Environnement | Protéger les ressources naturelles

23 septembre 2009

Sommet à New York sur les options face aux changements climatiques

La préparation de la conférence de Copenhague en décembre

 
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M. Obama aux Nations unies le 22 septembre 2009
Le président a évoqué le changement climatique lors de son discours devant l'Assemblée générale de l'ONU le 22 septembre 2009.

Washington - Plus de 100 dirigeants mondiaux se sont réunis le 22 septembre au siège des Nations unies à New York pour une journée de débats dont le secrétaire général Ban Ki-moon espère qu'ils accéléreront les négociations en préparation d'une conférence sur les changements climatiques qui se tiendra en décembre à Copenhague.

Pendant ces débats, un compte à rebours inexorable égrenait sur le site web de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) les jours (75), les heures (13), les minutes (25) et les secondes restant avant le début de la 15e réunion de la Conférence de la CCNUCC prévue du 7 au 18 décembre, où les pays devront mener à bien les négociations relatives à la conclusion d'un nouvel accord de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Les gaz à effet de serre, tels que la vapeur d'eau, le gaz carbonique, le méthane et l'oxyde nitreux, empêchent la chaleur de se diffuser dans l'atmosphère. Sans effet de serre, la surface de la Terre serait d'environ 33 degrés plus froide qu'elle ne l'est aujourd'hui. Mais la teneur excessive de gaz à effet de serre dans l'atmosphère résultant d'activités anthropiques telles que la combustion de carburants fossiles a pour effet, disent les scientifiques, de réchauffer la planète et de modifier son système climatique.

Un accord conclu à Copenhague entrera en vigueur en 2012, date à laquelle arrivera à expiration le Protocole de Kyoto, qui porte amendement à la CCNUCC et impose des obligations de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

« Vous avez le pouvoir d'ouvrir un chemin plus sûr, durable et prospère pour cette génération et celles qui suivent, le pouvoir de réduire les émissions de gaz causes des changements climatiques, pour aider les plus vulnérables à s'adapter aux changements déjà en marche, pour assurer par un effet catalytique l'avènement d'une ère nouvelle de croissance mondiale écologique », a déclaré M. Ban dans son allocution d'ouverture.

« Le moment est venu pour vous d'agir », a-t-il dit.

Propositions concrètes

Dans sa première allocution aux Nations unies, le président Obama a déclaré : « Les États-Unis ont fait plus pour promouvoir l'énergie propre et pour réduire la pollution due au carbone au cours des huit derniers mois qu'à aucune autre époque de leur histoire. »

Il a décrit les investissements de la nation dans l'énergie renouvelable, qui doubleront la capacité de génération de source éolienne et autres en l'espace de trois ans, la première politique nationale visant à accroître le rendement énergétique et à réduire les émissions de gaz à effet de serre, les progrès des premiers projets d'énergie éolienne en mer, et un projet de loi sur l'énergie et le climat qui a été adopté par la Chambre des représentants en juin et qui est en cours d'examen au Sénat.

Sur le plan international, a-t-il noté, les États-Unis ont convoqué en avril la première de six réunions du Forum des grandes économies, proposé un Partenariat sur l'énergie et le climat pour les Amériques, œuvré par l'entremise de la Banque mondiale pour appuyer des projets d'énergie renouvelable dans le monde en développement et inscrit les questions climatiques au premier rang de leurs relations avec la Chine, le Brésil, l'Inde et le Mexique ainsi que d'autres pays, notamment d'Europe et d'Afrique.

« Nous devons, chacun de nous, faire ce que nous pouvons au moment où nous le pouvons pour assurer la croissance de notre économie sans mettre notre planète en danger, a dit M. Obama, et nous devons tous agir de concert. Nous devons saisir l'occasion qui se présente à Copenhague de faire un pas important en avant dans la lutte mondiale contre le changement climatique.

Dans son allocution, le président de la Chine Hu Jintao a déclaré que la communauté internationale devrait traiter les problèmes des changements climatiques mondiaux par le biais d'un développement commun. Il a ajouté que dans les années à venir, la Chine intensifierait ses efforts de conservation de l'énergie et d'accroissement du rendement énergétique, tout en s'efforçant de réduire les émissions de dioxyde de carbone « dans des proportions notables d'ici 2020 par rapport à leur niveau de 2005 ».

La Chine développera les énergies renouvelables et l'énergie nucléaire. Elle prévoit d'accroître la part des carburants de substitution dans sa consommation d'énergie primaire pour la porter à environ 15 % d'ici 2020, d'augmenter son couvert forestier de 40 millions d'hectares et le volume de son stock forestier de 1,3 milliard de mètres cubes d'ici 2020 par rapport aux niveaux de 2005, et d'accélérer les efforts de développement d'une économie à faible émission de carbone et de technologies n'affectant pas le climat, a dit M. Hu.

Le président de la France Nicolas Sarkozy a proposé que les grandes puissances économiques se réunissent à la mi-novembre « pour aller au-delà des jeux de rôle, des discours vides et des visées diplomatiques mesquines pour émettre des propositions concrètes » pour Copenhague, et qu'une organisation mondiale de l'environnement unique soit instituée lors de la réunion de décembre.

Le président des Maldives Mohamed Nasheed, le premier ministre du Japon Yukio Hatoyama, le président du Rwanda Paul Kagame, le premier ministre de la Suède Fredrik Reinfeldt et le président du Costa Rica Óscar Arias ont eux aussi prononcé des allocutions à l'ouverture de la séance plénière.

Interventions sur YouTube

Le sommet n'était pas une réunion des Nations unies telle que l'on y est accoutumé, où les chefs d'État prononcent des allocutions d'ouverture en direct. Contrairement à l'usage, il avait été demandé à ceux-ci d'envoyer des enregistrements vidéo de leur déclaration, lesquels sont disponibles au siège des Nations unies et à la page de la télévision des Nations unies sur YouTube.

« Reconnaissant le droit des pays pauvres de se développer et de sortir leur population de la pauvreté, et pour laisser aux pays en développement la latitude de croître, les pays développés se sont engagés à réduire leurs propres émissions d'au moins 80 % d'ici 2050, a déclaré le premier ministre britannique Gordon Brown dans sa vidéo. « L'étape suivante, a-t-il ajouté, consiste à convenir d'un partenariat financier pour le climat qui aidera les pays en développement à s'adapter aux changements climatiques ainsi qu'à évoluer eux aussi sur la voie d'une croissance à faibles émissions de carbone. »

« Les changements climatiques sont peut-être le défi le plus important que nous ayons à relever aujourd'hui, a déclaré dans sa vidéo le premier ministre thaïlandais Abhisit Vejjajiva. Ils constituent une menace non seulement pour l'environnement mais aussi pour l'économie mondiale, la sécurité internationale et, à terme, pour l'humanité. Si nous choisissions d'ignorer cette menace, nous le ferions à nos propres risques et périls et nous regretterions les conséquences de notre inaction pour nous-mêmes et pour nos enfants. »

La Thaïlande accueillera une fois encore des négociations des Nations unies sur les changements climatiques à Bangkok, du 28 septembre au 9 octobre.

« Le petit État insulaire en développement qu'est Saint-Kitts-et-Nevis, constamment exposé aux caprices du climat et battu par les ouragans qui viennent miner ses progrès sur la voie du développement, a déclaré le premier ministre Denzil Douglas, a recours à ce média pour s'associer une fois encore à l'expression de préoccupations gravissimes concernant la lenteur à laquelle la communauté internationale agit pour traiter de ce problème. »

« La question est complexe, mais la conclusion peut s'énoncer en termes simples, a noté James Leape, directeur général du World Wildlife Fund International. Nous devons, d'une manière ou d'une autre, veiller à ce que les émissions mondiales atteignent leur maximum et commencent à diminuer au cours des huit années à venir. Ce doit être là une priorité pour vous, les dirigeants mondiaux. »

« J'inviterai tous les chefs d'État et de gouvernement à s'engager dans le processus à venir aux fins de conclure un accord politique à Copenhague, a dit le premier ministre danois Lars Løkke Rasmussen. Ce sera là une réponse appropriée à l'appel à l'action émis par la science. Ce sera une réponse appropriée à l'appel en faveur de la transparence émis par l'industrie. Et ce sera une réponse appropriée à l'appel en faveur de la responsabilité émis par nos citoyens. »

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