaine est supérieur à celui des autres pays, sa proportion par rapport au revenu national brut ou par rapport à la population du pays est moindre que celle de nombreux autres pays. C'est la Suède qui se classe en première place et elle est suivie de la Norvège et du Luxembourg. Les États-Unis sont au 21e rang si l'on calcule leur aide publique en pourcentage de leur revenu national. Toutefois, si on allie l'aide publique à celle du secteur privé, les États-Unis se classent alors au 6e rang.

Enfin, c'est la Norvège qui se place au premier rang lorsqu'on calcule le montant de l'aide publique et privée par habitant pour 2006. Son montant est de 768 dollars, alors que celui des États-Unis n'est que de 434 dollars.

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