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13 mai 2008

Aide alimentaire : le PAM lance un appel pour obtenir de nouveaux dons

Propos de la directrice du Programme alimentaire mondial (PAM) lors de la Conférence internationale sur l'aide alimentaire

 
Josette Sheeran
La directrice du Programme alimentaire mondial (PAM), Mme Josette Sheeran en 2006. (© AP Images)

Kansas City (Missouri) - La directrice du Programme alimentaire mondial (PAM), Mme Josette Sheeran, a demandé aux pays donateurs d'accroître leur aide alimentaire et indiqué que son organisme faisait des progrès pour ce qui est de trouver des solutions durables en vue d'aider les agriculteurs des pays en développement.

Lors de la Conférence internationale sur l'aide alimentaire qui s'est tenue du 14 au 16 avril à Kansas City (Missouri), elle a donné l'alerte en déclarant que l'aide alimentaire destinée aux pays pauvres était inférieure de 40 % par rapport à il y a un an, alors que les prix des denrées alimentaires avaient augmenté de 55 % ces dix derniers mois. Depuis le début de mars 2008, a-t-elle dit, le prix du riz a augmenté considérablement pour passer de 460 dollars la tonne à 780 dollars la tonne.

Le montant des fonds que le PAM consacre à l'achat de vivres n'a pas diminué, mais la hausse des prix des denrées alimentaires entrave son action. En outre, l'augmentation des cours du pétrole a des effets sur les frais de transport, sur le prix des engrais et sur le prix du carburant nécessaire pour les machines agricoles. Par ailleurs, des produits vivriers, tels que le maïs, l'huile de palme, les graines oléagineuses, le sucre et le manioc, servent aussi maintenant à des usages industriels, notamment à la production de biocarburants, au détriment des consommateurs.

Lors de cette conférence, le représentant des États-Unis auprès des institutions de l'ONU spécialisées dans l'alimentation, M. Gaddi Vasquez, a cité les changements climatiques et la baisse du dollar américain comme deux des causes du problème d'approvisionnement dans le monde.

Le PAM a besoin de l'aide des donateurs pour maintenir ses stocks de vivres de manière à pouvoir répondre rapidement aux besoins d'un pays à la suite d'une guerre ou d'une catastrophe naturelle, a dit Mme Sheeran. Elle a renouvelé l'appel qu'elle avait lancé en février et demandé que les donateurs fournissent 500 millions de dollars de plus pour accroître le budget de son organisme de manière à ce qu'il atteigne 2,9 milliards de dollars.

La directrice du PAM a également fait état des difficultés à trouver des vivres pour les acheter. Certains fournisseurs ont résilié leurs contrats avec le PAM après s'être rendu compte qu'ils pouvaient obtenir un prix plus élevé ailleurs.

Mettre un terme à la faim chronique

« Nous avons la possibilité d'agir rapidement » en cas d'urgence, a-t-elle dit. Dans certains pays, le PAM distribue des coupons pour aider ceux qui ont faim à acheter dans le commerce des vivres qui sont trop chers pour eux.

Si le PAM compte continuer de faire face à des situations d'urgence, il s'oriente aussi vers la fourniture d'une aide alimentaire destinée à permettre à la population de se prendre en charge.

Par exemple, dans le sud du Soudan, le PAM fournit des vivres à des ouvriers qui déminent des champs et qui construisent des routes de sorte que les agriculteurs puissent acheminer leurs produits vers les marchés.

En collaboration avec la fondation Bill et Melinda Gates et d'autres partenaires, il achète des produits au niveau local pour aider la population à devenir plus autonome. Au Sénégal, par exemple, il achète du sel de producteurs locaux qui exportaient auparavant toute leur production. Il leur apprend à ajouter de l'iode au sel pour la consommation locale et régionale et de ce fait contribue à créer des emplois et à réduire le nombre de Sénégalais qui ont un goitre.

En République démocratique du Congo, où les agriculteurs n'ont plus accès aux marchés à cause du conflit, le PAM achète des vivres à des exploitants agricoles locaux pour les distribuer dans la région environnante. En même temps, il accorde à ces agriculteurs des prêts afin qu'ils puissent améliorer leur production.

Dans de nombreux pays africains, les agriculteurs ont réduit les surfaces qu'ils cultivent parce qu'ils ont de moins en moins les moyens d'acheter des semences et des engrais. Par exemple, dans certaines régions kényanes, le prix des engrais a plus que doublé, et la superficie des champs cultivés a diminué d'un tiers par rapport à 2007. Le PAM compte conclure des contrats avec certains agriculteurs de sorte qu'ils puissent obtenir un prêt pour l'achat de semences améliorées et d'engrais, tout en étant sûrs de pouvoir vendre leurs récoltes à un bon prix. En effet, les agriculteurs qui ne sont pas sûrs de faire des bénéfices tendent à éviter de prendre des risques.

« Il est possible de mettre un terme à la faim chronique sans que de nouvelles découvertes scientifiques soient nécessaires », a fait remarquer Mme Sheeran.

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