11 mai 2009

La position de toutes les grandes compagnies pétrolières américaines en matière d'efficacité énergétique est fonction de la personnalité d'entreprise de chacune d'entre elles, mais elles n'en ont pas moins certaines caractéristiques communes. ExxonMobilCorp., Chevron Corp., Shell Oil Co., ConocoPhillips Corp. et BP America sont toutes, à divers degrés, favorables à l'efficacité énergétique et à l'utilisation de combustibles de substitution (biomasse, énergie solaire et éolienne).
ExxonMobil, fidèle à son approche conservatrice, a peut-être pris son temps avant d'adopter l'écologie, mais elle le fait maintenant avec enthousiasme. L'an dernier, lors d'une déposition devant le Congrès, le député Edward Markey (démocrate du Massachusetts) a accusé la société de traîner des pieds en matière de développement des combustibles de substitution alors que les quatre autres compagnies consacraient 3,5 milliards de dollars à la recherche sur les énergies solaire et éolienne, et sur le biodiesel, entre autres.
Rex Tillerson, président directeur général d'ExxonMobil, a souligné l'engagement de la compagnie envers l'efficacité énergétique lors d'un discours prononcé au Congrès mondial du pétrole qui s'est tenu à Madrid en 2008. « L'efficacité énergétique, c'est l'utilisation sage et rationnelle de l'énergie, grâce aussi bien à l'emploi de technologies avancées qu'à celui du bon sens. C'est faire la même chose, ou plus, avec moins » a-t-il déclaré.
« L'efficacité est un élément clé de toutes nos campagnes de publicité et de sensibilisation », a encore rappelé le porte-parole d'ExxonMobil, Chris Welberry.
Shell, partisane de la première heure des combustibles de substitution et de l'efficacité énergétique, a publié en 2007 un « rapport de viabilité » pro-environnemental où l'on pouvait lire que les ressources en pétrole et en gaz naturel facilement accessibles ne pourraient plus satisfaire la demande après 2015. Il était en outre affirmé dans ce rapport que « pour couvrir le déficit, le monde n'aura d'autre choix que d'utiliser l'énergie plus efficacement et d'augmenter le recours à d'autres sources d'énergie ».
Le directeur général de la compagnie, Jeroen van der Veer, encourage les initiatives de Shell dans le domaine des combustibles de substitution. « Il est clair que le développement durable est essentiel pour l'avenir de tous et la réussite de la compagnie », déclarait-il dans un communiqué accompagnant le rapport.
Un porte-parole a confirmé à eJournal USA : « À Shell, nous sommes persuadés que nous devons utiliser toutes les solutions possibles pour répondre au défi énergétique auquel nous faisons face - y compris les sources renouvelables dans lesquelles nous avons investi, telles que l'hydrogène, la biomasse et les énergies solaire et éolienne ».
Dans sa campagne de promotion de l'efficacité énergétique, « Will you join us », Chevron annonce qu'elle a réduit sa propre consommation d'énergie de 27 % depuis 1992, et elle encourage les consommateurs à suivre son exemple.

Sur son site Web, Chevron explique que l'amélioration de l'efficacité est la source la moins coûteuse, la plus facile et la plus fiable de toutes les énergies « nouvelles » disponibles. « Si nous faisons comprendre comment de petits gestes, comme celui de débrancher l'ordinateur la nuit, peuvent déboucher sur des économies d'énergie considérables, nous sommes persuadés que les gens seront plus disposés à opérer de modestes changements dans leur vie quotidienne », peut-on y lire.
Le porte-parole de Chevron, M. Morgan Crinklaw, a déclaré à eJournal USA que la page du site Internet de Chevron consacré à la campagne « Will you join us » (http://www.willyoujoinus.com) avait reçu quelque 3,5 millions de visites depuis son lancement en juillet 2005. « Nous sommes persuadés que la campagne a fortement contribué à encourager le dialogue sur l'efficacité énergétique et les économies d'énergie », a-t-il encore ajouté.
BP a été la première grande compagnie pétrolière à se déclarer en faveur de la limitation des émissions de gaz à effet de serre et à favoriser la mise en œuvre de mesures plus strictes d'efficacité énergétique et de conservation dans tout le pays.
En mai 1997, l'ex-président de PB, John Browne, a déclaré qu'il était persuadé que le changement climatique était réel et que sa compagnie allait réduire ses propres émissions de gaz carbonique. À l'époque, les autres grandes compagnies internationales disaient toutes qu'il n'y avait pas suffisamment de preuves pour soutenir la théorie du réchauffement climatique.
BP America dit posséder le portefeuille le plus diversifié de sources d'énergie du pays. Elle envisage de dépenser plus de 8 milliards de dollars au cours des dix prochaines années pour développer des projets d'énergie de substitution.
L'un de ses programmes de relations publiques, A+ for energy, offre des bourses d'études sur l'économie d'énergie à des écoles américaines et canadiennes. Les enseignants sont encouragés à proposer des projets visant à éveiller chez les élèves, de la grande maternelle à l'école secondaire, la prise de conscience de l'importance de la conservation de l'énergie. BP a investi plus de 15 millions de dollars dans de tels projets depuis 2004.
ConocoPhillips dit avoir été la première grande compagnie pétrolière américaine à recommander l'adoption de mesures contraignantes concernant les émissions de gaz carbonique. En avril 1997, son président directeur général, Jim Mulva, déclarait déjà : « Nous reconnaissons que l'activité humaine, y compris la consommation de combustibles fossiles, contribue à l'augmentation de la concentration des gaz à effet de serre dans l'atmosphère, ce qui peut avoir des conséquences négatives sur le climat de la planète. »
La compagnie est membre de l'U.S. Climate Action Partnership, une coalition d'entreprises et de groupes écologistes qui font pression sur le Congrès pour qu'il adopte une législation appropriée ; Shell et BP appartiennent également à ce groupe.
ConocoPhillips parraine un prix annuel en conjonction avec l'université de Saint Andrews (Écosse) sur la recherche de solutions durables aux défis environnementaux. Avec l'université d'État de Pennsylvanie, elle offre également un prix récompensant les idées sur l'amélioration de la manière dont les États-Unis produisent et utilisent l'énergie.
- Un rapport de Patrick Crow