10 juillet 2009

Washington - Les effets des changements climatiques mettent en danger tous les pays, et aucun pays ne peut à lui seul faire face à ce problème, a déclaré le président Obama en indiquant qu'il incombait aux États-Unis et aux autres pays industriels de jouer un rôle de premier plan pour réduire la pollution due au gaz carbonique (CO2) qui entraînait le réchauffement de notre planète.
Le 9 juillet, lors de la réunion au sommet du groupe des Huit (G8) à L'Aquila (Italie), il a souligné que les changements climatiques constituaient l'un des « défis déterminants de notre époque » et que l'on ne pouvait plus ne pas tenir compte des résultats de travaux scientifiques qui étaient concluants dans ce domaine.
« Les glaces flottantes fondent, a-t-il dit. Le niveau des océans monte. Leur eau s'acidifie. Nous avons déjà observé ces effets sur les conditions météorologiques, sur nos ressources alimentaires et hydriques, sur notre santé et sur notre habitat. »
Le 8 juillet, les États membres du G8 (l'Allemagne, le Canada, les États-Unis, la France, l'Italie, le Japon, le Royaume-Uni et la Russie) sont parvenus à un accord d'importance historique quant à la réduction de la pollution causée par les émissions de CO2. D'ici à 2050, les pays industriels réduiront leurs émissions de CO2 de 80 % par rapport à une année de base qu'ils n'ont pas encore établie. Ils sont aussi convenus d'œuvrer de concert avec d'autres pays en vue de réduire de moitié l'ensemble des émissions dans le monde.
« Cette décision ambitieuse est conforme à la volonté de limiter le réchauffement climatique à pas plus de deux degrés Celsius, qui, comme notre déclaration l'a reconnu explicitement pour la première fois, est ce que la plupart des scientifiques préconisent », a dit M. Obama.
Le président a indiqué que les pays industriels et en développement avaient un ordre de priorité différent du fait que leur stade de développement économique était aussi différent. Les pays en développement ne veulent pas « sacrifier leurs aspirations au développement et à un niveau de vie plus élevé », mais ils doivent participer activement à une solution car ils vont être la source de la plus grande partie de l'augmentation des émissions prévues.
Par ailleurs, ce sont les pays industriels qui ont « l'empreinte carbone la plus grande par habitant », et il leur incombe donc de donner l'exemple dans ce domaine, a-t-il dit en s'engageant à faire en sorte que les États-Unis jouent un rôle de premier plan à cet égard.
« Je sais que par le passé les États-Unis ont parfois manqué de s'acquitter de leurs responsabilités. Je tiens donc à dire clairement que cette période est révolue », a-t-il affirmé.
Les discussions sur les changements climatiques ont également inclus, le 9 juillet, l'Afrique du Sud, l'Australie, le Brésil, la Chine, la Corée du Sud, le Danemark, l'Inde, l'Indonésie et le Mexique, qui ont participé au forum des grandes puissances économiques avec les États membres du G8.
Pour la première fois, les pays en développement participant à ce forum « ont reconnu l'importance de la limite des deux degrés Celsius et sont convenus d'agir pour réduire de façon appréciable leurs émissions » au cours des dix prochaines années, a indiqué le président. Ils sont aussi convenus de négocier des objectifs concrets en vue de réduire leurs émissions de CO2 d'ici à 2050, avant la réunion internationale sur les changements climatiques qui doit avoir lieu à Copenhague (Danemark) en décembre 2009.
Les participants au forum sont convenus d'établir pour l'ensemble des émissions de CO2 une « année record » à partir de laquelle cet ensemble commencera à diminuer. Selon M. Obama, ces réductions devraient être « mesurables » et « vérifiables ». Les pays en développement auront aussi accès à des ressources financières accrues de manière à pouvoir adopter de nouvelles technologies en matière d'énergie propre et à élaborer des plans destinés à réduire l'augmentation des émissions de CO2.
Il est aussi prévu d'établir un partenariat mondial en vue de doubler le volume de la recherche et du développement de technologies en matière d'énergie propre et de les introduire sur le marché mondial.
Bien que les participants au forum aient eu des difficultés à se mettre d'accord sur les changements climatiques en raison de la récession économique mondiale, a-t-il dit, le forum a constitué un bon départ.
Le président a fait état des mesures que les États-Unis avaient prises en 2009, telles que des investissements, représentant des milliards de dollars, consacrés à la mise au point de technologies propres, l'adoption de normes plus strictes en matière de consommation de carburants pour les véhicules et l'élaboration d'une proposition de loi exigeant la réduction de plus de 80 %, d'ici à 2050, de la pollution due aux émissions de CO2 sur leur territoire.
« Je me suis rendu compte qu'il allait être absolument essentiel que nous tous fassions plus que ce qui est attendu si nous voulons réaliser nos objectifs », a-t-il dit.
Après exhorté tous les pays à coopérer, M. Obama a dit que le monde avait le choix soit de décider de son avenir soit de laisser les événements le déterminer.
« Nous savons que les problèmes auxquels nous nous heurtons sont créés par des êtres humains. Il s'ensuit que nous sommes en mesure de les résoudre », a-t-il affirmé.