22 septembre 2009
Il a lancé à cette fin l'initiative « Météo pour tous ».

Genève - Grâce à un partenariat diversifié composé notamment d'entreprises florissantes du secteur de la télécommunication mobile et à une initiative appelée « Météo pour tous » lancée en 2008 par Kofi Annan, président du Forum humanitaire mondial et ancien secrétaire général de l'ONU, des stations météorologiques automatisées poussent comme des champignons dans la région des Grands Lacs de l'Afrique orientale.
Ces stations surveillent les conditions atmosphériques et enregistrent des données nécessaires à l'établissement de bulletins météorologiques. Ces données sont également précieuses pour ceux qui étudient les phénomènes météorologiques et climatiques. Le réseau d'observation météorologique africain compte en effet au total moins de 300 stations, ce qui le rend huit fois inférieur au minimum recommandé par l'Organisation météorologique mondiale (OMM). En outre, moins de 200 stations automatiques sont aux normes de cette organisation.
L'Europe, l'Amérique du Nord et certaines régions de l'Asie ont chacune plusieurs milliers de stations météorologiques qui relèvent la température, la pression barométrique, l'humidité, la vitesse et la direction du vent, et la pluviosité.
« La science du climat n'est pas un simple exercice intellectuel. Ces informations sont de la plus haute importance - et peuvent parfois sauver des vies - pour des centaines de millions de gens », a déclaré M. Annan, le 31 août, lors de la première journée de la Troisième Conférence mondiale sur le climat qui s'est tenue à Genève.
« Nous devons nous concentrer sans relâche sur la façon d'aider ceux qui sont sur la ligne de front du changement climatique. Nous ne pouvons espérer gérer le changement climatique si nous ne le mesurons pas avec précision. Cette information doit en outre, plus que jamais, être à la base des solutions mondiales, nationales et locales apportées aux problèmes découlant des changements climatiques. »
Les autres partenaires de cette initiative, dont l'objectif est d'installer 5.000 stations météorologiques automatiques sur des réseaux déjà existants ou mobiles, sont les suivants : l'OMM ; Ericsson, un important fournisseur d'équipements et de services de télécommunications ; Zain, une société de télécommunication mobile implantée au Moyen-Orient et en Afrique ; et l'Institut de la Terre de l'université Columbia à New York.
Lors d'un colloque organisé en marge de la conférence, M. Walter Fust, directeur du Forum humanitaire mondial, a déclaré que la première phase de l'initiative avait été achevée en juin dernier. Il a précisé que l'on pouvait voir les stations météorologiques sur Google Earth. Les membres du partenariat sont également à la recherche de fonds.
« Trente millions de dollars pourraient suffire à couvrir l'ensemble du continent », a-t-il affirmé.
L'initiative « Météo pour tous » permettra d'augmenter massivement les informations cruciales servant à prévoir les chocs climatiques et à en limiter les ravages. Les premières stations météorologiques ont été installées dans la région des Grands Lacs de l'Afrique, notamment autour du lac Victoria, où 5.000 personnes périssent chaque année à cause de tempêtes et d'accidents.
Près de 70 % des Africains, soit près de 700 millions de personnes, vivent de l'agriculture. Plus de 95 % de l'agriculture africaine dépend, à son tour, de pluies suffisantes. Or les bouleversements découlant du changement climatique rendent obsolètes les connaissances agricoles traditionnelles pourtant fiables depuis des siècles, ce qui crée un besoin important dans le domaine de l'information météorologique.
Le partenariat va profiter de la pénétration sans cesse plus étendue des téléphones portables en Afrique pour envoyer des informations météorologiques aux usagers et aux collectivités, notamment les agriculteurs et les pêcheurs isolés. Il octroiera également des fonds aux services météorologiques nationaux aux fins de formation et d'assistance technique.