02 juin 2008
Propos de membres de la délégation des États-Unis à la conférence de la FAO sur la crise alimentaire avant leur départ pour Rome

Washington - Les délégués des États-Unis à la conférence de l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) portant sur la crise alimentaire dans le monde préconiseront une augmentation de l'aide à l'agriculture pour les pays qui sont le plus en mesure d'accroître rapidement leur production vivrière, a indiqué le ministre américain de l'agriculture, M. Ed Schafer, lors de la conférence de presse qu'il a donnée le 29 mai.
Ils préconiseront aussi l'accroissement des travaux de recherche dans le domaine des technologies agronomiques ainsi que l'apport immédiat d'une aide internationale accrue aux pays qui sont le plus touchés par la crise alimentaire.
Une quarantaine de chefs d'État participent actuellement à cette conférence qui se tient à Rome du 3 au 5 juin. M. Schafer est à la tête de la délégation des États-Unis, qui comprend également la directrice de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), Mme Henrietta Fore, et le vice-ministre de l'agriculture, M. Mark Keenum.
La conférence convoquée par la FAO vise, selon M. Schafer, à aider les pays à mettre au point des solutions durables face à la hausse des prix des denrées alimentaires et aux problèmes causés par le réchauffement climatique et par la hausse du cours du pétrole.
Réunions en marge de la conférence de la FAO
M. Schafer et Mme Fore participeront également à trois réunions en marge de la conférence de la FAO.
L'une de ces réunions, organisée par les États-Unis, présentera des pays en développement qui utilisent la biotechnologie pour augmenter leur production agricole.
Une deuxième réunion, organisée par le Brésil, portera sur l'aide alimentaire à Haïti. Les États-Unis ont récemment recommencé d'envoyer une aide alimentaire d'urgence à ce pays en proie à des troubles, notamment des vivres destinés aux écoliers et aux participants à des programmes de travaux. Mme Fore a indiqué, le 23 mai, que Washington avait augmenté de 45 millions de dollars son aide alimentaire à Haïti pour 2008.
La troisième réunion mettra en évidence les partenariats entre le gouvernement des États-Unis et des entreprises et des fondations en vue du financement de programmes d'aide alimentaire et de développement de l'agriculture.
Selon M. Schafer, la culture de céréales génétiquement modifiées et la suppression des obstacles au commerce et des restrictions à l'exportation permettront de faire des progrès plus rapides en ce qui concerne la réduction de la sous-alimentation dans le monde et la stabilisation des marchés de l'alimentation.
Les autres pays industriels, a-t-il dit, « ont l'obligation de fournir des vivres d'une façon efficace, sans y faire obstruction ou sans limiter l'accès à des technologies de production qui ne présentent aucun risque ». L'aboutissement des négociations de Doha dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce aurait pour effet de réduire ou de supprimer ces obstacles et les subventions agricoles.
Par ailleurs, le ministre de l'agriculture a fait état de quelques-uns des avantages des céréales transgéniques, notamment l'accroissement des rendements, le moindre besoin d'engrais et d'eau et une meilleure adaptation à la diversité des sols et aux conditions climatiques.
Les délégués des États-Unis, a-t-il dit, inciteront aussi les pays à adopter des mesures qui encouragent les investissements dans d'autres domaines tels que la gestion de l'eau, la gestion après récolte et le crédit agricole.
Lors de la conférence, M. Schafer prononcera un discours sur la nécessité pour la communauté internationale de ne plus dépendre autant des combustibles fossiles en accroissant la production de biocarburants. L'Agence internationale de l'énergie, a-t-il dit, a indiqué que depuis 2005 la production de biocarburants diminuait la consommation de pétrole brut de 1 million de barils par jour.
La production de biocarburants dans les grands pays producteurs de céréales peut réduire la hausse des coûts de l'énergie, qui contribue à augmenter les prix des denrées alimentaires, a-t-il dit. Cet avis n'est cependant pas partagé par tout le monde.
Pour sa part, Mme Fore a indiqué que les États-Unis fournissaient plus de la moitié de l'aide alimentaire dans le monde et qu'ils allaient consacrer près de 5 milliards de dollars à cet effet en 2008 et en 2009.