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15 juillet 2008

Le Burkina Faso signe un accord d'aide avec les États-Unis

D'un montant de 481 millions de dollars, cet accord est destiné à réduire la pauvreté dans le pays.

 
Ouagadougou
La rue devant la place de l'ONU à Ouagadougou (Burkina Faso). (Photo Helge Fahrnberger, Wikimedia Commons)

Washington - À l'occasion de la signature d'un accord entre la Société du compte du millénaire (Millennium Challenge Corporation ou MCC) et le Burkina Faso qui porte sur 481 millions de dollars, la secrétaire d'État, Mme Condoleezza Rice, a déclaré que les États-Unis souhaitaient que cet accord « soit couronné de succès dans tous les domaines pour le bien du peuple burkinabé et qu'il soit un modèle de stabilité et de croissance en Afrique de l'Ouest ».

Mme Rice était accompagnée du président du Burkina Faso, M. Blaise Compaoré, dont elle a cité en exemple les qualités de dirigeant. « Vous entreprenez, a-t-elle dit, des réformes qui sont nécessaires pour donner à vos concitoyens les moyens d'avoir une vie empreinte d'espoir et pour les aider à tourner une nouvelle page de l'histoire africaine. »

Signé par le président-directeur général de la MCC, M. John Danilovich, et par le ministre burkinabé des finances, M. Jean-Baptiste Compaoré, le nouvel accord permettra de financer la réalisation d'un plan quinquennal élaboré par le gouvernement burkinabé et destiné à réduire la pauvreté, notamment en améliorant l'enseignement primaire des filles, en construisant des routes reliant les exploitations agricoles aux marchés et en investissant dans le secteur agricole.

Créée en 2004 par le gouvernement Bush, la MCC fournit une aide financière, en dehors des programmes traditionnels d'aide, aux pays très pauvres dont le gouvernement manifeste sa volonté de gouverner avec justice, d'encourager la liberté dans le domaine économique et d'investir dans le domaine social (enseignement et santé) en vue de réduire la pauvreté au moyen de la croissance économique.

Agrandissement
Signature des accords MCC entre les É.-U. et le Burkina Faso
Condoleeza Rice applaudit la signature des accords MCC entre MM. Compaoré, ministre burkinabé, et Danilovitch des É.-U.

La MCC, a indiqué Mme Rice, représente un nouvel esprit de partenariat, que l'on peut aussi observer dans d'autres programmes du gouvernement Bush relatifs notamment à la lutte contre le sida et contre le paludisme ainsi qu'à d'autres formes d'aide à des pays africains et autres. « La MCC, a-t-elle dit, a donné naissance dans les pays en développement à un esprit extraordinaire, qui consiste à penser à ce que ces pays peuvent faire pour eux-mêmes et à avoir les États-Unis en tant que partenaire. »

Situé en Afrique de l'Ouest, le Burkina Faso est un pays enclavé dont le nombre d'habitants est de 15,2 millions et qui se place au 176e rang des 177 pays classés en 2007 par le Programme des Nations unies pour le développement en fonction de l'indice de développement humain. Si son économie repose sur l'agriculture de subsistance, son gouvernement cherche depuis 2004 à privatiser progressivement les entreprises publiques et à attirer les investissements étrangers, en particulier dans le secteur minier. Toutefois, le conflit dans l'État voisin de la Côte d'Ivoire a entravé sa croissance économique.

En vue d'obtenir l'aide de la MCC, le Burkina Faso a dû faire l'objet d'une évaluation en fonction des 17 critères de cet organisme relatifs à la démocratie et aux possibilités de réforme. En 2005, la MCC lui a accordé 12,9 millions de dollars dans le cadre de son programme du seuil afin de lui permettre d'améliorer l'enseignement primaire des filles, qui était le seul critère qu'il ne remplissait pas. En collaboration avec l'Agence des États-Unis pour le développement international, le Burkina Faso a utilisé cette aide financière pour créer 132 écoles primaires pour les filles dans tout le pays et pour améliorer son système d'éducation.

Le nouvel accord prévoit 28,83 millions de dollars au titre de l'enseignement, 141,91 millions afin d'accroître les rendements agricoles en investissant dans des projets d'irrigation et de gestion de l'eau, en offrant une assistance technique aux agriculteurs et en favorisant le crédit agricole, 194,13 millions pour la construction de routes et 59,93 millions en vue d'élaborer un régime de la propriété foncière.

Depuis sa création en 2004, la MCC a accordé 6,2 milliards de dollars dans le cadre d'accords conclus avec les 17 pays suivants classés par ordre chronologique : Madagascar, Cap-Vert, Honduras, Nicaragua, Géorgie, Arménie, Vanuatu, Bénin, Ghana, Mali, Salvador, Mozambique, Lesotho, Maroc, Mongolie, Tanzanie et Burkina Faso.

« Un des points distinctifs du gouvernement des États-Unis et du peuple américain, a fait remarquer Mme Rice, est leur engagement ferme en faveur du développement à travers le monde et de la suppression du fléau que constitue la pauvreté qui prive la population d'espoir et de possibilités.

« Les États-Unis continuent aussi d'être un ami loyal de l'Afrique, où malgré les problèmes de développement incroyablement difficiles nous voyons un continent très prometteur et de plus en plus disposé à s'attaquer à ses problèmes pour que tous les Africains puissent avoir une vie meilleure. »

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