06 mai 2008

Le présent numéro d'eJournal USA pénètre sur un terrain qui pourrait réserver une surprise aux personnes initiées à l'histoire de la mouvance écologique aux États-Unis : en l'occurrence, la tendance manifestée ces dernières années par les entreprises à chercher des moyens respectueux de l'environnement de faire des affaires. Qu'est-ce qui pousse donc une entreprise à se mettre au vert ?
« Nous avons examiné notre entreprise de fond en comble et compris que l'écotechnologie pouvait être une grande initiative commerciale », explique Jeffrey Immelt, directeur général de la société General Electric, un chef de file en la matière. « Le concept qui nous a guidés à l'époque, c'est précisément cette notion qu'écologie et profits vont de pair. » Ainsi l'environnement est-il devenu une perspective commerciale, une occasion d'accroître ses bénéfices, ce qui est la raison d'être de toute entreprise.
Mais la conversion écologique des entreprises cache une réalité plus complexe. Les organisations non gouvernementales (ONG), les consommateurs, les investisseurs, les nouvelles technologies et la politique gouvernementale ont tous joué un rôle dans cette affaire. Les ONG et les entreprises trouvent des moyens de collaborer en vue de protéger l'environnement, en particulier par le biais de l'élaboration de normes et de programmes d'écocertification. Certaines sociétés répondent au désir des consommateurs d'acheter des produits dont l'effet sur l'environnement est moindre - elles modifient leur conception, leur conditionnement, leur commercialisation, leur utilisation et leur mode d'élimination. De même, un grand nombre d'investisseurs choisissent de placer leurs capitaux dans des entreprises respectueuses de l'environnement - parfois pour des raisons idéalistes ; parfois parce qu'ils se rendent compte que les pratiques durables sont en fait plus rentables à long terme. Grâce aux percées technologiques récentes, il est aujourd'hui plus facile de protéger l'environnement, et beaucoup d'entreprises ont découvert à quel point une chaîne d'approvisionnement durable est un atout précieux. Certes, les politiques gouvernementales y sont pour quelque chose aussi, mais ce n'est pas à elles que s'intéresse la présente revue électronique.
L'explication de ce phénomène est particulièrement claire quand on écoute Jeffrey Immelt retracer le cheminement intellectuel de son entreprise : « Ce n'est plus un sujet marginal. Ce n'est plus un créneau particulier. C'est devenu un sujet ordinaire qui revient sur le tapis dans tous les secteurs de l'économie. En outre, la technologie et les solutions sont réelles. Certaines prendront peut-être un peu plus de temps avant d'être mises en place, notamment la gazéification du charbon, la fixation du carbone ou les technologies hybrides, mais ce sont des technologies qui pourront être commercialisées au cours des cinq ou dix prochaines années. Enfin, l'intérêt porté à ces questions a accéléré - parfois sous l'influence de la politique officielle - l'adoption d'un certain nombre de principes, dont celui des normes d'évaluation des performances dans le domaine de l'énergie renouvelable. Mais ce mouvement procède en grande partie des entreprises elles-mêmes, qui ont décidé d'aller de l'avant, de devancer la tendance. Elles ont décidé d'investir avant d'être obligées de le faire parce qu'elles savent que c'est inévitable.
-- La rédaction