30 avril 2008
Cette aide leur fournit la possibilité de poursuivre leurs études et d'échapper à la pauvreté.

Washington - Créée en 2005 par une ancienne enseignante spécialisée dans la valorisation des ressources humaines, Mme Patricia Ortmam, l'association à but non lucratif « Girls Gotta Run » (GGR) fournit des chaussures de sport à de jeunes Éthiopiennes afin de les inciter à poursuivre leurs études.
Cette association recueille des fonds, en partie en vendant des œuvres d'art, de manière à pouvoir acheter des chaussures de sport à l'intention d'adolescentes qui s'entraînent pour devenir des athlètes spécialisées dans la course à pied, ce qui leur permet de poursuivre leurs études, d'obtenir une indépendance financière et d'éviter de devoir se marier de bonne heure.
Pour une fille éthiopienne, le fait de pouvoir courir constitue une véritable expression de la liberté qui se transforme en pouvoir.
« Quand je rêve, je me vois courir si vite que je peux améliorer notre niveau de vie et acheter à toutes les jeunes Éthiopiennes des chaussures de sport », a déclaré une adolescente éthiopienne, Sercalem Tesefay.
Selon l'association Girls Gotta Run, les parents désireux de recevoir une dot pour leurs filles les marient souvent à l'âge de douze ans. Les Éthiopiennes sont plus susceptibles de mourir au cours d'un accouchement du fait de leur jeune âge que de finir l'école primaire. Les parents empêchent les filles de parcourir de longues distances pour aller à l'école de peur qu'elles soient violées ou enlevées, ce qui est aussi un moyen de forcer les filles à consentir à se marier de bonne heure.
L'association GGR cherche à persuader les parents qu'ils doivent laisser leurs filles aller à l'école et ne pas les marier de bonne heure.
La course à pied est devenue un bon moyen d'incitation dans un pays où 7 des 10 athlètes les mieux payées sont de sexe féminin.
Il est cependant très difficile de se procurer des chaussures de sport. C'est pourquoi un groupe d'artistes et d'autres particuliers Américains se sont réunis pour créer l'association Girls Gotta Run afin d'obtenir les fonds nécessaires à l'achat de ces chaussures.
« La course à pied donne aux filles de multiples possibilités et leur permet de s'approprier leur corps. Même si toutes ne réussissent pas, leur entraînement leur offre la possibilité d'enseigner, de choisir le métier d'entraîneur, de se donner à fond », a dit Meseret Defar qui a obtenu la médaille d'or du 5000 m aux derniers jeux Olympiques.
La seule façon dont la jeune Tesdale Mesele a réussi à éviter de se marier et d'avoir des enfants de bonne heure a été de courir. Elle a couru le long de chemins de terre sillonnés de profondes ornières et monté les marches fissurées menant à la place Meskel à Addis-Abéba. Dès qu'elle s'est rendu compte qu'elle courait assez vite, elle s'est mise à courir sur la seule piste du pays située dans le stade d'Addis-Abéba, dans l'espoir d'être découverte par un club de course et de gagner ainsi une petite bourse.
En Éthiopie, la course à pied professionnelle est dominée par les hommes depuis longtemps. Toutefois, selon une revue éthiopienne de sports, 7 des 10 athlètes éthiopiens les mieux payés sont des femmes.
Inspirées par ces nouvelles héroïnes nationales, Mesele et des milliers d'autres adolescentes ont quitté leur village pour venir habiter chez des parents dans la capitale et pour s'entraîner dans l'espoir de participer à des épreuves de course.
Il existe aussi d'autres raisons plus pratiques qui poussent les filles à se maintenir en forme et à courir vite. « Je cours, a dit Mesele, pour que les garçons sachent que je suis forte et qu'ils ne me harcèlent pas. Je cours aussi parce que je tiens à donner la priorité à mes études scolaires. Si je cours bien, l'école voudra me garder et je n'aurai pas à être à la maison pour laver le linge et préparer l'injera », pain en forme de galette qui est l'un des aliments de base dans ce pays.
Mesele loge dans une habitation en pisé qu'elle partage avec trois autres filles que leurs sœurs aînées ont fait venir de la campagne pour les former à la course à pied. Toutefois, leur grande ambition est de poursuivre leurs études. Les filles qui reçoivent une aide de l'association Girls Gotta Run doivent s'engager à finir leurs études.
La sœur aînée de Mesele, Alamas, a déclaré à ce sujet : « Je nourris beaucoup d'espoir pour elle. Quand j'avais son âge, mes parents ont voulu me faire épouser un homme âgé de trente ans. Lorsque je me suis enfuie pour aller dans la capitale, ils étaient furieux et ils ne m'ont pas adressé la parole pendant des années. Toutefois, du fait de son rêve de faire de la course à pied, ma sœur a de la valeur pour eux et elle n'est pas obligée d'avoir des enfants de bonne heure. »