04 août 2008
Cette aide ne se limite pas à la fourniture de médicaments.
Washington - Qu'il s'agisse de laboratoires pharmaceutiques, de fondations ou d'un fabricant de blue-jeans, les entreprises du secteur privé et les associations caritatives américaines jouent un rôle accru pour compléter l'aide publique et pour fournir des millions de dollars à des programmes de lutte contre le sida à l'étranger.
La fondation Bill et Melinda Gates, qui a lancé des projets dans des dizaines de pays et établi des partenariats avec de nombreux États et avec des laboratoires pharmaceutiques pour s'attaquer à la pandémie de sida à travers le monde, est de loin l'organisme qui joue le rôle le plus important.
Toutefois, ce sont les États et surtout les États-Unis qui fournissent la plus grande partie du financement de la lutte contre le sida. Selon des estimations, l'aide privée ne représente que 4 % de l'ensemble des fonds consacrés à cette lutte dans les pays les plus touchés, qui se trouvent principalement en Afrique subsaharienne.
Les programmes financés par la fondation Bill et Melinda Gates et par des entreprises américaines ont trait à la recherche et fournissent aussi à titre gratuit ou à un prix très faible des médicaments antirétroviraux à des séropositifs. En outre, ils mettent en place une infrastructure médicale et informent la population des mesures de prévention à prendre.
La fondation Bill et Melinda Gates a, par exemple, annoncé en novembre 2007 qu'elle allait consacrer 50 millions de dollars pour accroître, de concert avec le gouvernement chinois et des organisations non gouvernementales, la prévention en Chine.
Il y a deux ans, elle s'est engagée à fournir 500 millions de dollars sur une période de cinq ans au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, après lui avoir donné 150 millions de dollars à une date antérieure.
La fondation Bristol-Myers Squibb, qui est financée par les grands laboratoires pharmaceutiques du même nom, a consacré 150 millions de dollars depuis 1999 à des projets de lutte contre le sida dans le cadre de partenariats avec des organisations non gouvernementales des pays bénéficiaires.
« Il s'agit de l'une des plus grandes pandémies auxquelles se heurte le monde. Il nous faut agir et nous attaquer à ces problèmes », a déclaré le président de la fondation Bristol-Myers Squibb, M. John Damonti.
Cette fondation fait surtout porter son action sur les pays les plus touchés de l'Afrique australe (le Botswana, le Lésotho, la Namibie et le Swaziland), mais a également élargi ses programmes en Afrique de l'Ouest, notamment au Burkina Faso, en Côte d'Ivoire, au Mali et au Sénégal.
Ses programmes comprennent la formation de 4.000 responsables locaux chargés de fournir un traitement, des médicaments antirétroviraux et des conseils aux patients.
En outre, cette fondation a créé le Pediatric AIDS Corps afin d'envoyer en Afrique, tous les ans, une cinquantaine de pédiatres nord-américains chargés de soigner les enfants séropositifs.
De son côté, la société Levi Strauss, qui est spécialisée dans la fabrication de blue-jeans, a aussi créé une fondation en vue de lutter contre le sida dans divers pays.
Cette fondation a commencé par chercher à lutter contre l'opprobre et la discrimination dont les séropositifs font l'objet dans les 40 pays où la société Levi Strauss est implantée. Plus récemment, elle est devenue l'une des cinq fondations encourageant l'usage de seringues sans risque en Chine, en Indonésie, en Thaïlande et en Ukraine, selon l'un des responsables de cette fondation, M. Daniel Lee.
« Nous avons un programme qui allie la prévention, le traitement et les soins, a-t-il dit. En offrant une aide financière, nous pouvons élargir le cadre de notre action. »
En collaboration avec la fondation William J. Clinton, la fondation Levi Strauss s'emploie à offrir un traitement et des soins aux salariés de la société Levi Strauss à travers le monde.
La fondation créée par l'ancien président Clinton finance divers programmes de lutte contre le sida dans un grand nombre de pays. Elle n'a pas révélé le montant de son aide, mais elle a réussi à négocier des réductions de prix des médicaments antirétroviraux, ce qui permet d'améliorer l'état de santé des séropositifs dans les 69 pays où l'on compte 90 % d'entre eux. Selon des estimations, quelque 1,4 million de personnes bénéficient de ces médicaments à prix réduit.
En juillet, le fonds Abbott, créé par les laboratoires du même nom, a annoncé qu'il consacrait plus de 40 millions de dollars à un projet destiné à élargir en Tanzanie l'accès au dépistage et au traitement du sida et à aider les orphelins et les enfants en situation vulnérable à cause de cette maladie. Il finance aussi des projets semblables au Burkina Faso, en Inde, au Malawi et en Roumanie.
Enfin, en collaboration avec la fondation Bill et Melinda Gates, les laboratoires Merck ont établi un partenariat pour aider au Botswana des séropositifs à obtenir un traitement. Leur aide s'élève à 56,5 millions de dollars.
Lorsque ce programme a commencé en 2004, moins de 5 % des séropositifs qui avaient besoin d'un traitement en obtenaient un. À l'heure actuelle, ce pourcentage est passé à 85 %, a indiqué une responsable des laboratoires Merck, Mme Maggie Kohn.