28 mai 2008
Les échanges « dette contre nature » profitent à tous les participants

Washington - Un programme américain de protection de la nature lancé en 1998 s'avère profitable à tous ses partenaires en ce qu'il contribue à sauvegarder le milieu ambiant tout en stimulant les économies du monde en développement.
Douze pays en développement se sont ainsi associés aux États-Unis dans le cadre de ce programme financé par la loi sur la conservation des forêts tropicales (TFCA) qui vise à aider à sauver les forêts tropicales du monde en réduisant la dette publique due par ces pays aux États-Unis.
Baptisé « échanges dette contre nature », ce mécanisme renforce également la société civile grâce à la distribution de dons modestes à des organisations non gouvernementales (ONG) et à des collectivités locales.
La TFCA est administrée essentiellement par trois importants organismes fédéraux : le département d'État, le ministère des finances et l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID). M. Clay Lowery, ministre adjoint des finances chargé des affaires internationales, pense que la TFCA est « spéciale à au moins deux égards : elle assure un financement prévisible et à long terme en faveur de la protection des forêts, et elle établit un solide partenariat public-privé pour la gestion des programmes ».
Les États-Unis ont conclu au total 13 accords avec 12 pays (deux avec le Panama). Les autres pays bénéficiaires sont le Bangladesh, le Botswana, le Bélize, la Colombie, le Guatémala, la Jamaïque, le Paraguay, le Pérou, les Philippines et le Salvador.
Mme Claudia McMurray, la secrétaire d'État adjointe aux affaires océaniques, scientifiques et environnementales, a déclaré lors d’une conférence au Cap (Afrique du Sud) le 8 avril 2008 que les accords TFCA vont permettre de dégager 163 millions de dollars au cours des 10 à 25 prochaines années, et que ces fonds contribueront à la protection de quelque 20 millions d'hectares de forêts nationales.
Mme McMurray a ajouté que les programmes TFCA coûtent peu aux Etats-Unis, mais représentent « une aide importante pour tous ceux qui luttent en faveur de la conservation de l’environnement ».
En septembre 2007, le Costa Rica est devenu le dernier en date des pays à conclure un accord TFCA avec les Etats-Unis. Aux termes de l'accord, la dette publique costaricaine envers les États-Unis sera réduite de 26 millions de dollars. L’accord a été rendu possible par une contribution de plus de 12,6 millions de dollars des Etats-Unis, à laquelle s’ajoute un don de 2,5 millions de dollars de deux ONG, (Conservation International et The Nature Conservancy.)
M. David Henifin, un responsable de l’ambassade des États-Unis auprès du Costa Rica, a annoncé lors de la cérémonie de conclusion des accords TFCA entre les États-Unis et le Costa Rica que « les forêts tropicales représentent d’importantes ressources économiques, sociales et environnementales pour des populations à travers le monde. » M. Henifin, qui exerce actuellement le rôle de conseiller auprès de l’ambassadeur pour les affaires politiques, a expliqué que la diminution du couvert forestier mondial « affecte de façon négative la biodiversité des espèces animales et botaniques, prive les collectivités de moyens de subsistance, et dégrade les ressources d’eau. Quel que soit le rôle que joue la forêt - qu’il s’agisse d’un moyen de survie ou d’une source d’inspiration - sa destruction nous laisse tous appauvris. »

Évaluation des réussites de la TFCA
M. James Hester, un responsable de l’USAID, a affirmé que la TFCA découle de l’initiative « Entreprise pour l’Amérique », établie en 1991 pour répondre à des questions telles que la protection de l’environnement et la survie et le développement des enfants à travers le monde.
Actuellement le vice-président du conseil d'administration de cette initiative (le groupe public-privé qui dirige les programmes de la TFCA), M. Hester a déclaré que les États-Unis étaient « très enthousiasmés » par « leurs réussites croissantes et continues. »
« Nous espérons vivement que la TFCA continuera de jouer un rôle clé dans la réduction de la déforestation tropicale, tout en permettant aux habitants des collectivités locales de découvrir et de développer de nouveaux débouchés économiques » a-t-il dit, en ajoutant qu’il est possible « d’à la fois protéger l’environnement et stimuler le progrès économique. »
Selon M. Hester, étant donné que la TFCA contribue au maintien des forêts - et donc à la réduction des émissions de carbone - elle constitue un outil de plus « dans la solution au défi posé par le changement climatique. »
La protection des forêts et la promotion de la société civile
Selon un responsable du département d’État, la TFCA profite à la fois aux États-Unis et aux autres pays qui y participent. Pour les États-Unis, ce programme est une façon de mieux atteindre leur objectif visant à la sauvegarde du milieu forestier dans le monde. Pour les pays bénéficiaires, il s'agit de « réorienter » leurs remboursements de la dette vers des fonds locaux qui assurent « un flux continu de financement de projets de protection des forêts ».
En outre, la TFCA aide à consolider la société civile dans les pays en développement grâce aux dons et autres financements de projets lancés par des collectivités et par des groupes écologistes, ce dont se félicite particulièrement le département d'État qui y voit un moyen de promouvoir les objectifs démocratiques des États-Unis.
Des ONG telles que Nature Conservancy, Conservation International et le Fonds mondial de la nature ont ensemble ajouté 9,6 millions de dollars à certains accords TFCA.
De nombreuses ONG ont applaudi aux efforts entrepris par la TFCA pour inclure la société civile dans les activités de conservation des forêts tropicales, tout en renforçant l’économie des pays en voie de développement.
Mme Susan Ruffo, la directrice des relations internationales de l’association The Nature Conservancy, a déclaré que son organisme soutient la TFCA depuis sa promulgation en 1998. Elle a également indiqué que les accords TFCA ont créé une situation favorable aussi bien pour les forêts tropicales du monde que pour les collectivités qui y résident.