Aide à l'étranger | La générosité au service du développement

06 août 2008

De l'aide humanitaire des États-Unis

ll s'agit de sauver des vies, pas de faire de la politique.

 
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Des réserves d'urgence sont envoyées en Afghanistan
Préparation d'une cargaison de réserves d'urgence à destination d'Afghanistan.

Washington - Les États-Unis savent depuis longtemps que l'aide aux victimes de catastrophes, qu'elles soient naturelles ou engendrées par l'homme, doit être offerte en dehors de toute considération politique, la priorité absolue étant la protection de la vie et des moyens d'existence.

« En règle générale, l'aide humanitaire est offerte sur une base apolitique et vise à alléger la souffrance de l'humanité sans prendre parti en cas de désaccord ou de conflit, qu'il soit armé ou non. Cette philosophie a sauvé des millions de vies », a affirmé James Warlick, principal sous-secrétaire d'État adjoint aux affaires relatives aux organisations internationales.

C'est la règle qu'applique les organismes caritatifs depuis l'aube du mouvement humanitaire moderne, lancé par Henri Dunant après la bataille de Solferino, dans le nord de l'Italie, en 1859. « Ce n'est qu'en séparant leur action des diverses positions et alliances politiques que les organismes de secours pouvaient obtenir le consentement de gouvernements souverains. »

Dans l'idéal, tout pays accepte l'aide d'autres États et d'organisations non gouvernementales. Mais lorsque l'aide des États-Unis est refusée, il est nécessaire de se tourner vers les Nations unies et des organismes privés répondant aux conditions requises, a dit M. Warlick.

« Les relations étroites que nous entretenons avec d'autres agences bilatérales, avec la Croix-Rouge et avec les agences humanitaire des Nations unies nous offrent de nombreuses possibilités et sont essentielles à la conduite d'opérations efficaces, impartiales et dirigées par des civils », a déclaré M. Warlick lors d'une récente déposition au Congrès.

« Même lorsque la présence des États-Unis n'est pas souhaitée dans un pays quelconque, l'intervention de l'ONU peut garantir le respect de politiques, de procédures et d'objectifs humanitaires proches des nôtres. Souvent, la présence de l'ONU fournit un bouclier sous la protection duquel les biens et services américains peuvent atteindre ceux qui en ont besoin. »

Dans certains cas, des groupes régionaux peuvent convaincre un pays récalcitrant d'accepter l'aide de la communauté internationale. « Lorsqu'un État est dans l'incapacité d'aider son peuple et refuse d'accepter l'aide de l'étranger, la communauté internationale peut, par le truchement des Nations unies, recourir à la diplomatie et autres moyens pacifiques pour tenter de le persuader de laisser entrer l'aide humanitaire sur son territoire. »

« Tout l'art de l'action humanitaire réside dans la mise au point de la meilleure combinaison possible entre les intervenants et une crise spécifique », a déclaré M. Warlick devant une sous-commission sénatoriale des relations étrangères.

Durant cette même séance consacrée à l'aide aux victimes de catastrophes à l'étranger, M. James Kunder, administrateur adjoint par intérim de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), a déclaré que le principe directeur de son agence était le suivant : la souffrance humaine doit être allégée partout où on la trouve. Rien que durant les cinq dernières années, a-t-il précisé, l'USAID est intervenue dans 355 situations catastrophiques dans toutes les régions du monde. La plupart de ces catastrophes restent souvent inconnues du reste du monde, a-t-il précisé.

« L'USAID fournit une aide humanitaire qui est neutre sur le plan politique, impartiale sur le plan social, et fondée uniquement sur les besoins des victimes.

Ses programmes d'aide aux victimes de catastrophes cherchent avant tout à ne pas nuire et, dans la mesure du possible, à protéger les populations et à développer les capacités locales d'intervention. »

Plusieurs sénateurs ont évoqué la récente expérience vécue avec la junte militaire birmane, et notamment sa répugnance à autoriser les États-Unis et d'autres pays à offrir directement des secours à la population dans la foulée du cyclone qui a frappé la région du delta de l'Irrawaddy le 2 mai dernier.

La sous-commission a ensuite examiné les diverses options politiques qui s'offrent aux États-Unis et réfléchi à la question de savoir si des lois supplémentaires sont nécessaires pour renforcer les programmes d'aide humanitaire. L'autre objectif de cette séance était de déterminer si, dans le budget annuel, suffisamment de fonds étaient réservés à ces programmes.

M. Warlick a déclaré que les États-Unis avaient appris que dans des situations semblables au tsunami qui a dévasté les zones côtières de l'océan Indien en décembre 2004, leurs forces armées pouvaient devenir un vecteur essentiel de l'aide humanitaire et qu'aucune agence caritative ne pouvait leur faire concurrence. « Lorsque le tsunami a frappé les États de l'océan Indien, faisant des millions de victimes, l'armée des États-Unis a contribué, plus que toute autre entité, à mettre sur pied une réaction rapide et efficace. »

Dans des situations comme celle de la Birmanie, les États-Unis ont d'autres solutions. « La question de savoir quel est notre dernier recours est le plus grand défi de l'intervention humanitaire », a dit M. Warlick. Il y a deux éléments à considérer : l'un est d'ordre légal, l'autre pratique.

La communauté internationale peut intervenir, même sans le consentement du gouvernement concerné, sur décision du Conseil de sécurité en vertu du chapitre VII de la Charte de l'ONU. Le Conseil décide d'intervenir si la situation présente une menace pour la paix et la sécurité internationales.

En 2005, les dirigeants du monde ont conclu que les nations avaient le devoir de protéger leurs propres peuples et que la communauté internationale avait la responsabilité d'intervenir lorsque des gouvernements inefficaces manquaient à leur devoir envers les membres les plus vulnérables de leur société. Le document final du Sommet mondial de 2005 affirmait spécifiquement que les pays avaient la « responsabilité de protéger » les populations du génocide, de l'épuration ethnique, des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité.

M. Warlick a souligné que le principe plus large selon lequel des actions apparemment internes peuvent menacer la paix et la sécurité internationales était important, et qu'il pouvait légitimement s'appliquer à des situations de crise humanitaire.

Toutefois, imposer une intervention humanitaire par la force peut avoir des conséquences imprévues, notamment en mettant plus de personnes en danger et en entravant les effets de l'aide qui est peut-être déjà en cours de distribution dans le pays. « Une intervention militaire peut interrompre l'activité commerciale, y compris la livraison de l'aide privée, et déplacer des populations qui n'avaient pas forcément été touchées par la catastrophe. »

Durant les premières semaines de la crise en Birmanie, la France a menacé de demander l'autorisation du Conseil de sécurité pour imposer une intervention humanitaire en vertu du principe de « responsabilité de protéger » énoncé dans le Document final du Sommet mondial. Au bout du compte, cette démarche n'a pas abouti.

Pendant que les négociations avec la Birmanie se poursuivaient, des mesures étaient prises sur le terrain pour aider les victimes, a affirmé M. Warlick. Des organisations non gouvernementales (ONG) et des agences onusiennes déjà installées en Birmanie, agissant souvent avec un appui financier de l 'USAID et du département d'État, avaient commencé à évaluer les besoins humanitaires, à coordonner les interventions et à livrer des secours. La junte militaire au pouvoir a fini par autoriser une intervention régionale dirigée par l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est.

« Toutefois, a précisé M. Warlick, le Darfour est un exemple de situation dans laquelle l'absence de sécurité sur le terrain et l'ingérence du gouvernement font obstacle aux opérations humanitaires », a dit M. Warlick.

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