22 mai 2009
Des élèves de 56 pays participent chaque année à ce concours pour gagner des prix et des bourses universitaires.

Washington - Après être rentrée bredouille de la Foire internationale des sciences et techniques ISEF de l'année dernière, Tara Adiseshan a décrit le projet qu'elle avait soumis et qui portait sur un champignon fatal pour les amphibiens. Elle a ainsi expliqué ce qui l'avait poussée à choisir ce sujet. « J'ai toujours aimé les animaux, depuis que je suis toute petite. Parfois j'ai l'impression que la mission que j'ai dans la vie est de les sauver ! Quand je me suis passionnée pour la science, j'ai décidé que je voulais mettre toutes les possibilités scientifiques au service des animaux plutôt que de les utiliser pour faire avancer la science, » a-t-elle dit lors d'un entretien accordé à Cogito, un site Web pour les jeunes qui s'intéressent aux mathématiques et aux sciences.
Cette année, âgée de 14 ans, Mlle Adiseshan travaille sur un projet différent mais toujours relatif au domaine des animaux et qui a trait aux liens entre l'évolution et l'écologie. Elle a été l'une des trois lauréates de la Foire internationale des sciences et techniques de cette année, qui s'est tenue du 10 au 15 mai à Reno, dans l'État du Nevada. Les trois jeunes élèves ont reçu des prix et une bourse de 50.000 dollars pour poursuivre des études supérieures.
Cette année, 1.563 jeunes scientifiques originaires de 56 pays différents se sont disputés les 4 millions de dollars en bourses universitaires, dons éducatifs et voyages scientifiques qui étaient en jeu à cette foire que la fondation Intel organise en partenariat avec la Société pour la science et le public.
Les concurrents sont des élèves du secondaire qui se qualifient en remportant le premier prix dans divers concours scientifiques locaux, régionaux ou nationaux dans le monde entier. Parmi les participants à la foire de Reno : Bruno Oliveira Buzo, du Brésil, qui a mis au point un écran solaire peu coûteux à base d'extrait d'une plante sud-américaine dans le but de réduire la prévalence du cancer de la peau chez les populations à faible revenu. Kin Israel Notarte, Karina Louise de la Cruz et Jamie Mananquil, des Philippines, ont quant à eux évalué l'effet des algues marines sur l'inhibition mitotique dans les cellules d'embryons d'oursins afin d'identifier d'éventuels composés chimiques anticancéreux.
« Le but à long terme de la Foire internationale est de mettre en vue les accomplissements des nouvelles générations dans différents domaines », a indiqué Craig Barrett, président de la société Intel qui est l'un des principaux parrains de cette foire depuis 1997. « J'espère que de plus en plus de jeunes verront ce que ces élèves ont accompli dans le domaine scientifique et se rendront compte qu'il est possible de se distinguer auprès de ses camarades et du public en utilisant son cerveau. On n'a pas forcément besoin d'être quaterback, basketteur ou joueur de base-ball pour être célèbre. »
Li Boynton, âgée de 17 ans, a remporté le premier prix pour avoir mis au point un moyen d'utiliser des bactéries bioluminescentes pour détecter des polluants environnementaux.
« Je voulais découvrir un détecteur biologique qui serait très bon marché et économique parce que je voulais que les pays du Tiers monde et ceux qui n'ont pas accès à des moyens plus coûteux et plus sophistiqués puissent s'en servir pour faire face au problème des eaux contaminées qui existe de nos jours dans le monde », a souligné Mlle Boynton, qui habite dans la ville de Bellaire, au Texas.
Quand on lui a demandé ce qui l'avait attirée vers les sciences, Li Boynton a dit : « Ce qu'il y a avec les sciences, c'est que ça change toujours et c'est novateur, alors je ne m'ennuierai jamais. Il y a toujours des avancées. C'est ce que j'aime dans les sciences. »

La gagnante du troisième prix est Olivia Schwob, 16 ans, qui a étudié le système d'appréhension de leur environnement des ascarides pour voir comment cela pourrait s'appliquer au niveau de l'homme et des handicapés mentaux.
« Les implications possibles sont très importantes », a dit Mlle Schwob, une lycéenne de Boston. « J'ai réussi à exprimer le gène de la protéine neuronale associée à la croissance (GAP 43) et celui-ci joue un très grand rôle au niveau du développement mental chez l'homme, au point que si vous retirez un de ses allèles, vous entraînez un retard mental profond. Alors tout ce que vous pouvez apprendre au sujet de ce gène peut s'appliquer avec fiabilité à l'être humain pour traiter, prévenir et même guérir ce genre de maladies. »
Dans son projet, Tara Adiseshan a réussi à identifier et classer les liens évolutionnaires entre les abeilles de sueur et les nématodes, des vers microscopiques qui vivent dans leurs corps.
« En fait, les abeilles de sueur sont l'hôte et les nématodes sont les symbiotes. Et parce que ces deux espèces ont un lien écologique si intime, cela m'a intriguée et j'ai voulu savoir s'il existait aussi entre eux des liens évolutionnaires », a précisé Mlle Adiseshan, qui habite à Charlottesville, en Virginie.
Comment a-t-elle trouvé un laboratoire et un mentor pour faire ses recherches ? Adolescente de 13 ans, Mlle Adiseshan dit avoir contacté « pratiquement tous les scientifiques dans un rayon de 160 kilomètres ».
Pour son nouveau projet, elle dit avoir eu « la chance de trouver un étudiant de troisième cycle qui était prêt à lui apprendre à utiliser tous les instruments scientifiques et à répondre à toutes ses questions ».
Dans son entretien avec Cogito, Mlle Adiseshan a dit que si elle avait un conseil à donner aux autres jeunes qui s'intéressent à la recherche scientifique, c'était de ne pas désespérer. « Au cours de mon projet, j'ai souvent eu l'impression de piétiner - puis, avec quelques événements inattendus, ça a commencé à donner des résultats ! Par exemple, durant la phase des études au microscope, je n'arrivais pas à ajuster la coloration des échantillons. Je n'arrivais à trouver ni les bonnes concentrations, ni la durée nécessaire pour la coloration. Mais après beaucoup de travail, j'ai fini par découvrir les paramètres exacts et j'ai réussi à obtenir de très bonnes images. »
Selon Intel, les concurrents qui participent à cette foire font du travail scientifique très sérieux. Ainsi, plus de 20 % de ceux qui ont pris part à la foire de 2009 ont l'intention de breveter leurs travaux.