04 juin 2008
Le ministre américain de l'agriculture donne un aperçu de la position des États-Unis à ce sujet.

Washington - La relation entre la production de biocarburants et la hausse des prix des denrées alimentaires doit être un des grands sujets de débat lors de la conférence de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) qui se tient à Rome du 3 au 5 juin.
La veille de l'ouverture de cette conférence, le ministre de l'agriculture des États-Unis, M. Ed Schafer, a donné à la presse à Rome un aperçu de la position de son pays à ce sujet et indiqué que seulement 2 à 3 % de la récente augmentation des prix des denrées alimentaires étaient dus à la production de biocarburants. Selon d'autres spécialistes, ce pourcentage serait plutôt de 33 %.
M. Schafer, qui est à la tête de la délégation des États-Unis, a exprimé l'espoir que le débat sur les biocarburants lors la conférence de la FAO permettra d'aboutir à des conclusions quant à l'efficacité des biocarburants.
Aux États-Unis, a-t-il dit, la production de biocarburants a permis de réduire de 1 million de barils par jour la consommation de pétrole, dont le cours a atteint un niveau sans précédent. En outre, l'accroissement de la consommation de biocarburants et la diminution de la consommation de pétrole ont des effets favorables sur l'environnement.
Les procédés de production des biocarburants sont devenus plus efficaces, a-t-il indiqué en citant la production d'éthanol au moyen de déchets agricoles que l'on faisait fermenter.
M. Schafer a cité plusieurs facteurs qui étaient, selon lui, la cause de la hausse des prix des denrées alimentaires, à savoir la hausse de la consommation dans le monde entier qui a contribué à réduire les stocks de vivres, l'augmentation des coûts de l'énergie et les obstacles au commerce.
Les pays qui ont pris des mesures pour restreindre les exportations afin d'assurer leur sécurité alimentaire à court terme, a-t-il dit, aggravent la situation en retirant des vivres du marché mondial ; ils contribuent à la hausse des prix et découragent les agriculteurs de produire en fonction des signaux du marché.
En ce qui concerne les restrictions au commerce, le président de la Banque mondiale, M. Robert Zoellick, a exhorté les pays à lever immédiatement ces restrictions et les taxes appliquées aux produits alimentaires. Il a en outre demandé, selon un communiqué de presse du 3 juin, que des pays veuillent bien transporter l'aide alimentaire destinée aux pays qui en avaient le plus besoin.
Selon les estimations du ministère de l'agriculture des États-Unis, la hausse des prix des céréales devrait atteindre 43 % en 2008. Toutefois, les conditions météorologiques qui sont actuellement favorables dans les pays grands producteurs de blé, de riz et de soja devraient entraîner une augmentation considérable de la production, ce qui ne manquera pas de stabiliser les prix.