Environnement | Protéger les ressources naturelles

08 mai 2009

L'efficacité énergétique : perspective sur le long terme

 
Lignes à haute tension au sommet d'une montagne de Pennsylvanie, faisant partie d'un vaste réseau national.

 

Stacy Angel et Larry Mansueti

 

Le prix des hydrocarbures a atteint un niveau record à la mi-2008 pour chuter ensuite en flèche, entraîné dans le tourbillon descendant de l'économie mondiale. Dès son entrée en fonctions, le nouveau président des États-Unis a fait de la crise économique sa préoccupation numéro un et a décidé d'inscrire les questions inséparables de l'énergie et de l'économie au premier rang de son plan de relance. Mais plusieurs années avant que la crise n'éclate, l'industrie américaine de l'énergie et les responsables chargés de sa réglementation avaient déjà uni leurs forces pour formuler et appliquer de nouvelles mesures conçues pour accroître l'efficacité de toute l'infrastructure énergétique du pays.

 

Stacy Angel et Larry Mansueti supervisent l'aide fédérale apportée au Plan d'action national pour l'efficacité énergétique. Stacy Angel travaille à la Division des partenariats pour la protection du climat de l'Agence pour la protection de l'environnement, où elle appuie les programmes facultatifs visant à réduire les émissions de gaz carbonique par l'emploi d'une énergie propre et l'accroissement de l'efficacité énergétique. Larry Mansueti est fonctionnaire à l'Office de l'électricité du ministère de l'Énergie, où il soutient les hauts responsables chargés de la politique de l'électricité et où il aide les États qui s'emploient à accroître le rendement énergétique par le biais de la réglementation du secteur de l'électricité.

 

Promulguée le 17 février, la loi de 2009 sur le programme de relance et de réinvestissement aux États-Unis vise à favoriser un niveau sans précédent d'investissement dans l'efficacité énergétique.

L'investissement dans des technologies et des pratiques plus efficaces dans nos foyers, nos entreprises, nos établissements scolaires, nos bâtiments publics et nos industries - qui représentent 70 % de notre consommation totale de gaz naturel et d'électricité - est l'une des façons les plus constructives et les plus rentables de créer des emplois. Dans le même temps, cet investissement viendra s'attaquer aux problèmes du coût de l'énergie, de la sécurité et de l'indépendance énergétiques, de la protection de l'environnement et du changement climatique dans le court terme. L'amélioration de l'efficacité énergétique pourrait permettre aux États-Unis de satisfaire quelque 50 %, voire plus, de l'augmentation projetée de la consommation d'électricité et de gaz naturel au cours des décennies à venir, ce qui économiserait des milliards de dollars en coûts énergétiques et éviterait l'émission dans l'atmosphère de quantités considérables de gaz à effet de serre et autres polluants.

Conscientes des vastes possibilités offertes par l'efficacité énergétique, plus de 60 grandes organisations représentant diverses parties prenantes de tout le pays ont uni leurs efforts pour formuler en 2006 un Plan national d'action pour l'efficacité énergétique. Un grand nombre de ces parties prenantes sont précisément des entités qui peuvent faire beaucoup dans ce domaine, à savoir notamment les compagnies de gaz et d'électricité et les organismes publics de réglementation.

Homme montrant une maquette de réseau d'électricité (AP Images)
Technicien indiquant sur une maquette du réseau la ligne d'un million de volts dont la coupure a provoqué la panne de 2005.

Le Plan d'action identifie les principaux obstacles qui contribuent au sous-investissement dans l'efficacité énergétique, émet cinq grandes recommandations de politique en vue de réaliser son objectif d'efficacité par rapport au coût dans l'amélioration du rendement énergétique global et propose un cadre politique, dit Vision pour 2025, pour obtenir et mesurer les progrès vers l'objectif visé. Les obstacles à l'accroissement des investissements dans le domaine de l'efficacité énergétique sont multiples et largement répandus parmi les différents clients et les compagnies de services publics. C'est ainsi que les clients qui ne paient pas directement leurs factures d'énergie, dans certains immeubles de location par exemple, ne sont pas encouragés à dépenser davantage pour acheter des ampoules électriques ou des téléviseurs plus économes en énergie, parce que c'est le propriétaire qui bénéficie des économies. Par ailleurs, il se peut que les compagnies d'énergie soient en mesure de réduire leurs coûts pour répondre à toutes les demandes de leurs clients en soutenant l'accroissement de l'efficacité énergétique, mais les méthodes couramment appliquées pour obtenir ces réductions de coûts ne sont pas toujours bien documentées et il arrive souvent qu'elles ne soient pas prises en considération dans la planification ou les efforts de financement des compagnies.

Le Plan d'action bénéficie d'un large appui de la part des États, des compagnies de services publics et des consommateurs dans tous les États-Unis. À ce jour, plus de 120 organisations ont adopté les recommandations du Plan d'action et pris publiquement des engagements qui contribueront à la réalisation de la Vision pour 2025. L'Agence de protection de l'environnement (EPA) et le ministère de l'Énergie des États-Unis se contentent de faciliter les travaux de cette initiative entre secteurs public et privé, et les vues et déclarations sont donc celles des membres du Plan d'action. Mais celui-ci émet ainsi un message puissant auquel toute une gamme de décideurs de tous les États-Unis a donné son aval.

La Vision pour 2025 est le principal document du Plan d'action. Compte tenu de la structure de réglementation des services publics des États-Unis, nombre des politiques visant à éliminer les obstacles à l'efficacité énergétique doivent être mises en œuvre au niveau des États. En conséquence, la Vision pour 2025 présente un cadre de politique pour favoriser une amélioration globale de l'efficacité énergétique qui soit également efficace par rapport aux coûts, tout en reconnaissant la diversité des circonstances et des dispositifs de réglementation au niveau des régions, des États et des localités. Les détails des politiques et les décisions relatives à leur mise en œuvre seront donc définis par le biais de processus appropriés au niveau des États. C'est par ailleurs un cadre qui peut être continuellement actualisé et amélioré.

La Vision s'appuie sur plus de deux décennies d'expérience en matière d'efficacité énergétique pour énoncer 10 objectifs à atteindre. Les progrès sur la voie de la réalisation de ces objectifs sont mesurés au moyen de processus clairement définis qui ont permis de constater, à la fin 2007, que si on avait beaucoup fait, il restait aussi beaucoup à faire. Près de la moitié des États ont instauré des programmes d'efficacité énergétique visant tous les clients et adopté des codes de construction qui exigent l'application de normes d'efficacité énergétique supérieures pour les nouvelles maisons et les nouveaux bâtiments. De plus, environ un tiers des États ont fixé des cibles d'économie d'énergie et ont pris en compte le problème des éléments qui dissuadent les compagnies de services publics de soutenir les efforts d'accroissement de l'efficacité énergétique. Certains États, par exemple, ont adopté des politiques qui font que les compagnies de services publics ne peuvent plus faire de bénéfices par la simple augmentation de la fourniture d'énergie.

Les États n'ont pas fait autant de progrès pour ce qui a trait à l'établissement de dispositifs de financement cohérents et stables en faveur de l'efficacité énergétique. Ils fournissent des appuis financiers réguliers aux compagnies de services publics pour la construction de centrales électriques, de lignes de transmission et d'oléoducs/gazoducs par le biais de processus réglementaires autorisant le recouvrement des frais d'équipement au moyen d'augmentations de tarifs. Ils pourraient également adopter une politique de financement des mesures d'amélioration de l'efficacité énergétique par des révisions de la structure de tarification en vue de la réalisation des objectifs du Plan d'action.

Compte tenu des succès enregistrés et des problèmes à résoudre à ce jour, les États, les compagnies de services publics et les autres organisations consacrent actuellement quelque 2 milliards de dollars par an aux programmes d'efficacité énergétique. Ce volume d'investissement a évité la mise en place de capacités de production équivalent à plus de 30 centrales électriques de 500 mégawatts et un volume d'émissions de gaz à effet de serre équivalent à celles de 9 millions de véhicules automobiles par an, tout en économisant aux consommateurs près de 6 milliards de dollars par an.

Le financement de la relance économique approuvé par le Congrès et autorisé par le président Obama apporte un surcroît de ressources absolument nécessaires, d'un volume s'élevant à plusieurs fois le volume actuel, afin d'obtenir des avantages encore plus grands au moyen de l'accroissement de l'efficacité énergétique. Mais même avec ce financement, le programme du Plan d'action n'a pas encore atteint son but. Le potentiel d'économies d'énergie efficaces par rapport au coût dans les bâtiments et les maisons de notre pays dépasse celui qui pourra être obtenu grâce aux activités de relance. Par ailleurs, la main-d'œuvre formée et expérimentée dans le domaine de l'efficacité énergétique se développera du fait des activités de relance et sera disponible pour fournir des services au parc de construction additionnel. Les responsables politiques peuvent agir dès à présent pour que l'on puisse poursuivre dans le long terme l'élimination des obstacles à l'accroissement de l'efficacité énergétique initialement reconnus par le Plan d'action. Il faudra pour cela réexaminer l'alignement des investissements en faveur de l'efficacité énergétique entre les consommateurs et les fournisseurs d'énergie, et considérer notamment ce que les compagnies de services publics peuvent faire dans leurs efforts de planification pour réduire les coûts en plaçant l'efficacité énergétique sur un pied d'égalité avec la production d'électricité et de gaz naturel. Le cadre établi par la vision du Plan d'action est proposé aux États pour les aider à déterminer comment ils peuvent continuer de stimuler l'amélioration de l'efficacité énergétique tout en conservant des emplois à long terme.

Au fur et à mesure de la mise en œuvre des mesures de relance économique, l'équipe de direction du Plan d'action continuera de mettre ses multiples rapports et outils d'assistance technique à la disposition des États, des gouvernements locaux et des programmes d'efficacité énergétique. Les pratiques optimales et les connaissances spécialisées sur lesquelles sont fondées ces ressources pourront contribuer à un emploi prompt et efficace des financements de relance, tout en appuyant l'élaboration d'un environnement politique propice à l'accroissement de l'efficacité énergétique qui sera d'une utilité incontestable une fois que le programme de relance sera arrivé à expiration.

Le Plan national d'action pour l'efficacité énergétique est affiché sur le site de l'EPA à http:www.epa.gov/eeactionplan.

 

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