08 septembre 2009

Genève - Quelque 2.000 responsables, climatologues et spécialistes de secteurs tels que l'eau, l'agriculture et la santé viennent de terminer leurs travaux le 4 septembre, dans le cadre de la Troisième Conférence mondiale sur le climat, en décidant d'instaurer un Cadre mondial pour les services climatologiques destiné à aider la population à mieux s'adapter à une planète en évolution rapide.
Le Cadre mondial pour les services climatologiques consolidera « la production, l'accessibilité, la fourniture et l'application de services et de prévisions climatologiques à base scientifique », indique la déclaration de haut niveau diffusée à l'issue de la conférence.
Il doit également prévoir un mécanisme de coopération avec les collectivités et les autres utilisateurs des informations climatologiques en vue de la création de produits utiles et du renforcement, au moyen de la formation technique, des capacités des pays en développement à se doter de leurs propres services climatologiques.
Lors de la conférence de presse qu'elle a donnée le 3 septembre à Genève, Mme Jane Lubchenco, qui est à la tête de l'Administration nationale des études océaniques et atmosphériques (NOAA) des États-Unis, a déclaré : « Je suis convaincue que l'on se souviendra de cette journée comme celle où les services climatologiques ont officiellement vu le jour. Tout comme nous dépendons de toutes sortes de services météorologiques, bientôt, si nos efforts sont couronnés de succès, nous pourrons compter sur une variété de prédictions et de services climatologiques à base scientifique. »
Les services climatologiques
Dans les quatre prochains mois, l'Organisation météorologique mondiale (OMM) convoquera un groupe de travail composé de conseillers indépendants de haut niveau et chargé de consulter les États, des organisations compétentes et d'autres intéressés avant de recommander les éléments de ce Cadre mondial.
Certains éléments, tels que le Système mondial d'observation du climat (SMOC) et le Programme mondial de recherche sur le climat (PMRC) existent déjà et seront renforcés.
Créé en 1992, le SMOC se compose de bouées, de capteurs, d'aéronefs et de satellites qui enregistrent des données sur les propriétés physiques, chimiques et biologiques du système climatique ainsi que sur ses composantes (atmosphère, océans, terres, eaux et glace). Il est coparrainé par la Commission océanographique intergouvernementale de l'UNESCO, par le Programme des Nations unies pour l'environnement et par le Conseil international pour la science.
Le PMRC a été créé en 1980 par l'OMM et par le Conseil international pour la science et il est coparrainé par la Commission océanographique intergouvernementale de l'UNESCO. Sa mission est de déterminer la prévisibilité du climat et l'effet de l'activité humaine sur le climat. Grâce à son action, des climatologues ont réussi à suivre l'évolution du climat mondial, à la modéliser et à la prévoir avec une précision sans précédent.
Deux des éléments du Cadre mondial seront nouveaux : un système d'information pour les services climatologiques créera des informations, des produits, des prévisions et des services, et un programme d'interface utilisateurs permettra de combler l'écart entre les informations climatiques élaborées par les climatologues et les informations pratiques dont ont besoin les utilisateurs. Au fur et à mesure de l'élaboration du Cadre mondial, il offrira les formes de service qui sont nécessaires à la population pour s'adapter à l'évolution du climat.
Lors de sa présentation à la conférence le 3 septembre, Mme Lubchenco a déclaré : « Imaginez des agriculteurs qui peuvent décider ce qu'il leur faut planter et où il convient de le faire en se fondant sur des prévisions relatives à la sécheresse et portant sur une période allant de trois à cinq ans.
« Imaginez, des localités côtières qui peuvent se préparer à la montée du niveau de la mer et à des tempêtes de grande ampleur (…) des responsables qui peuvent garantir la fourniture d'eau potable, la production d'énergie, l'agriculture et de nombreux autres services (…) des responsables de la santé publique qui sont prêts à faire face à des foyers de paludisme, ou même qui peuvent les éviter, en se fondant sur les prévisions de longue durée relatives aux précipitations. »
Les changements climatiques en Afrique
À l'issue de la conférence de Genève, des responsables africains de la météorologie ont annoncé, le 4 septembre, qu'ils se réuniraient pour la première fois, du 15 au 19 mars 2010, en vue d'envisager les moyens d'améliorer la fourniture aux décideurs d'informations ayant trait au temps, au climat et à l'eau. Cette réunion sera organisée par l'OMM et par l'Union africaine.
Le continent africain est particulièrement vulnérable aux changements climatiques. Déjà, le nombre et l'ampleur des catastrophes naturelles augmentent en raison du réchauffement climatique. Tous les secteurs de l'Afrique sont touchés, qu'il s'agisse de l'agriculture, de l'alimentation en eau, de la sylviculture ou de la santé.
Les services nationaux de météorologie et d'hydrologie en Afrique ont un rôle important à jouer pour évaluer les changements climatiques et pour les suivre, et leurs avertissements sont essentiels pour éviter des catastrophes naturelles, a déclaré le secrétaire général adjoint de l'OMM, M. Jeremiah Lengoasa, durant la conférence de Genève.
Pour sa part, le vice-président de la Tanzanie, M. Ali Mohamed Shein, a dit aux délégués à la conférence, le 3 septembre : « Les services de météorologie et d'hydrologie en Afrique exigent que l'on accroisse et modernise les réseaux d'observation, que l'on mette en place un système perfectionné de télécommunications pour échanger les données pertinentes et que l'on dispose des instruments nécessaires au traitement des informations et à l'élaboration de prévisions. »
La réunion des responsables africains portera aussi sur la contribution des services nationaux de météorologie à l'action des pouvoirs publics africains en ce qui concerne la préparation des mesures nécessaires à l'adaptation aux changements climatiques.