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01 juillet 2008

La crise alimentaire mondiale exige la transformation de l'agriculture africaine

Propos d'un haut responsable de l'USAID

 
Des réfugiées somaliennes
Des Somaliennes qui ont échappé à la violence du conflit sont toutefois en danger à cause de la crise alimentaire. (© AP Images)

Chicago - Le monde est en proie à une crise alimentaire sans précédent, qui souligne la nécessité d'une transformation de l'agriculture africaine, a déclaré un haut responsable de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), M. Franklin Moore, le 26 juin lors du Forum américano-africain de l'agroalimentaire que le Corporate Council on Africa vient d'organiser à Chicago.

Il convient, a-t-il dit, d'investir dans toute la chaîne de production des produits agricoles de base pour accroître les rendements et pour nourrir ceux qui souffrent de la faim en Afrique.

M. Moore a fait remarquer à son auditoire que 1 milliard de personnes, dont un grand nombre sont des Africains, ne disposaient que de 1 dollar par jour pour vivre et qu'elles étaient obligées d'en consacrer quelque 70 % à leur alimentation.

La crise actuelle est due au déséquilibre entre l'offre et la demande de produits de base, a-t-il indiqué en ajoutant que ce déséquilibre offrait cependant des possibilités tant aux Africains qu'aux Américains pour ce qui est d'augmenter leur production agricole et de vendre leurs produits sur le marché mondial.

Les États-Unis, a-t-il dit, ont pris diverses mesures pour faire face à cette crise. Le président Bush a demandé au Congrès dès le 1er mai de voter de nouveaux crédits budgétaires à concurrence de 620 millions de dollars au titre de l'aide alimentaire et de 150 millions de dollars pour le financement de solutions de longue durée dans le domaine agricole.

Du fait que la crise alimentaire a des effets disproportionnés sur l'Afrique, le gouvernement Bush s'emploie à affecter la plus grande partie de cette aide à l'Afrique.

Il est également possible que quelque 20 millions de dollars soient consacrés à des travaux de recherche scientifique et technique pour ce qui est de la production des aliments de base en Afrique.

Les États-Unis s'apprêtent à apporter un soutien aux pays qui ont adopté une politique et un plan d'investissement visant à accroître leur production agricole. « En bref, nous souhaitons concentrer notre attention sur les pays qui sont en mesure d'accroître la production d'aliments de base et leur vente et qui sont résolus à favoriser leur secteur agricole, notamment en adoptant une politique susceptible d'aider le secteur privé à augmenter ses investissements dans le domaine agricole et à prospérer. »

Les années précédentes, l'USAID et le Corporate Council on Africa avaient mis l'accent sur la production de fleurs coupées et de haricots verts pour le marché européen, ainsi que sur la production de café, de thé et de cacao, qui sont toutes des cultures très rentables à vocation exportatrice. S'il est bon de continuer sur cette voie, il convient maintenant d'augmenter les investissements dans la production vivrière et dans le secteur de l'élevage (viande et lait).

La demande totale de l'Afrique en matière d'alimentation représente quelque 50 milliards de dollars par an, et on estime que ce chiffre doublera d'ici à 2015. À l'heure actuelle, l'Afrique importe 25 % des céréales (blé, maïs et riz) qu'elle consomme.

Outre le renforcement des marchés d'alimentation, des échanges commerciaux et des circuits de distribution, il convient surtout de trouver une méthode intégrée visant à réduire le prix des produits alimentaires. Une telle méthode doit encourager l'économie de marché, augmenter les rendements agricoles et réduire les obstacles en matière de transport et d'approvisionnement.

Il faut également mettre fin au gaspillage dû à de mauvaises méthodes de production et de stockage. À l'heure actuelle, de nombreux pays perdent près de 40 % de leur production en ce qui concerne un grand nombre de produits de base.

Ce qu'on espère en général, a souligné M. Moore, c'est que la production africaine d'aliments de base et les débouchés pour ces aliments vont augmenter fortement. Il ne s'agit pas d'une répétition de la révolution verte qui était d'origine publique. Ce qu'il convient de faire doit être en grande partie stimulé par le secteur privé. Il est temps, selon lui, que le secteur privé investisse dans le secteur des aliments de base.

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