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06 janvier 2009

Un partenariat pour encourager l'étude des sciences géologiques en Afrique

AfricaArray recourt aux stations sismologiques et à la recherche pour promouvoir cette discipline.

 
Un diamant brut de 478 carats, le vingtième plus gros jamais recensé, a été découvert le 8 septembre à Letseng au Lesotho.

Washington - Sous la surface du continent africain - qui est le deuxième de la planète par sa superficie - se trouvent de vastes ressources minières, pétrolières, aquatiques et géothermiques. De nombreux scientifiques africains sont déjà à l'œuvre pour exploiter ces richesses naturelles, mais il en faudrait davantage pour les mettre vraiment en valeur et renforcer la croissance économique.

AfricaArray est un programme ambitieux, qui vise, sur 10 ans, à améliorer les compétences des universités africaines à former des géologues de niveau international ; lancé, il y a quatre ans, sous forme d'un partenariat entre les secteurs privé et public, AfricaArray a réalisé les objectifs de sa première phase et a entamé la suivante.

« Nous avons commencé avec le soutien matériel de la part des trois partenaires fondateurs », a dit, à America.gov, Andrew Nyblade, professeur de géologie à l'université d'État de Pennsylvanie (Penn State) et codirecteur d'AfricaArray. Ces partenaires sont l'université de Witwatersrand, à Johannesburg, en Afrique du Sud, Penn State, et le Conseil pour les sciences géologiques de Pretoria, en Afrique du Sud - autrefois désigné comme l'Institut sud-africain d'études géologiques.

Travailler en partenariat

Le nouveau système de soutien éducatif Afrique-à-Afrique est fondé sur le principe du Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique, un cadre stratégique établi en 2001 par l'Union africaine dans le but d'éradiquer la pauvreté, de promouvoir la croissance et le développement durables, d'améliorer l'intégration de l'Afrique dans l'économie internationale et d'accélérer les efforts visant à renforcer le rôle des femmes.

La première phase d'AfricaArray, de 2004 à 2007, visait surtout à revitaliser le programme d'études géophysiques à l'université de Witwatersrand, a dit M. Nyblade. Elle comprenait notamment une levée de fonds pour assurer à l'université les services d'un sismologue reconnu, l'achat d'ordinateurs et d'instruments géophysiques et techniques, de même que la mise en place d'un réseau comprenant 30 stations sismologiques dans 13 pays, la plupart en Afrique australe et de l'Est, mais aussi deux stations au Cameroun, en Afrique de l'Ouest.

Un cours de sciences géophysiques internationales a été établi et un projet de recherches à aspects multiples a été lancé.

Pour sauvegarder et gérer les données produites par AfricaArray, un consortium établi en 1984 avec l'appui de la Fondation nationale des États-Unis pour les sciences et baptisé Institutions intégrées de recherche sismologique a mis son matériel et ses installations informatiques à la disposition de ce programme.

Aujourd'hui, AfricaArray a des centaines de partenaires dans des industries liées aux ressources naturelles, dans l'enseignement supérieur et au sein des gouvernements. Certains de ces partenaires parrainent des dons et des contrats ; d'autres contribuent de l'équipement, offrent une assistance technique ou l'accès à leurs données et installations de recherches ; d'autres encore supervisent la formation d'étudiants, fournissent des bourses scolaires et des possibilités de stage.

Débuter par la sismologie

Les fondateurs d'AfricaArray ont décidé de porter leurs premiers efforts sur le domaine de la sismologie - l'étude des tremblements de terre et des autres propriétés mécaniques de la terre - pour lancer leur programme à l'échelle du continent, et ce, pour des raisons locales et internationales.

Les étudiants en sismologie obtiennent une instruction dans les différentes sciences géologiques : la géologie, la minéralogie, l'hydrologie et l'environnement - de même que la physique, la chimie, les mathématiques et l'informatique.

La mine d'or East Rand à Boksburg (Afrique du Sud).
La mine d'or East Rand à Boksburg (Afrique du Sud).

Étant donné que les études et les recherches sismologiques exigent l'accès à des données collectées dans diverses stations de surveillance sismique établies sur tous les continents et sur des plateformes en mer, il est naturel qu'un tel effort soit favorable à la promotion de la collaboration scientifique internationale. La collecte de données sismiques peut également être intégrée dans les cours de sismologie.

« J'affirme que si vous souhaitez former des Africains, en Afrique, au niveau d'une maîtrise ou d'un doctorat - les former pour qu'ils puissent devenir concurrentiels au niveau international - alors vous devez avoir l'infrastructure de recherche appropriée pour appuyer cet effort », a dit M. Nyblade. « C'est ce qui nous a conduit à l'idée d'un réseau sismologique. »

Les activités sismiques en Afrique sont signalées surtout dans les régions septentrionales du continent, le long de la Méditerranée, du Golfe d'Aden et dans la zone de la Vallée du Rift, en Afrique de l'Est. Il y a une certaine activité tectonique en Afrique australe mais les données sont incomplètes, selon le Conseil pour les sciences géologiques.

Un réseau de plus en plus important d'observation des séismes permettra aux étudiants africains de faire leurs propres recherches, et conduira à une participation et à un intérêt significatifs de la part de chercheurs du monde entier à l'application de ces sciences en Afrique.

Les experts qui effectuent des recherches « doivent produire de nouvelles séries de données », a souligné M. Nyblade. « Un bon moyen d'y parvenir est d'avoir accès à un réseau et de s'en servir pour établir des programmes de recherche et d'étude qui encourageront des chercheurs et des professeurs d'université de tout le continent à œuvrer de concert. »

Partout en Afrique…

Depuis 2004, le programme AfricaArray a obtenu quelque 3,5 millions de dollars de la Fondation nationale des États-Unis pour les sciences, et 1,5 million de dollars ou plus de la Fondation nationale des recherches sud-africaines.

AfricaArray a également reçu des fonds de la part de l'Administration sur la sécurité nucléaire nationale, qui relève du ministère américain de l'énergie, dans le cadre d'un programme où les étudiants aident à identifier les événements sismiques liés à des projets miniers - les activités d'exploitation minière pouvant, elles aussi, générer des signaux sismiques.

La seconde phase d'AfricaArray a commencé en janvier 2008 et doit durer jusqu'en 2010 ; son objectif est d'entamer la mise en place de centres d'excellence en études des sciences géophysiques dans d'autres universités africaines et d'élargir le réseau de stations sismologiques de deux façons.

« Premièrement, élargir la couverture géographique du réseau », a dit M. Nyblade. « Jusqu'à présent, nous nous étions concentrés sur l'Afrique de l'Est et australe, mais dans la phase actuelle, nous cherchons à diriger nos efforts vers l'Afrique de l'Ouest pour établir de nouvelles stations. Nous tentons également d'ajouter aux stations sismologiques différents instruments de détection pour transformer ce réseau en un système qui permette d'effectuer des observations dans diverses disciplines. »

Par exemple, en ajoutant le Global Positioning System ou GPS - le système de positionnement mondial, construit par les États-Unis - les stations du réseau sismologique pourront servir également à l'étude des sciences atmosphériques, dont les observations météorologiques par satellite. Les instruments GPS pourraient aussi permettre aux stations de collecter des données sur les mouvements des plaques tectoniques et de créer des cartes établissant avec précision les routes et frontières régionales.

Les instruments de détection des phénomènes météorologiques permettraient aux chercheurs africains de faire leurs propres observations à ce niveau, un effort en faveur duquel M. Nyblade cherche à obtenir des fonds.

Et au-delà

Dans la seconde phase, le programme AfricaArray visera à augmenter le nombre de stations sismologiques pour atteindre au total 50, dont 10 en Afrique de l'Ouest, et tentera également d'élargir le cadre des études des sciences géologiques pour y inclure des recherches et une formation dans les domaines de l'hydrologie souterraine, de la chimie géologique et de la météorologie.

« Nous souhaitons que ce réseau devienne panafricain », a souligné M. Nyblade, « c'est pourquoi, au cours de la troisième phase, de 2011 à 2013, nous l'élargirons vers l'Afrique du Nord, pour couvrir ainsi tout le continent. »

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