Environnement | Protéger les ressources naturelles

06 mai 2008

La durabilité de la chaîne d'approvisionnement

 
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graphique sur le cycle de recyclage
Avec l'autorisation de Patrick Penfield

 

Patrick Penfield

 

De nos jours, la plupart des entreprises privilégient le développement d'une chaîne d'approvisionnement durable - c'est-à-dire suffisamment robuste pour se maintenir et améliorer en même temps l'environnement.

 

Patrick Penfield est professeur adjoint à l'école de gestion Whitman de l'université Syracuse de New-York.

 

Nous vivons à une époque dynamique, caractérisée par une croissance sans précédent dans le monde entier. Le volume des échanges internationaux augmente à une rapidité fulgurante. Par ailleurs, les ressources de la planète sont en train de s'épuiser, étant consommées plus rapidement que jamais, et les matières premières deviennent plus coûteuses et plus rares. Beaucoup d'entreprises ont du mal à maîtriser leurs dépenses tandis qu'elles s'efforcent d'accroître leurs bénéfices.

De nos jours, la plupart des entreprises privilégient le développement d'une chaîne d'approvisionnement durable - c'est-à-dire suffisamment robuste pour se maintenir et améliorer en même temps l'environnement.

Il n'y a pas une entreprise au monde qui n'ait pas sa chaîne d'approvisionnement. De quoi s'agit-il exactement ?

En voici un exemple : un fabricant automobile se procure de l'acier et d'autres composants (intrants), il fait assembler les pièces détachées par de la main-d'œuvre qui s'aide de machines (transformation) et il fabrique une voiture (produit). Dans le contexte des services, une chaîne d'approvisionnement pourrait être une société de transport qui reçoit des colis (intrants), les stocke et prépare leur expédition (transformation), puis les livre à leurs destinataires (produit).

En règle générale, la chaîne d'approvisionnement coûte de l'argent, et c'est la raison pour laquelle les sociétés réfléchissent sérieusement aux moyens d'en assurer la pérennité. La vérité, c'est qu'avec l'accroissement du coût des matières premières et de l'énergie, celles-ci ont tout intérêt à privilégier cette démarche. Elles peuvent aujourd'hui compter sur le rendement de leurs investissements, ce qui leur permet d'employer des processus moins gourmands en énergie et en matières.

Réduire les coûts et éliminer les déchets

Au cours de l'année passée, j'ai mis au point un modèle que j'ai appelé « la chaîne d'approvisionnement verte et durable ». Beaucoup d'entreprises évoluent dans cette direction, et les chaînes d'approvisionnement vont elles aussi évoluer dans ce sens. Dans l'idéal, le but du modèle est d'encourager l'utilisation de matières et de processus écologiques et d'éliminer les déchets à l'intérieur de la chaîne de façon à assurer un maximum de durabilité.

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chaîne d'approvisionnement
Graphique 2 : la chaîne d'approvisionnement

En s'engageant dans la voie d'une chaîne d'approvisionnement verte et durable, les entreprises vont découvrir de nouveaux moyens de réduire leurs coûts.

Un autre axe de réflexion consistera, pour beaucoup d'entreprises, à envisager la chaîne d'approvisionnement sous l'angle de l'ensemble du système, et non plus sous celui des composants individuels. Se limiter aux composants individuels, comme le font encore un grand nombre de sociétés, c'est acheter des produits au prix le plus bas possible et sans tenir compte de leurs coûts pour le système. Dans bien des cas, ce mode de pensée découle directement des objectifs que s'est fixés l'entreprise ou l'organisation. Mais quand on envisage l'ensemble des coûts assortis à l'emploi des composants, on se rend compte sans peine qu'il aurait été préférable d'acheter un composant plus onéreux dont l'utilisation ferait baisser le coût de l'ensemble du système.

Comme l'expliquent Paul Hawken, Amory Lovins et L. Hunter Lovins dans leur ouvrage intitulé Natural Capitalism, « les composants individuels sont généralement envisagés en situation isolée. Concevoir une fenêtre sans le bâtiment, un éclairage sans la pièce ou un moteur sans la machine qu'il va faire fonctionner donne d'aussi mauvais résultats que de concevoir un pélican sans les poissons. L'optimisation des composants en situation isolée tend à « pessimiser » l'ensemble du système, et donc le bénéfice net. » Un grand nombre d'entreprises se heurtent à cette difficulté parce qu'elles ne mesurent pas le coût réel de chaque composant au sein de l'ensemble du système.

D'autres, en revanche, optent pour une approche à deux volets en vue de rendre leurs processus plus « verts ». D'une part, elles placent leurs procédés existants dans le modèle de la chaîne d'approvisionnement verte et durable et, de l'autre, elles se dotent de nouveaux processus qui sont conçus dans un souci de pérennité. Le conglomérat 3M a lancé le programme 3P (la Prévention de la Pollution Paye) pour prévenir la pollution à la source dans les méthodes de fabrication. Comme l'expliquent Daniel Esty et Andrew Wilson dans leur livre Green to Gold, cette société part du principe selon lequel « tout ce qui ne fait pas partie du produit est un coût. Du point de vue des cadres de direction de 3M, tout ce qui sort d'une usine est soit un produit, soit un sous-produit (qui peut être réutilisé ou vendu), soit un déchet. Pourquoi devrait-il y avoir le moindre déchet ? » Voilà une ligne directrice que toutes les entreprises gagneront à suivre.

Les coûts de l'énergie et la conservation des ressources

De nos jours, c'est la question de l'énergie qui retient toute l'attention des entreprises. Maintenant que le prix du baril de pétrole a franchi la barre des cent dollars, elles ont en effet du mal à absorber ce coût. Elles doivent donc s'efforcer d'utiliser moins d'énergie ou se tourner vers une solution de remplacement pour compenser l'accroissement de leurs dépenses. Aux États-Unis, elles évaluent notamment la possibilité de recourir à l'éthanol, à la biomasse, aux piles à combustible et à l'énergie éolienne, solaire ou nucléaire.

L'autre grande initiative en matière d'énergie a trait à la conservation. La société Wal-Mart, géant de la grande distribution, est devenue un acteur de taille dans le domaine de la durabilité. Sur son site internet [http://walmartstores.com], elle consacre un espace à la présentation de ses initiatives en faveur de l'environnement. Elle s'emploie surtout à réduire la consommation de carburant de son parc de camions et celle de combustible par ses grandes surfaces en misant sur deux tableaux : le recours à une énergie de substitution et les économies d'énergie.

Elle affiche clairement ses intentions : « Notre objectif est de compter sur l'énergie renouvelable pour assurer 100 % de nos besoins, de ne créer aucun déchet et de vendre des produits respectueux de nos ressources et de l'environnement. » Wal-Mart utilise des ampoules fluocompactes dans un bon nombre de ses magasins, ses chariots élévateurs sont alimentés par des piles à hydrogène, elle installe des portes devant ses groupes frigorifiques, elle remplace l'éclairage fluorescent par de l'éclairage électroluminescent et elle conserve l'énergie consommée par les camions de son parc quand leur moteur tourne au ralenti. La société Wal-Mart compte ainsi économiser des millions de dollars en jouant la carte de la durabilité.

D'autres entreprises ont également fait porter leurs efforts sur la durabilité et elles ont ainsi réduit leurs coûts. Selon D. Esty et A. Winston, le fabricant de puces AMD a modifié un processus de traitement par voie humide utilisé dans le nettoyage de plaquettes de silicone de manière à utiliser moins de produits chimiques et, paradoxalement, moins d'eau. Avec ce nouveau processus, la consommation d'eau est passée d'environ 70 litres par minute à moins de 24. Le fabricant de chaussures Timberland a modifié ses boîtes d'emballage de manière à diminuer de 15 % la quantité de matières utilisées - une économie considérable quand on considère qu'il expédie plus de 25 millions de paires de chaussures par an.

Regard sur l'avenir

La réduction des coûts et la préservation de l'environnement constituent deux gros avantages pour les entreprises qui se lancent dans la voie de la durabilité. Aux États-Unis, beaucoup de textes de loi relatifs à l'environnement sont en attente au Congrès. Entre-temps, les entreprises font preuve d'initiative et concentrent leurs efforts sur la durabilité. Et de leur côté, les consommateurs du monde entier exigent des produits respectueux de l'environnement.

Dans les années à venir, nous pouvons nous attendre à l'adoption de normes environnementales plus rigoureuses auxquelles toutes les entreprises devront se soumettre. L'avenir de la durabilité s'annonce bien verdoyant !

Les opinions exprimées dans le présent article ne reflètent pas nécessairement les vues ni les politiques du gouvernement des États-Unis.

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