Aide à l'étranger | La générosité au service du développement

23 décembre 2008

La campagne « Une fois par mois » aide les adolescentes africaines à rester à l'école

La distribution à titre gratuit de serviettes hygiéniques à de jeunes Africaines

 
De jeunes Zambiennes
Des lycéennes Africaines nécessitent souvent des produits hygiéniques afin de continuer leur parcours scolaires.

Washington – Pour des milliers d'adolescentes en Afrique, l’avènement de la puberté signifie rester à la maison et manquer l’école pendant plusieurs jours tous les mois.

En effet, les adolescentes africaines doivent souvent choisir entre rester à l’école au cours de leurs règles sans aucun moyen de protection hygiénique ou interrompre leurs études en restant chez elles pendant cette période du mois. Dans cette situation, le fait de leur fournir simplement des serviettes hygiéniques peut changer leur vie. Elles ont ainsi la possibilité de suivre régulièrement leurs cours et peut-être même de faire plus tard des études supérieures.

Lorsque Nicole Peacock, qui est spécialistes des affaires publiques au département d’État, a entendu dire que le manque de serviettes hygiéniques était un obstacle à l’éducation des jeunes Africaines, elle a décidé d’agir et de lancer en mai dernier la campagne baptisée « Une fois par mois » avec l'aide de collègues américaines et africaines de l’ambassade des États-Unis à Lusaka (Zambie). Cette campagne est destinée à fournir des serviettes hygiéniques à des adolescentes zambiennes pour qu’elles n’aient pas à rater leurs cours chaque mois pendant leurs règles.

Aux États-Unis, Mme Peacock s'adresse à des entreprises ou à des associations pour qu'elles fassent don de serviettes hygiéniques qu’elle expédie alors à l’ambassade américaine de Lusaka, où ses collègues les distribuent à des associations caritatives qui s’occupent d'élèves zambiennes. L'objectif est simple : fournir des serviettes hygiéniques aux jeunes filles pour qu’elles puissent poursuivre leurs études dans la dignité et dans la confiance.

Cette solution pratique donne des résultats qui ont une influence sur la vie de jeunes Africaines. Une élève de l’école secondaire de Kamulanga explique : « Avant, si vous n’aviez pas d’argent pour vous acheter des serviettes hygiéniques et que vous en aviez besoin d’urgence, ici à l’école, alors vous n’aviez pas d’autre choix que de rentrer chez vous. Ces serviettes font que nous nous sentons en sécurité, même quand nous sommes dans des classes avec des garçons. Nous n’aurons pas besoin de rentrer à la maison de peur de souiller nos uniformes ».

Mme Peacock a d’abord entendu parler de ce problème lors d’une réunion avec une enseignante zambienne qui lui a dit que les adolescentes manquaient au moins une semaine de cours par mois.

L'entrée en relation entre Américains et Africains

« Ce programme consiste, au fonds, à établir un partenariat avec des Américains et à les mettre en contact avec des Africains, sur une toute petite échelle », a dit Mme Peacock à America.gov.

Karen et Amey Nicodemus
Karen Nicodemus et sa fille Amy, de l'association Zonta International préparent un don de serviettes hygiéniques à l'envoi.

Elle est entrée en relation avec des représentants de Proctor & Gamble, ce qui a poussé cette société américaine à lancer sa propre initiative pour aider les adolescentes dans un autre pays du continent. Maintenant, Proctor & Gamble fournit directement de l’argent à des adolescentes en Afrique du Sud pour qu’elles puissent acheter des serviettes hygiéniques et ne pas devoir manquer l’école.

Entre-temps, Mme Peacock a commencé à inviter des personnes qu’elle connaissait aux États-Unis à contribuer à sa campagne qui ne s’occupe, à son niveau, que des adolescentes zambiennes. « L’une de mes collègues a parlé de notre programme à sa mère, qui est membre de Zonta International. La réponse de cette association qui regroupe des femmes exerçant une profession a été fantastique », a-t-elle dit. La campagne « Une fois par mois » reçoit également des contributions d’une association de femmes noires.

Mme Peacock envoie les serviettes hygiéniques à ses collègues de l’ambassade américaine en Zambie, qui, à leur tour, les acheminent à la Campagne pour l’éducation féminine et au Forum des enseignantes africaines en Zambie. Ces organisations distribuent alors les serviettes aux écoles.

Daphné Chimuka, du Forum des enseignantes africaines en Zambie, et Barbara Chilangwa, de la Campagne pour l’éducation féminine, ont fait état de plusieurs facteurs économiques et sociaux dans ce domaine. Le niveau de pauvreté en Zambie est très élevé, a dit Mme Chilangwa. Pour leurs dépenses, les foyers donnent la priorité à la nourriture ; les règles des adolescentes ne sont pas prises en considération. D’habitude, on s’attend à ce que les adolescentes utilisent des bandes de tissu éponge qu’elles doivent laver et utiliser de nouveau. Toutefois, comme la plupart d’entre elles n’ont pas de cartable, il est difficile et parfois embarrassant d'apporter de telles bandes à l'école. En outre, les installations sanitaires sont limitées dans les écoles, qui ne disposent pas de l'eau courante en général.

La lutte contre l'opprobre

Mmes Chimuka et Chilangwa ont toutes deux dit que les règles font généralement l’objet d’une opprobre dans la culture zambienne. Les premières règles sont souvent une surprise pour les adolescentes à cause du secret qui entoure la menstruation, ont-elles souligné en précisant qu’il n’y avait pas d’éducation sexuelle ni dans les foyers ni dans les écoles.

En outre, a dit Mme Chimuka, on accorde « peu de valeur à l’éducation des filles par rapport à la grande importance attribuée à la maternité ». Elle a souligné que la loi coutumière considérait la puberté comme l’avènement de l’âge adulte et que l'annonce de la menstruation, que ce soient en paroles ou par le sang des premières règles, était une raison pour les adolescentes de quitter l’école.

« Les serviettes hygiéniques offrent une telle aide pour ces adolescentes, parce qu’elles leur permettent d’être sûres de pouvoir aller à l’école sans interruption et aussi de savoir… qu’elles ne vont pas être humiliées parce que tout le monde sait qu’elles ont leurs règles », a fait remarquer Mme Chimuka.

En fournissant des serviettes hygiéniques, la campagne « Une fois par mois » et le petit nombre d’autres programmes semblables offrent de nouvelles possibilités aux adolescentes africaines.

Créer un signet avec :    Qu'est-ce que c'est ?